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“Au moins un cas positif enregistré dans 241 écoles”

Aurélien Rousseau, directeur de l’ARS en Ile-de-France – Caroline Politi / 20 minutes

  • L’incidence de l’épidémie, ou le nombre de cas pour 100 000 habitants, est d’environ 100 en Ile-de-France. Bien au-dessus du seuil d’avertissement fixé à 50.
  • Les cas positifs dans les écoles d’Ile-de-France ne concernent pas «non seulement les élèves ou les enseignants, ils concernent tous les agents, certains ne sont pas en contact avec les élèves».
  • Le directeur de l’ARS Ile-de-France invite les habitants d’Ile-de-France à faire attention lors des réunions de famille. «Nous avons très peu de cas de grappes dans les transports publics où les gens sont attachés les uns aux autres, mais il y en a beaucoup dans les ménages. “

Faites tout votre possible pour éviter que la situation ne se reproduise au printemps dernier. Tel pourrait être le mot d’ordre d’Aurélien Rousseau, directeur de l’agence régionale de santé deIle de France. Sur le papier, cependant, les indicateurs ne sont pas optimistes:
augmentation exponentielle de la contamination, augmentation lente mais régulière des hospitalisations,
file d’attente devant les ateliers… Si la région est sans aucun doute confrontée à un rebond de l’épidémie de
coronavirus, la situation reste très différente. Entrevue.

Depuis août et plus encore depuis septembre, l’incidence de l’épidémie a augmenté de façon exponentielle. On compte aujourd’hui près de 100 cas pour 100 000 habitants dont le seuil d’alerte a été fixé à 50. Assistons-nous au déclenchement de cette fameuse «deuxième vague»?

Le terme «vague» se réfère principalement à l’impact de l’épidémie sur les hôpitaux. Aujourd’hui, c’est réel même si c’est encore lent. Chaque jour, entre 10 et 20 patients sont admis aux soins intensifs de la région. La semaine dernière, il y en avait une trentaine. D’autres patients, qui auraient été traités en réanimation au printemps, se trouvent désormais dans les services d’hospitalisation conventionnels car notre connaissance du virus nous permet désormais de mieux anticiper les problèmes respiratoires qui nécessitent une intubation. Nous sommes sans aucun doute confrontés à une véritable reprise de l’épidémie. Le flux s’accélère – 2 000 cas sont identifiés chaque jour – même si nous sommes loin de la situation que nous avons vécue au printemps.

Cependant, quand on regarde les données sur le nombre de patients en USI, cela semble étonnamment stable. Le 11 août, 189 patients étaient aux soins intensifs. Hier, il y en avait 204 …

Les inscriptions s’accélèrent, tant en réanimation qu’en hospitalisation conventionnelle ailleurs. Mais chaque jour, ils sortent des patients. La durée moyenne d’hospitalisation en réanimation est plus courte qu’en mars et avril car nous connaissons mieux la pathologie, nous avons plus de recul sur les signes cliniques qui nous permettent de mieux anticiper l’évolution de la situation. Mais contrairement au printemps dernier, certains leviers pour soulager la pression hospitalière sont désormais inaccessibles. Nous ne pouvons pas, par exemple, reporter à nouveau toutes les chirurgies.

La rentrée scolaire a-t-elle aggravé la situation sanitaire? Combien de classes sont fermées dans la région?

Les rapports de situations délicates ont explosé depuis une semaine mais ce ne sont pas toujours des cas de Covid-19. Les symptômes du coronavirus sont parfois très similaires à ceux des infections légères de rentrée. Il y a moins de dix cluster dans les écoles dans la région, mais nous avons identifié au moins un cas positif dans 241 établissements en Ile-de-France, dont 151 à Paris. Ce n’est pas seulement une question d’élèves ou d’enseignants, cela concerne tous les agents, certains d’entre eux ne sont pas en contact avec les élèves. Au total, 20 salles de classe devaient être fermées dans la région.

Les files d’attente devant les laboratoires s’allongent, tout comme les délais de résultats. Dans certains cas, ils durent désormais plus de 5 jours. Les laboratoires sont-ils obsolètes?

Fin juin, nous faisions 45 000 tests par semaine, aujourd’hui nous en sommes à 220 000 et nous comptons maintenir cet effort quantitatif. Depuis le 11 mai, nous sommes en contact permanent avec les laboratoires pour identifier les facteurs de blocage: écouvillons, échantillonneurs … Mais nous sommes conscients que la situation est parfois très compliquée. Au niveau régional, le temps pour obtenir un résultat est de 36 heures, mais au niveau local il passe à 6, 7 voire 8 jours. Cependant, il est impossible pour les personnes présentant des symptômes ou qui sont en contact d’attendre plus de 24 ou 48 heures. Théoriquement, les laboratoires devraient prioriser les personnes à tester, mais cela reste très difficile à mettre en place. C’est une vraie difficulté pour nous. À la fin de la semaine dernière, nous avons décidé d’installer un vingt granges permanentes pour soulager les ateliers tout en maintenant l’effort quantitatif. Ils testeront les personnes présentant des symptômes ou des cas de contact tous les matins jusqu’à 14 heures.

En début de semaine, Olivier Véran a indiqué la mise en place de tests antigéniques rapides. Ils ne sont actuellement utilisés que dans l’AP-HP. Cela améliorera-t-il la situation?

Ils seront très utiles pour guider le diagnostic et auront une idée générale de la situation épidémique, mais ils ne remplaceront pas les tests PCR. Les tests d’antigène – qui sont également effectués par un prélèvement nasopharyngé – sont relativement précis en disant qu’une personne n’a pas Covid. En revanche, si le résultat est positif, il est nécessaire de refaire un test PCR derrière. Mais ils peuvent être très utiles par exemple dans les aéroports. Si une personne est positive, elle s’isole jusqu’au deuxième test.

Les dangers associés aux tests permettent-ils de rompre efficacement les chaînes de transmission? Les gens jouent-ils au jeu de suivi?

Parfois, il est très difficile d’imposer l’isolement à une personne de contact qui ne présente aucun symptôme ou même à une personne positive mais asymptomatique. C’est pour cette raison que nous recommandons désormais un isolement de 7 jours, plus facile à respecter. Mais nous devons aussi faire un travail éducatif: soit nous respectons collectivement les mesures et nous parvenons à limiter le rebond de l’épidémie, soit nous laissons la situation s’aggraver et nous risquons des mesures plus aveugles. Mais je suis optimiste: à tous les stades on s’est demandé si les Français joueraient le match et l’ont fait.

La généralisation du masque, d’abord à l’intérieur puis à l’extérieur, porte-t-elle ses fruits?

Gestes de barrière – inclus porter un masque fait partie de – travail. Le R0 [le taux de reproduction du virus] a régressé ces derniers jours: après avoir grimpé à 1,5, il est désormais autour de 1,2 [une personne positive contamine en moyenne 1,2 autre]. Mais il y a encore du travail à faire en termes de sensibilisation, par exemple sur le regroupement familial. Aujourd’hui, il y a très peu de cas de grappes dans les transports publics où les gens sont collés les uns aux autres, mais il y en a beaucoup dans les ménages. Les gens ont toujours le sentiment qu’ils n’ont peur de rien dans la famille.

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Cunégonde Lestrange

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