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Bolsonaro, une retraite stratégique de la crise des coronavirus

, publié le mardi 16 mars 2021 à 18h18

Apparemment, ce n’est plus juste une “petite grippe” pour lui: le président Jair Bolsonaro a évincé son ministre de la Santé, a ordonné des commandes massives de vaccins et a même commencé à porter un masque contre le Covid-19 qui sème le chaos au Brésil.

Mais il ne faut pas s’attendre à un revirement radical: si le chef d’extrême droite reconnaît désormais l’importance de la vaccination qu’il a tant critiquée, il ne semble en aucun cas vouloir modérer son discours anti-rhétorique.

“Je ne vois pas de changement durable, ses convictions restent les mêmes. C’est plutôt un recul stratégique, dû à la pression de certains de ses alliés politiques, notamment au Parlement, car la pandémie est incontrôlable”, avec plus de 279 000 morts. , explique-t-il à l’AFP Geraldo Monteiro, politologue de l’Université d’État de Rio de Janeiro (Uerj).

Cette pression politique s’est intensifiée la semaine dernière, notamment en raison de l’effet Lula, avec lequel un duel titanesque se profile pour les élections présidentielles de 2022. L’ancien président de gauche a été vacciné devant les caméras et a attaqué depuis. Je commence. «l’imbécile». Gestion de la crise sanitaire de Bolsonaro.

Une direction mal vue par 61% des Brésiliens, selon un récent sondage.

“L’espoir d’un changement de cap réside dans la pression électorale, la seule chose qui ait un effet sur Bolsonaro”, lit-on mardi dans un éditorial du journal Estado de S. Paulo.

– “Phase plus agressive” –

Le chef de l’Etat a décidé de changer de ministre de la Santé pour la troisième fois depuis le début de la pandémie, licenciant son homme de confiance, Eduardo Pazuello, un général sans expérience médicale, pour citer Marcelo Queiroga, cardiologue reconnu par ses pairs.

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«Si le général Pazuello est resté si longtemps (10 mois) dans son bureau, c’est parce qu’il a fait ce que le président voulait», a déclaré Andreia Sadi, chroniqueuse politique à TV Globo.

“Mais il a été poussé à changer de cap car il a vu que les gens voulaient avant tout se faire vacciner.”

Quelques heures avant d’annoncer le changement à la tête du ministère, le président a offert au général une sortie honorable, le laissant annoncer lundi l’acquisition de 100 millions de doses du vaccin à Pfizer et 38 millions à Janssen (Johnson & Johnson).

“Pazuello a fait du bon travail, sa gestion était bonne”, a assuré Bolsonaro, mais “désormais nous nous dirigeons vers une phase plus agressive dans la lutte contre le virus”.

– Seringue de mitrailleuse –

Une illustration de cette nouvelle «agression»: le dessin partagé sur les réseaux sociaux par son fils, le sénateur Flavio Bolsonaro, qui montre une seringue géante posée sur une mitrailleuse, avec la légende: «notre arme est le vaccin».

Un message adressé dès le début à ses partisans, sans doute troublés par ce changement de cap par un président qui avait auparavant assuré qu’il ne serait pas vacciné car les injections pourraient «transformer les gens en crocodiles».

Selon l’épidémiologiste Julio Croda, de l’Université du Mato Grosso do Sul, si cette nouvelle attitude présidentielle à l’égard de la vaccination était “un changement positif”, il faudrait quand même aller plus loin “pour éviter un effondrement total du système de santé”.

Mais “l’endiguement est insupportable pour le président Bolsonaro, il sera donc difficile pour le nouveau ministre de mettre en œuvre une nouvelle politique”, poursuit-il.

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La cardiologue Ludhmila Hajjar, qui avait été approchée pour succéder au général Pazuello, s’est également rendue dimanche à Brasilia pour rencontrer le chef de l’Etat, mais a fini par décliner l’invitation en raison de “divergences” sur la lutte contre la pandémie.

Selon le site Web Poder 360, M. Bolsonaro lui a dit qu’il risquerait de «ruiner» son plan de réélection en 2022 s’il ordonnait le confinement ou d’autres mesures impopulaires dans les régions pauvres du nord-est.

Ses opposants ne se trompent pas: “il est inutile de changer de ministre si la politique reste la même, si le président continue de mettre la parole dans la roue, aucun ministre ne peut s’en tirer”, a lancé Flavio Dino, gouverneur de gauche de Maranhao (nord-est).

Alphonse Dumont

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