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A Saint-Etienne (Loire), un hôpital privé au cœur de la deuxième vague du coronavirus

Alors que le département de la Loire continue de battre de tristes records sur le front des coronavirus, l’hôpital privé de Saint-Etienne tente également de faire face à de nombreux déprogrammes et à la multiplication des lits en réanimation. “Ce n’est que le début“confie un responsable médical.

Dès le 6 novembre, le département de la Loire répertorie 907 hospitalisations en cours pour Covid-19 (+5 en 24 heures), inclus 95 en soins intensifs. Après l’admission, 1 830 patients sont rentrés chez eux. À la même date, depuis le début de l’épidémie, 477 personnes sont décédées à l’hôpital. Le taux d’incidence continue d’augmenter, avec 1 128 cas pour 100 000 habitants, ainsi que le taux d’occupation des lits de réanimation avec le chiffre record de 134% (ce taux correspond au nombre de lits de réanimation occupés par les patients atteints de Covid-19 par rapport à la capacité de réanimation initiale).

A l’hôpital privé de Saint-Etienne, le début du débordement

Tant que nous avons une avance dans les lits nous sommes sereins“: face à une deuxième vague épidémique qui frappe durement la métropole de Saint-Etienne, Hôpital privé de la Loire a quadruplé sa capacité de soins intensifs et augmente le nombre de transferts de patients Covid vers d’autres régions, en attendant un pic annoncé à la mi-novembre.

Dans les salles dédiées aux soins intensifs, la respiration des appareils d’oxygénation pulmonaire, moins invasive pour les patients en intubation, rythme la matinée avec un temps apparemment calme.

Alors que Véronique Angénieux, responsable de l’unité de soins, met en garde contre des croisements intergénérationnels pour éviter la contamination des personnes à risque, un homme de 34 ans se rend en réanimation. Masque à oxygène sur le nez, il est entouré d’une nuée d’infirmières en blouse bleue qui lui parlent sans cesse alors que son lit à roulettes est poussé vers ce qui deviendra sa chambre. L’homme sourit douloureusement mais son visage fatigué reflète la saturation dont il souffre. “Elle est jeune, elle doit réussir le cours“, glisse le professionnel.

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Ce n’est que le début

Pendant deux semaines, le taux d’incidence a approché 2 000 cas pour 100 000 habitants dans l’agglomération de Saint-Étienne, selon les données fournies par Santé publique France, le chiffre le plus élevé du pays. Au HPL (hôpital privé de la Loire), principale structure d’accueil des patients les plus sérieux après le CHU de Saint-Étienne, la vague monte inexorablement. L’usine, qui a été relativement épargnée au printemps avec 26 décès dus à Covid-19, en a déjà enregistré une trentaine depuis un mois. “et ce n’est que le début“prévient un cadre.

Pour gérer le flux de patients Covid, le nombre de lits de réanimation est passé de 8 à 35, dont 22 sont dédiés aux patients Covid. Les transferts ont eu lieu à partir de mi-octobre, d’abord dans les villes les moins touchées d’Auvergne-Rhône-Alpes comme Clermont-Ferrand, puis mercredi dans les régions de l’Arc Atlantique. “Le but n’est pas de se retrouver dans une situation où l’on doit choisir d’amener tel ou tel patient, dans une période de tension maximale. Alors il faut faire de la place“, analyse Benoît Crémilleux, anesthésiste en réanimation à HPL.”Même si nous avons préparé“A ce retour du virus,” sans transferts de patients, nous aurions explosé en vol “, a déclaré Jean-Baptiste Séblain, directeur général adjoint de l’usine.

Nous voilà

Côté équipe, une vingtaine d’aidants bénévoles sont arrivés ces derniers jours en provenance d’établissements du groupe Ramsay Santé situés dans les zones les plus épargnées par la deuxième vague, comme Bourg-de-Péage (Drôme) ou Bayonne (Pyrénées-Atlantiques). Par ailleurs, depuis l’été, un tutorat entre infirmières a été mis en place au HPL afin de former les gestes pratiqués en réanimation pour les professionnels qui travaillent habituellement en salle d’opération ou en ambulatoire. L’improvisation due à la surprise de la première vague a fait place à une préparation méthodique face à un ennemi identifié.

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Un réanimateur décrit la résurgence de l’épidémie dans la Loire comme “une marée montante“perçu vers la mi-août, annonçant”un mouvement de vague au sol poussé début octobre“. Lorsque cela est”nous devions rassembler tout le monde et se dire que c’est tout, nous y sommes»Dit Mme Angénieux, louant la disponibilité des agents de santé. Le cadre de soins encadre près de 150 infirmières et aides affectés principalement aux patients Covid, un chiffre qui a triplé en quelques semaines. Des professionnels de spécialité déprogrammés au sein de l’établissement sont venus. également pour soutenir les médecins.

Myriam Mehenni, une infirmière de 23 ans qui a connu la première vague, sait ce que signifie le retour du virus: “nous devrons le prendre sur nous, traiter des patients isolés“. Les visites interdites pendant plusieurs semaines dans les unités Covid impliquent”devoir réconforter des familles, qui sont parfois anxieuses ou pleurent au téléphone parce qu’elles ne peuvent pas être avec leurs proches», explique la jeune femme qui voit son horizon bloqué par l’épidémie jusqu’à la fin de l’année.

Au HPL, vampirisé par Covid, seules les urgences oncologiques et chirurgicales ont été maintenues. (Avec AFP)

Delphine Perrault

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