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Anthony Fauci, spécialiste des maladies infectieuses, raconte son année cauchemardesque avec Trump

“Eh bien, ce n’est pas si mal, n’est-ce pas?” Traduire: “Eh bien, ce n’est pas si mal, n’est-ce pas?” C’est ainsi que Donald Trump, qui était encore président des États-Unis à l’époque, a réagi lorsqu’il a appris que New York et le nord-est du pays avaient été touchés par l’accélération meurtrière de l’épidémie de Covid-19 au printemps dernier. C’est l’immunologiste américain, Anthony Fauci, de rapporter ces propos, dans une longue interview publiée lundi dans les colonnes de New York Times. Expliquez que c’était “très inquiet” devant de Donald Trump ici “Minimisé la situation” constamment et “Entouré de gens qui n’avaient aucun sens scientifique”.

Anthony Fauci, 80 ans, est directeur de l’Institut national des maladies infectieuses. Il était aussi et surtout l’un des conseillers de Donald Trump dans la gestion de la pandémie. Cependant, le médecin était habitué à l’exercice: il avait déjà apporté son expérience à six anciens présidents, pour les aider à définir leurs stratégies face aux épidémies de virus VIH, grippe A, Ebola et Zika. “Pendant que nous disions des choses comme: ‘Les maladies infectieuses suivent leur cours si nous n’intervenons pas’, Donald Trump se lèverait et disait: ‘Cela disparaîtra, c’est magique, cela disparaîtra'”, Anthony Fauci a rapporté.

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L’immunologiste, qui jouit d’une grande popularité aux Etats-Unis où ses conseils sont scrupuleusement suivis par de nombreux Américains, a été très présent au début de la pandémie aux côtés du gouvernement, avant d’être progressivement mis à l’écart. Le lendemain de l’investiture de Joe Biden, le 21 janvier, il s’est dit soulagé de ne plus avoir à contredire Donald Trump. “Certains mots m’ont mis mal à l’aise parce qu’ils n’étaient pas basés sur la science”, il a noté. À plusieurs reprises, lors de conférences de presse, il a en effet été contraint de nier publiquement les propos du président, notamment sur l’hydroxychloroquine, un traitement plébiscité par Donald Trump mais contesté par la communauté scientifique.

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Menaces de mort pour avoir contredit Donald Trump

À partir de là, Anthony Fauci a dit oui “J’ai commencé à avoir des problèmes”, voiture “L’entourage” par Donald Trump était “Assez bouleversé” qui ose le contredire. Il dit que la Maison Blanche l’a fait “Envoyer une liste détaillée” de ses déclarations indiquant qu’elles étaient “Faux”. Il dit également qu’il a été contraint d’avoir l’accord de service de presse de la présidence pour s’adresser aux journalistes. Fin mars, alors que l’Organisation mondiale de la santé s’apprêtait à déclarer que les États-Unis étaient devenus l’épicentre de la pandémie, le spécialiste des maladies infectieuses a même commencé à recevoir des menaces de mort et a finalement été placé sous protection. “C’est le harcèlement de ma femme et de mes enfants qui m’a le plus bouleversé”, il dit. Pour lui, il n’y avait aucun doute: ces attaques étaient liées à la rhétorique de Donald Trump. Il assure qu’aucun parent du président n’a reconnu, pas une seule fois, que l’administration avait tort et qu’il avait raison, même lorsque Donald Trump a été infecté par Covid-19.

Malgré tout, Anthony Fauci dit n’avoir jamais pensé à démissionner, par peur “Laisser un blanc”. Il souhaite continuer son travail “Jusqu’à ce que cette pandémie historique soit écrasée”. Réticent à l’analyse politique, il refuse d’établir un lien entre le nombre de décès dus à Covid-19 aux États-Unis (plus de 419000 au 25 janvier) et les décisions, ou plutôt les non-décisions de Donald Trump. Qui a notamment refusé de promouvoir les gestes de barrière et notamment de porter un masque et a encouragé les opposants à l’emprisonnement. 21 janvier, dans la salle de presse de la Maison Blanche à côté de Joe Biden, Fauci vient de dire qu’il vivait une “Sentiment libérateur” à “L’idée de pouvoir venir ici, parler de ce que nous savons, des preuves et de la science”.

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Juliette Delage

Benoit Béringer

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