Ouïghours, conflits fonciers et TKR dans le collimateur de Human Rights Watch

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L’ONG basée à New York estime que le respect des droits de l’homme s’est « gravement détérioré » au Cambodge en 2009, dans un rapport mondial rendu public vendredi 22 janvier.

Hang Chakra, journaliste d'opposition détenu. ©PS
Le gouvernement a manipulé le système judiciaire pour faire taire les critiques, attaquer les défenseurs des droits de l’homme, accentuer les restrictions sur la liberté de la presse et a trahi ses obligations en termes de protection des réfugiés, au long de l’année 2009, affirme Human Rights Watch dans son rapport mondial sur les droits de l’homme pour 2010, qui consacre 5 de ses 612 pages au Cambodge.

Le rapport, rendu public vendredi 22 janvier, s’en prend au PPC qu’il accuse d’avoir usé de « manœuvres répressives » comme le harcèlement, la menace, la violence et les arrestations arbitraires pour « supprimer » des opposants politiques, des journalistes d’opposition, des défenseurs du droit à la terre et des syndicalistes. 

« Des militaires impliqués dans des actes de torture, des exécutions extrajudiciaires et des violences politiques, comme l’attentat à la grenade de 1997 contre un rassemblement de l’opposition, ont été promus », regrette le rapport.

La nouvelle loi sur les manifestations, votée en octobre, interdit les rassemblements de plus de 200 personnes et limite le droit d’organiser des protestations devant les édifices publics et les usines. En octobre, la journée mondiale des enseignants a été empêchée par la police, rappelle l’ONG.

La répression envers les prostitué(e)s et les toxicomanes est également critiquée. Rien qu’au mois de juillet 2009, 60 travailleuses et travailleurs du sexe ont été arrêtés,  certains battus en détention et privés de soins malgré leur infection au VIH/sida.

Plus de 2 000 toxicomanes ont été détenus arbitrairement dans onze postes de police, maisons d’arrêt et prisons, selon Human Rights Watch. Les corps de plusieurs prévenus décédés en détention ont révélé des marques de torture, comme celui de Neak Neam, mort le 27 mai dernier à Pailin, indique le rapport.

Près de 150 000 Cambodgiens seraient par ailleurs menacés par des conflits fonciers, affirme l’ONG qui critique notamment les expulsions des Terres rouges le 24 janvier 2009 et de 40 familles de séropositifs de Borei Keila déplacées en juin de la même année. 
La communauté évacuée de Borei Keila. ©Archives

Les déclarations du Premier ministre Hun Sen à l’encontre du tribunal chargé de juger les Khmers rouges sont également critiquées : le rapport estime que « les interférences politiques du gouvernement cambodgien […] ont sérieusement ébranlé l’intégrité, l’indépendance et la crédibilité de la Cour. »

Le rapport de Human Rights Watch. ©DR
Le communiqué accompagnant le rapport s’en prend aussi à l’expulsion vers la Chine par le Cambodge de 20 Ouïghours demandant l’asile politique. « Cette action a constitué une claire violation des obligations [du Cambodge] en tant qu’État ayant ratifié la Convention de 1951 relative au statut des réfugiés et de son protocole de 1967 », critique Human Rights Watch.
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PDF Cambodge Soir Hebdo 143

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