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comment le Royaume-Uni est devenu incontrôlable (à nouveau)

Le Royaume-Uni s’approche d’un tsunami de contamination. Mardi 5 janvier, plus de 60000 nouvelles personnes ont été diagnostiquées positives pour le coronavirus en 24 heures. Un record absolu depuis le début de la pandémie. Le bilan des morts dépasse les 75 000, faisant du Royaume-Uni l’un des pays d’Europe les plus endeuillés par la pandémie, avec une détérioration spectaculaire ces dernières semaines.

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Face à ces chiffres catastrophiques, Le Premier ministre Boris Johnson a dû annoncer, lundi 4 février, un resserrement et un élargissement du confinement, l’appliquant à toute l’Angleterre. Les écoles, restées ouvertes jusqu’à présent, ont fermé. L’Écosse est également entrée dans un blocus similaire pendant au moins tout le mois de janvier. Déjà confinés, le Pays de Galles et l’Irlande du Nord ont décidé de laisser les enfants à la maison. Alors, comment en sommes-nous arrivés là?

Une seconde vague mal maîtrisée

La deuxième vague de contamination qui a balayé l’Europe à l’automne 2020 n’a pas été gérée de la même manière selon les pays. Au Royaume-Uni, Boris Johnson a d’abord été tenté (à nouveau) par une stratégie d’immunité collective, contournant le confinement rapide pour lutter contre cette nouvelle augmentation des cas, selon Fois (en anglais). Quelques semaines plus tard, une reconduction au Pays de Galles est finalement décidée, suivie par l’Angleterre début novembre. Mais ce confinement généralisé a pris fin le 2 décembre, laissant place à des mesures plus ciblées.

“Nous sommes maintenant dans une bien meilleure situation qu’avant l’entrée en vigueur” l’emprisonnement, avait justifié le Premier ministre lors d’une conférence de presse le 26 novembre. Ainsi, dans toute l’Angleterre, des entreprises non essentielles ont pu rouvrir et l’ordre de rester à la maison a été levé. Des bars et des restaurants ont également pu lever le rideau dans certaines zones.

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L'évolution du nombre de nouveaux cas quotidiens de contamination par coronavirus au Royaume-Uni. (NOTRE MONDE EN DONNÉES)

Problème: la courbe du nombre de cas au Royaume-Uni, qui a stagné puis a décliné lors de l’accouchement, a recommencé à augmenter, Explique journaliste Vincent Glad, chiffres de soutien. À Londres, l’augmentation était même digne de la période de pré-confinement à partir de la mi-décembre. En quelques semaines, de nouveaux records de contamination ont été battus au niveau national. Le blâme, en particulier, sur une variante hautement transmissible du coronavirus.

Une variante très contagieuse du virus

Cette variante du Sars-CoV-2 semble avoir plongé le Royaume-Uni, et en particulier l’Angleterre, dans une situation “hors de contrôle”, selon les mots par le ministre britannique de la Santé, Matt Hancock, le 20 décembre. Cette nouvelle variante, baptisé VOC 202012/01, a été détecté pour la première fois en septembre au Royaume-Uni. Il a 22 mutations dans son génome, mais surtout une contagiosité plus forte.

Selon plusieurs études, cette variante de Sars-CoV-2 “pourrait être de 50% à 74% plus transmissible”. Plus précisément, une personne infectée transmet le coronavirus beaucoup plus facilement qu’une personne infectée par la version «classique» du virus. Et bien que la virulence de cette variante ne semble pas être supérieure à celle observée jusqu’à présent, cette haute transmissibilité peut très vite devenir dramatique.

Une variante de Sars-CoV-2 “50% de transmissibilité en plus serait un problème bien plus important qu’une variante 50% plus mortelle”, au fait Explique L’épidémiologiste britannique Adam Kucharski sur Twitter, à l’appui des preuves statistiques. Avec un taux de reproduction de 1,1, un taux de mortalité de 0,8% et 10 000 personnes infectées, ils finiraient avec 129 décès au bout d’un mois, explique-t-il. Si le taux de mortalité augmentait de 50%, le nombre de morts atteindrait 193. Mais si le taux de transmissibilité augmentait de 50%, 978 décès seraient déplorables.

Les conséquences seraient particulièrement sensibles dans les pays où même une légère augmentation de la transmissibilité porterait le taux de reproduction au-dessus de 1, accélérant ainsi l’épidémie. Un manteau déjà passé ROYAUME-UNI.

Vaccination rapide et efficace, mais insuffisante face à la progression du virus

Face à cette situation critique, le Royaume-Uni a décidé de se concentrer sur un allié puissant: les vaccins. À partir du 8 décembre, le vaccin Pfizer-BioNTech est autorisé et la campagne de vaccination commence. La start-up est l’une des plus rapides au monde et a déjà permis de vacciner plus d’un million de personnes en moins d’un mois, un chiffre qui fait rêver de nombreux médecins français. Mieux encore, un deuxième vaccin, AstraZeneca-Oxford, a également ajouté de nouvelles doses disponibles fin décembre.

Cependant, la solution n’est pas un miracle. le Journal du service de santé, une revue médicale de premier plan, souligne que rien qu’en Angleterre, plus de 10 millions de personnes devraient être vaccinées en six semaines pour atteindre l’objectif ambitieux du gouvernement. LLes autorités espèrent vacciner toutes les personnes de plus de 70 ans et les professionnels de la santé d’ici la mi-février. Même avec le meilleur taux de vaccination d’Europe, les Britanniques sont encore loin du compte. L’immunité collective semble hors de portée pendant de nombreux mois.

Benoit Béringer

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