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Confinement: quels départements pourraient changer rapidement?

Ce mardi matin, Benjamin Clouzeau, réanimateur au CHU de Bordeaux (Gironde), a accepté quatre nouveaux cas de Covid-19, dont deux avaient moins de 35 ans. «Sur 25 lits à poulies lourdes, quatorze sont occupés par des patients atteints de coronavirus. Ils sont arrivés avec nous ces dix derniers jours », confie l’anesthésiste.

Si la tension hospitalière s’intensifie, Bordeaux et le département de la Gironde n’apparaissent pas dans la liste des zones «rouges», comme Paris et l’Ile-de-France. Mais pour combien de temps? «J’ai du mal à croire que nous ne l’avons pas fait tout de suite», craint le médecin bordelais, qui estime que cette nouvelle vague est totalement différente des autres: «Contrairement à ce qui s’est passé précédemment, il y a une réelle dissociation entre le taux d’incidence et le le nombre de patients en soins intensifs augmente très, très rapidement. “

Depuis samedi 20 mars, seize départements (ceux des régions Ile-de-France et Hauts-de-France ainsi que des Alpes-Maritimes, de l’Eure et de la Seine-Maritime) ont fait l’objet de nouvelles mesures sanitaires restrictives. Le règne de «à l’intérieur avec le mien, à l’extérieur en tant que citoyen», le nouveau slogan anti-Covid du gouvernement, est désormais la règle à suivre pendant au moins quatre semaines. En cause, un taux d’incidence, c’est-à-dire un nombre de nouveaux cas pour 100 000 habitants enregistrés au cours des sept derniers jours, est trop élevé, mais aussi un taux d’occupation des unités de soins intensifs hospitaliers supérieur à 100%.

Des situations très disparates

Au niveau des pays, le taux d’incidence moyen est désormais de 308. Un chiffre élevé mais qui, pour le moment, permet aux pouvoirs publics de ne pas envisager des mesures générales plus strictes à court terme, comme le recentrage de toute la France. Mais les situations sont très hétérogènes, avec des taux qui peuvent culminer à plus de 600 dans le Val-d’Oise ou en Seine-Saint-Denis en région parisienne, alors qu’il ne dépasse pas 100 dans le Gers, la Creuse ou les Pyrénées-Atlantiques.

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En appliquant les indicateurs qui ont fait basculer ces territoires dans une reconfiguration territorialisée, il apparaît qu’une dizaine de nouveaux départements sont désormais prêtés. Avec des taux d’incidence supérieurs à 400, associés à des services de réanimation à très haute tension, plusieurs départements du sud-est (Var, Bouches-du-Rhône, Alpes-de-Haute-Provence, Hautes-Les Alpes et Vaucluse), mais aussi l’Aube et le Rhône, à son tour, risque de se renverser.

Une vingtaine d’autres, avec des taux d’incidence supérieurs à 250, soit le «seuil d’alerte maximal», sont à placer sous surveillance si les cas de contamination continuent d’augmenter, comme ces derniers jours.

Le conseil scientifique, qui conduit le gouvernement dans la lutte contre le virus, appelle à des mesures immédiates pour “ces régions qui sont dans un état encore sous contrôle mais qui dans trois ou quatre semaines se trouveront dans une situation critique”.

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Mise à jour sur l’épidémie de Covid-19

“L’idée est d’anticiper l’épidémie, mais le gouvernement décidera”, a déclaré mardi l’épidémiologiste et membre du conseil scientifique Arnaud Fontanet. BFM. «Nous prévoyons une réduction de 50% des hospitalisations en mai», espère-t-il. Si les mesures gouvernementales sont suivies, cela peut fonctionner. “

Évitez les mesures tardives

Faut-il imposer les mêmes restrictions dans ces régions sous pression que dans les 16 départements «rouges»? “Difficile de répondre car tout le monde est un peu surpris par la situation actuelle”, souligne Anne-Claude Crémieux, spécialiste des maladies infectieuses. «Le tournant en région parisienne a en fait été le taux de remplissage des unités de réanimation, plus que le nombre de cas de contamination», explique ce spécialiste des maladies infectieuses, qui travaille à l’hôpital Saint-Louis (Paris).

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«Le couperet doit être le taux de remplissage des unités de soins intensifs. C’est pourquoi les décisions sont prises au quotidien pour correspondre à la réalité, car les projections sont incertaines, reconnaît l’infectiologue. Mais l’inconvénient de cette façon de réagir est l’inertie, car il y a un risque de prendre des mesures trop tard. Et puis, si le maître du temps est le virus, le maître de la décision reste Emmanuel Macron. “

Delphine Perrault

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