Avant la visite du vice-président chinois, Xi Jinping, le gouvernement cambodgien fait place nette. Il a décidé d’expulser les réfugiés ouighours, membres d’une minorité chinoise musulmane, entrés clandestinement sur le territoire du Royaume le 5 décembre 2009. L’information a été confirmée samedi 19 décembre par le porte-parole du ministère des Affaires étrangères.Les organisations de défense des droits de l’homme ont exprimé leurs craintes quant à la sécurité de ces réfugiés s’ils devaient retourner en Chine dans la province autonome du Xinjiang (nord-ouest). Mais elles n’ont pas été entendues. Sur les 22 Ouighours arrivés début décembre, deux ont réussi à s’évanouir dans la nature.
Ils s’étaient dans un premier temps regroupés dans les bureaux du Haut commissariat des Nations unies pour les réfugiés à Phnom Penh. Le gouvernement avait alors indiqué qu’il allait les entendre et voir s’ils pouvaient éventuellement bénéficier du statut de réfugiés.
Mardi 15 décembre la Chine avait qualifié les membres de ce groupe de “criminels” et expliqué qu’ils ne pouvaient pas bénéficier du soutien des Nations unies. Ces dernières années, la Chine a beaucoup investi au Cambodge, en particulier dans la construction de barrages hydroélectriques, et dans l’industrie textile.
En juillet dernier, des émeutes dans la région du Xinjiang avaient fait plus de 190 morts, lors d’affrontements interethniques à Urumqi, la capitale, entre des Ouighours et des Hans. Plusieurs émeutiers ont depuis été condamnés à mort.

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