
Chea Mony a estimé que l’assassinat de son frère en 2004 avait été « préparé » par le pouvoir, tandis que son avocat créait la surprise en s’en prenant à Born Samnang et à Sok Sam Oeun, qui comparaissaient libres devant la Cour d’appel.
Chea Mony s’en est pris publiquement au gouvernement, l’accusant d’avoir « préparé » l’assassinat de son frère le 22 janvier 2004, lors du procès en révision de Born Samnang et Sok Sam Oeun, lundi 17 août devant la Cour d’appel de Phnom Penh.
Le président du Tribunal, le juge Chourn Sunleng, a demandé à Chea Mony de réitérer ses propos afin qu’ils soient consignés par le greffier.
« Mon frère a reçu plusieurs menaces de mort avant d’être assassiné. Après les faits, la police a essayé d’emporter le corps pour l’incinérer le plus vite possible, j’ai dû les en empêcher », a lancé Chea Mony, qui a pris la succession de son frère à la tête du Syndicat indépendant des ouvriers du royaume du Cambodge (Siorc), proche de l’opposition.
L’avocat de Chea Mony, Chanda Piseth, a provoqué la stupéfaction des observateurs de la société civile présents dans la salle d’audience, en s’en prenant à Born Samnang et à Sok Sam Oeun, une stratégie en rupture avec celle affichée jusque là par le frère de la victime.
« Leur témoignage comporte de nombreuses incohérences… Born Samnang a par exemple affirmé qu’il se trouvait à Neak Lœung au moment des faits, mais plusieurs témoins ont affirmé l’avoir vu à Phnom Penh », a-t-il relevé, provoquant des murmures d’incompréhension dans le public.
L’avocat de Chea Mony a demandé des réparations à hauteur de 50 000 dollars.
Les avocats de Born Samnang et à Sok Sam Oeun, de leur côté, ont plaidé pour que leurs clients soient relaxés, notant que les comptes-rendus d’enquête de l’ex-commissaire de police, Heng Pœuv, étaient inutilisables du fait que lui et plusieurs de ses adjoints purgeaient une peine de prison. Tous deux avaient été libérés le 31 décembre 2008, après près de cinq ans passés derrière les barreaux. Plusieurs organismes de la société civile avaient lancé une campagne pour leur libération et la réouverture de l'enquête.
Chea Mony avait demandé sans succès l’audition de Heng Pœuv comme témoin, lors de l’ouverture du procès en révision.
Born Samnang et Sok Sam Oeun, qui comparaissaient libres, espèrent être blanchis et obtenir un certificat attestant de leur innocence. La justice leur a demandé de rester à disposition pour les besoins de l’enquête, qui va être rouverte prochainement.

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