Textile : « la crise, c’est la faute aux syndicalistes »

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Le président du Gmac, Van Sou Ieng, a affirmé que les grèves dans le secteur textile avaient détourné 50 millions de dollars d’investissements japonais du Cambodge vers le Bangladesh.

Une usine textile. ©DR

Le patron des patrons du textile Van Sou Ieng s’en est vivement pris aux syndicalistes, qu’il a accusés d’aggraver la crise du secteur, à l’occasion d’un séminaire organisé par le groupe de conseil Garment Industry Productivity Center et l'Usaid, et intitulé « Construire une vision stratégique d’avenir ».

« Environ 50 millions de dollars d’investissements japonais ont été affectés au Bangladesh au lieu du Cambodge, à cause des grèves à répétition », a affirmé Van Sou Ieng.

« D’ailleurs, au Bangladesh, les ouvriers qui font grève vont en prison », a-t-il ajouté.

Selon le président du Gmac, la collaboration du pays avec l’Organisation internationale du Travail a également handicapé le secteur textile : « Les autres gouvernements mettent davantage de conditions avant d’ouvrir les portes de leurs usines à l’OIT. »

Selon lui, si cette collaboration a permis, dans un premier temps, de remplir les carnets de commandes, en période de crise, le respect des droits sociaux n’est plus un critère suffisant pour attirer les clients.

« Ce qui aujourd’hui est vraiment important, c’est d’avoir de prix bas, de bonnes conditions d’exportation, de transport et de crédit », a-t-il indiqué, affirmant qu’il passait une grande partie de son temps à l’étranger pour trouver de nouveaux marchés.

« Nulle part dans un autre pays au monde, nous ne comptons 1 600 syndicalistes pour 300 usines », a ajouté Van Sou Ieng.

Le patron du Gmac a également estimé à 80 000 le nombre d’emplois détruits au Cambodge dans le secteur textile, alors que les études indépendantes établissent une fourchette allant de 50 000 à 70 000.
©DR

Le secrétaire d’État au commerce, Chhuon Dara, a estimé de son côté que le secteur avait connu un repli de 15% pour les six premiers mois de 2009. « Il est vrai que beaucoup d’usines ont fermé leurs portes, mais il y en a qui ont ouvert », indique-t-il, ajoutant que le patronat avait tendance à exagérer l’ampleur de la crise pour sensibiliser les autorités à leur sort.

L’ambassadrice des États-Unis Carol A. Rodley, quant à elle, a pris la parole pour rappeler que le Cambodge était le 8e exportateur de textile vers son pays, avec 70% du textile cambodgien exporté aux États-Unis.
 
 
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