Après les trente-cinq ans de prison prononcés à l’encontre de l’ancien directeur du centre de détention S-21 pour crimes contre l’humanité et violations graves des conventions de Genève, homicide et torture, chancelleries et organisations des droits de l’homme réagissent.
Au nom des donateurs aux Chambres extraordinaires auprès des Tribunaux cambodgiens (CETC), Jean-François Desmazières, et Masafumi Kuroki, respectivement ambassadeur de France et ambassadeur du Japon au Cambodge ont signé une déclaration commune en tant que co-présidents du groupe des amis de la Cour. Dans ce communiqué de presse, les deux ambassadeurs se félicitent de l’aboutissement de ce premier procès en instance, et saluent « les efforts des juges nationaux et internationaux et de tous ceux travaillant pour les CETC ». Ils les félicitent pour « leur travail indépendant et exhaustif ». Les co-présidents indiquent que « ce jugement laisse espérer que les CETC accompliront leur mission en faveur de la justice et de la réconciliation nationale au bénéfice de tous les Cambodgiens ». Les ambassadeurs concluent en affirmant que les donateurs « renouvellent leur confiance et leur soutien aux CETC ».
Les organisations des droits de l’homme expriment également leur satisfaction par le biais de différents communiqués de presse, concernant la reconnaissance de culpabilité de l’ancien professeur de mathématiques. Chacune de ces ONG mettent l’accent sur différents aspects du verdict. Ainsi, le Centre cambodgien pour les droits de l’homme (CCDH) évoque les seize années de remise de peine dont bénéficie Duch. Cette organisation rappelle que « même un dirigeant khmer rouge a des droits inaliénables », et qu’à ce titre sa « détention illégale au sein du tribunal militaire entre le 10 mai 1999 et le 30 juillet 2007 » devait engendrer une réduction de peine. Le CCDH salue donc cette décision judiciaire « qui pourrait servir d’exemple aux cours municipales du Cambodge », engorgées par les détentions provisoires dans lesquelles les droits des accusés ne sont pas suffisamment respectés.
Human Rights Watch (HRW), par l’entremise de sa correspondante au Cambodge Sara Colm, rappelle que ce verdict n’est qu’une première étape. La représentante de HRW n’oublie pas de mentionner les « pressions » dont font l’objet les CETC, notamment « de la part du gouvernement ». HWR presse les donateurs à se montrer plus ferme vis-à-vis du pouvoir cambodgien afin de garantir l’indépendance des Chambres. Mêmes craintes exprimées par Amnesty International par l’entremise de Donna Guest, directrice adjointe pour la région Asie-Pacifique : « Le traitement des affaires 003 et 004 pourrait être altéré par les interférences politiques, et les désaccords entre les co-juges d’instruction. »

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