divertissement

Avec “Lux Æterna”, Gaspar Noé réalise un film incroyable

L’opinion du “Monde” –
Avoir

Le nouveau film de Gaspar Noé ne réconciliera sans doute pas les détracteurs du réalisateur avec ses admirateurs. Car tout, dans cet exercice de style, semble condenser ce qui rend la singularité plastique et, disons, morale du travail du réalisateur, une manière très personnelle de mêler la confusion avec l’impudence et la candeur, l’impudeur et la naïveté. C’est aussi une manière de pousser un spectateur dont la position ne cesse de changer, du voyeur au laboratoire cobaye en pleine expérience.

Lisez la critique: “Love”: Gaspar Noé entre dans le vide

Lux ÆTractopelle capture quelques minutes du tournage d’un film dont on sait peu de choses, si ce n’est que la scène qui se déroule sous nos yeux apparaît comme la représentation publicitaire et flashy du simulacre d’une Passion mêlée à l’esthétique du clip vidéo. Une passion qui serait celle du Christ mais aussi celle de ces femmes condamnées, dans l’histoire, au bûcher de la sorcellerie.

Continuer la lecture de “Lux AEterna” (en 2019): La combinaison du luxe et du cinéma

Béatrice Dalle (la réalisatrice) et Charlotte Gainsbourg (l’actrice) sont plongées dans l’enfer, qui contribuent également à la création. C’est l’enfer désordonné d’un film tourné au cours duquel il agite une humanité réduite à une série de frustrations, de ressentiments. Pendant cinquante minutes, un catalogue de manifestations hystériques et de haine généralisée se déroule.

Regard satirique

Noé peint, sous une forme incroyablement condensée, un portrait de groupe lugubre et inquiétant, «chaleureux» et dans l’illusion que la sensation de capturer frappe sur place. Ce chaos, dont le caractère créateur peut être mis en doute, témoigne donc d’un regard satirique particulièrement vif et implacable, la vision d’un monde banal, celui du cinéma, dénué de toute transcendance.

READ  Eddy Moine, fils d'Eddy Mitchell: un prénom "pas toujours facile à porter"

La nostalgie d’un sublime absent ou éloigné s’impose donc, par effet paradoxal, dans l’usage fréquent de la figure de la sorcière et de ses différentes incarnations dans l’histoire du cinéma.

Lire aussi “Climax”: danses névrotiques sous influence

Noah n’y va certainement pas avec le dos d’une cuillère, évoquant le souvenir de Jour de la colère (Jour de la colère, 1943), Dreyer, mais aussi La sorcière (1988), par Marco Bellocchio (film dans lequel Béatrice Dalle a joué le rôle principal), ou Mélancolie (2011), de Lars von Trier.

Lumière éternelle il se trouve ainsi dans un lieu à la fois imprenable et impossible, entre la prétendue noblesse de l’art surréaliste (Buñuel est aussi mentionné, au final), un naturalisme sans rédemption et la vulgarité de l’audiovisuel contemporain. Une contradiction en action qui passe, dans les dernières minutes, au spectateur au plus fort d’une transe stroboscopique.

Il vous reste 3,75% de cet article à lire. Le reste est réservé aux abonnés.

Juliette Deforest

"Évangéliste de télévision. Communicateur sans excuse. Fanatique de bacon primé. Accro de la nourriture en général."

Articles similaires

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Bouton retour en haut de la page
Fermer
Fermer