« Connivence » entre Duch et la Cour, selon Pierre-Olivier Sur

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L’avocat français, dernier représentant de la défense à plaider, a estimé que « les victimes [avaient] longtemps été en rupture avec la procédure », lundi 23 novembre devant les Chambres extraordinaires au sein des Tribunaux cambodgiens (CETC).

Duch, le 23 novembre. ©Pool CETC
« Si Duch est venu sans difficulté vers votre Cour, les victimes ont eu la plus grande difficulté du monde à rejoindre le banc des parties civiles », a estimé Pierre-Olivier Sur, avocat français représentant le groupe n°4 des victimes.

« Duch est en connivence  avec votre Cour, et les victimes ont longtemps été en rupture avec la procédure », a-t-il ajouté.

L’avocat, qui s’est appuyé dans son argumentation sur l’expertise de la psychiatre Françoise Sironi-Guilbaud, a estimé que l’accusé avait « toujours adhéré à la loi du plus fort », en s’imprégnant de culture française pendant ses études, en épousant la cause des Khmers rouges lors de leur montée en puissance puis en « se ré-occidentalisant » par sa conversion au christianisme.

Pierre-Olivier Sur a alors rendu hommage au bouddhisme, « cette religion magnifique au karma, à la réincarnation et au lâcher prise », évoquant les « villages » et les « rizières » où cohabitent des victimes et d’anciens auteurs de crimes.

« Parallèlement, leur pays dont un ancien Khmer rouge est aujourd’hui à la tête, a toutes les peines du monde à assurer ce travail de cohabitation et de projection sans oublier la mémoire », a-t-il affirmé.

Le premier ministre Hun Sen, qui a rejoint le maquis à l’âge de 18 ans après avoir entendu l’appel du prince Sihanouk du 23 mars 1970, a fui le Cambodge en 1977 et a participé en 1978 à la création du Front uni national pour le salut du Kampuchea, qui a combattu le régime de Pol Pot avec l’appui du Viêtnam.

À grand renfort d’effets de manche, et en s’exprimant dans un registre soutenu qui a, à plusieurs reprises, dérouté les interprètes, Pierre-Olivier Sur a indiqué n’avoir « pas eu l’impression que les aveux [de l’accusé] étaient sincères et complets ».

« Il n’y a de pardon pur que lorsqu’il est dénué de négociation », a-t-il ajouté.
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