L’intermédiaire, un mal sans remède

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Des personnes peu scrupuleuses exploitent la naïveté des Cambodgiens les plus défavorisés et transforment la vie de leurs victimes en cauchemar.

Au Cambodge, les intermédiaires interviennent fréquemment dans nombre de transactions.

Or, beaucoup jouent un rôle trompeur pour arnaquer leurs clients sans se soucier des conséquences. Les victimes de ces personnages sont généralement des pauvres gens issus de provinces reculées, sans éducation et souvent naïfs.

Les intermédiaires vont de village en village et proposent, au hasard de leurs rencontres, qui un travail bien payé, qui un mariage avec un étranger. Partis en Thaïlande avec l’assurance d’une embauche, les pauvres hères sans papier tombent alors dans le trafic d’êtres humains, obligés de travailler dans des maisons de passes ou comme esclaves sur des chantiers pour les plus chanceux. Ils risquent aussi la prison pour être entrés illégalement sur un sol étranger.

Pour convaincre les pauvres gens de leur confier leur fils ou leur fille, les intermédiaires usent de mille ruses ; mais lorsqu’un problème survient, ils disparaissent dans la nature. Pour réapparaître un peu plus loin.

Ce qui n’était qu’un épiphénomène il y a quelques années a récemment pris de l’ampleur.

Certaines entreprises ont même pignon sur rue, car elles ont obtenu l’agrément du gouvernement afin de proposer à des Cambodgiens un travail à l’étranger, notamment en Malaisie et en Corée du Sud. Lorsque les intermédiaires décrivent aux jeunes la vie dans ces pays, celle-ci est toujours agréable et les salaires faramineux. Bercés par ces contes, hommes et femmes signent alors les documents sans trop se soucier des véritables termes du contrat. Résultat, il n’est pas rare que les clients de ces agences connaissent peu ou prou le même sort que ceux pris sous l’aile d’un intermédiaire « sauvage » qui officie dans les zones frontalières.

Finalement, les seuls à gagner correctement leur vie, dans toute cette histoire, ce sont bien les intermédiaires. Ils touchent non seulement l’argent qu’ils soutirent aux Cambodgiens, mais aussi l’argent des commissions versées par les demandeurs de main-d’oeuvre ou… d’épouses.

Une fois qu’ils ont mis les deux partis en contact, ils remplissent avec eux les formulaires nécessaires, n’hésitent pas parfois à en produire de faux. Ainsi, il est fréquent qu’ils proposent des mineures en mariage après avoir changé leur date de naissance sur les pièces d’identité grâce à quelques complicités dûment rémunérées.

Ces pratiques restent encore possibles de nos jours pour deux raisons : la corruption de certaines institutions et l’absence d’application de la loi. Il s’agit là des deux piliers qui soutiennent le travail des entremetteurs. Tant que ce cancer nommé l’intermédiaire ne rongera que les pauvres, il est fort à parier que personne ne trouvera de remède …

 

 

Sommaires CSH
PDF Cambodge Soir Hebdo 148

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