Économie

Bruno Le Maire mis à mal dans le dossier Suez-Veolia

A peine remis de la fièvre Covid-19, Bruno Le Maire il pensait pouvoir se consacrer totalement au sauvetage de l’économie française, disséquant les mesures du plan de relance «historique» de 100 milliards d’euros avec les parlementaires et l’opinion publique. Faire de l’État le protecteur de “La France souffre”, aidant l’emploi, les familles et les PME (petites et moyennes entreprises), le parcours du ministre de l’Économie a été presque sans faute.

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Hélas, il se retrouve ici pris dans une guerre de géants des affaires, à savoir Suez et Veolia. Une bataille où le second veut dévorer le premier, mais où l’Etat et son ministre de l’Économie sont déjà grièvement blessés. «Nous sommes dans l’intérêt capitaliste le plus abject, où tout le monde se connaît et tout le monde se déteste! “, un fléau sur Bercy.

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L’insulte est grave. Lundi 5 octobre, le conseil d’administration d’Engie a approuvé la cession de sa participation de 29,9% dans Suez à Veolia, ouvrant la voie à l’offre publique d’achat hostile quiAntoine Frérot, PDG de Veolia, entend mener son concurrent. L’Etat, et donc Bruno Le Maire, s’étaient cependant fermement opposés à cette vente, demandant au préalable des garanties sociales sur l’opération et plaidant pour que l’offre publique d’achat de Suez devienne amicale. “Les mariages forcés ne fonctionnent pas”, A rappelé Bruno Le Maire mardi 6 octobre sur Franceinfo.

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Un revers mordant pour l’État

Mardi, la députée socialiste Valérie Rabault a décrit “la honte” les “Minorité” de l’État lors du conseil d’administration d’Engie. “Il y a duplicité ou faillite grave de l’État actionnaire”, a également jugé le député PS Boris Vallaud.

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«Nous avons été exemplaires, se défend dans l’entourage du ministre de l’Économie. Nous avons des gens qui ne s’étaient jamais parlés pour se parler. Comment imaginer se marier avec une entreprise sans jamais parler au PDG? Nous avons passé d’innombrables heures sur ce dossier. En fin de compte, nous ne l’avons pas fait, poursuit notre source, exaspérée et épuisée. Veolia ne pouvait-il pas attendre vingt-quatre ou quarante-huit heures pour faire son offre? Engie ne pouvait-il pas attendre pour vendre? Ils ont tout détruit! “, insiste notre interlocuteur, ne sauvant pas non plus “Intransigeance” de Suez.

Malgré l’échec, les équipes de Bruno Le Maire l’ont relativisé, affirmant que l’État a déjà subi d’autres revers tout aussi cinglants dans le passé, notamment incapable de bloquer en 2017 la formidable rémunération de Carlos Ghosn, alors PDG de l’alliance Renault-Nissan. Bercy estime également que l’affaire est loin d’être terminée et qu’une discussion à l’amiable entre les deux groupes est encore possible. “Nous pouvons parvenir à un accord avec Suez”, atteste le PDG de Veolia dans un entretien avec Figaro, Mercredi 7 octobre.

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Thierry Dufour

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