Les petites phrases de Hun Sen

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Les petites phrases du Premier ministre Hun Sen, prononcées lors du sommet de l’Asean, en Thaïlande, ne sont pas passées inaperçues. Le journal en langue anglaise, The Nation, y consacre un article de Une et son éditorial.

On savait que Hun Sen n’avait pas sa langue dans sa poche. Mais au sommet de Huan Hin, la station balnéaire huppée du golfe du Siam, ses propos ont fortement irrité de nombreuses personnes, à commencer par les « chemises jaunes », les partisans de l’Alliance du peuple pour la démocratie, le PAD.

« Des millions de Thaïlandais, les chemises rouges, soutiennent Thaksin Shinawatra. Pourquoi, en tant qu’ami, je ne pourrais pas en faire de même ? Sans le coup [d’État] de 2006, tout cela ne serait pas arrivé », a lâché le Premier ministre peu de temps après son arrivée au sommet. Et comme si cela ne suffisait pas à attirer sur lui l’ire d’une partie de la population, il a tenu à enfoncer le clou en comparant l’ancien Premier ministre thaïlandais à Aung San Suu Kyi, l’opposante birmane assignée à résidence à Rangoon.
Hun Sen avait en outre déclaré être prêt à héberger Thaksin au Cambodge, à lui faire construire une maison et à le nommer conseiller économique. Et, comme si cela ne suffisait pas, à refuser son extradition au cas où celle-ci serait demandée, au motif de l’article 3 de l’accord d’extradition excluant les réfugiés politiques.

Bref, les coups de bâtons n’ont pas tardé à pleuvoir dans la presse du pays voisin, considérant comme une « provocation » les propos de Hun Sen, et n’allant pas dans le sens d’une « amélioration des relations bilatérales ».

Une délégation des « chemises jaunes », les détracteurs de l’ex Premier ministre thaïlandais, qui avaient bloqué l’aéroport Suvarnabumi en décembre 2008, ont, en réaction, menacé d’encercler l’ambassade du Cambodge à Bangkok. Comme le souligne l’article du Nation à la Une de son édition de dimanche 25 octobre, les responsables de cette formation mettent en garde : « Nous allons encercler l’ambassade du Cambodge à Bangkok si le Premier ministre Hun Sen ne rappelle pas ses troupes et fasse évacuer la communauté cambodgienne de la zone disputée proche du temple de Preah Vihear ». Ils demandent, en outre, à ce que le Premier ministre du Cambodge « quitte immédiatement le sommet car il manque de bonne volonté ». Rien de moins !

Dans son édito, le Nation répond du berger à la bergère : « Vous pouvez enlever un homme de la jungle, mais vous ne pourrez pas enlever la jungle qui est en lui », démarre le journaliste pour présenter le Premier ministre Hun Sen, condamnant sans appel les propos de celui-ci. Et d’enfoncer le clou : « Peut-être que le leader cambodgien pensait [en tenant ses propos] qu’il était encore en train de diriger quelque faction khmer rouge, et qu’il ne pensait pas, qu’en tant que Premier ministre de son pays, il devait prendre en considération les sentiments des autres… », peut-on lire. La rédaction du Nation attaque ensuite la politique de Hun Sen sur ces trente dernières années : « S’accrochant au pouvoir par tous les moyens et substituant son pays jadis en guerre en sa propre cour de récréation […] Sous son gouvernement, le Cambodge reste l’un des pays les plus corrompu au monde. Nous pensons que le peuple du Cambodge mérite mieux »… Et de demander à Hun Sen de ne pas étaler son amitié avec Thaksin, de la « mettre au placard », car cela porte atteinte « à la fois aux relations entre les deux pays, mais également, à la réputation et la solidité de l’Asean ».

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