L'accusé a provoqué la stupeur en désavouant François Roux et en donnant le dernier mot à son avocat cambodgien Kar Savuth, qui a demandé « l'acquitement ».
Duch demande à être « remis en liberté » à l'issue du verdict, a-t-il lui-même annoncé aux Chambres extraordinaires au sein des Tribunaux cambodgiens (CETC) vendredi 27 novembre.
Après un débat confus, au cours duquel François Roux a tenté de sauver les apparences en affirmant que la défense parlait d'une seule voix en demandant une peine de dix ans de prison, déjà effectuée par Duch depuis son arrestation, les juges ont demandé à l'accusé de déterminer lui-même sa position.
Le coprocureur William Smith avait auparavant exigé la même chose, soulignant le « risque d'accorder du crédit à l'accusé pour quelque chose qu'il n'a pas demandé à ses conseils », à savoir des circonstances atténuantes en vertu de sa reconnaissance de culpabilité.
« J'ai depuis le début répondu aux questions qui m'étaient posées, mais je ne veux pas avoir l'air de marchander. [...] Je dois m'excuser pour tous les crimes commis par le PCK car j'étais membre du PCK. [...] Je n'ai jamais remis en question le chiffre de 12 380 victimes de S-21 et sais qu'il est inférieur à la réalité. [...] J'ai déjà passé 10 ans, 6 mois et 18 jours en détention, je laisse le soin à la Cour de déterminer ma peine et je lui demande de me remettre en liberté. »
Refusant de dire lui-même s'il souhaitait un « acquitement », il a laissé ce soin à Kar Savuth à qui il a donné le dernier mot.
Le président de la chambre de première instance a alors clos l'audience.
Prenant la parole lors d'une conférence de presse, la coprocureur cambodgienne s'est dite « surprise », tandis que son homologue international William Smith a estimé que ce changement de position « reflétait les vues de l'accusé sur la manière dont il souhaitait être jugé. » « Cela renforce l'impression que ses remords étaient limités », a-t-il ajouté.
Les avocats des parties civiles, de leur côté, ont évoqué une « gifle » au visage de leurs clients, tandis que Philippe Canonne a relevé que l'organisation de la défense avait connu une évolution exactement inverse de celle des parties civiles.
« Désorganisées au début du procès, les parties civiles sont aujourd'hui solidaires et parlent d'une voix commune », a-t-il affirmé.
Il a indiqué vouloir « laisser la porte toujours entrouverte » au pardon afin de « construire un pont pour aller au-delà de ce procès », tandis que sa consœur allemande Silke Studzinsky a pour sa part estimé que « la porte [était] désormais fermée. »

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