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au procès de Réda Kriket, les modalités des investigations contestées par la défense

C’est un procès sans incident qui se déroule depuis cinq semaines devant la cour d’assises spéciale de Paris. Celle de trois hommes accusés d’avoir fomenté un plan d’attaque dont on ne sait rien. Comment Réda Kriket, Anis Bahri et Abderrahman Ameuroud ont-ils formé l’association criminelle terroriste pour laquelle ils sont jugés? Nous ne savons pas. Quel était le but et le modus operandi de cette attaque? Personne ne sait. Dans ce nuage d’hypothèses, l’accusation a un point d’appui: une impressionnante cache d’armes découverte le 24 mars 2016 dans un appartement loué par Kriket à Argenteuil (Val-d’Oise).

Le procureur, qui a vie obligatoire en prison contre les trois hommes, il n’a pas pu offrir un récit cohérent de cette histoire, il y a tellement de zones grises. Le jeudi 8 avril, l’avocat de Réda Kriket, Mest Yassine Bouzrou, s’est jeté sur cette page blanche pour insinuer le doute à la racine du dossier. Son argument incroyablement efficace s’est développé en trois phases. Premièrement, pour affaiblir l’opposant: la direction générale de la sécurité intérieure (DGSI). Puis réinterprétez les éléments matériels. Enfin, proposez une autre histoire: le dépôt d’armes devait être utilisé pour les vols.

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Le péché originel de cette affaire, soutient-il, est d’avoir laissé la DGSI enquêter seule, et non en collaboration avec un service d’enquête judiciaire ayant “Compétence plus large”, y compris le banditisme. En raison de son biais cognitif, ce service de lutte contre le terrorisme n’aurait pas pu envisager un avantage en dehors de son cadre: «La DGSI n’a qu’un seul objectif: ils se lèvent tous les matins et se disent qu’ils vont déjouer les attaques. Le reste ne les intéresse pas. Pour eux, un ciseau, un cutter, c’est du terrorisme. Notre système permet aux enquêteurs d’enregistrer leurs croyances que mon client commettrait un bain de sang. À partir de là, rien ne pouvait le changer d’avis. “

“Une attaque de gaz lacrymogène”

Après la déconstruction de la méthode, elle laisse place à des éléments matériels: «Il serait trop facile de vous dire que cette enquête n’est pas sans explication. Je vais donc vous dire ce que nous avons trouvé dans l’appartement d’Argenteuil. “ L’avocat mentionne d’abord le TATP – un explosif artisanal utilisé par l’organisation État islamique (EI) – trouvé dans un Tupperware: «Nous avons la marque du terrorisme! Mais le poids n’apparaît nulle part dans le fichier. Pouquoi ? Car on se rend compte qu’il y en a très peu, probablement pas plus de 5 grammes. ”

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Alphonse Dumont

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