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Contamination, nouvelle variante, vaccin moderne … Où est l’épidémie de Covid-19 en France?

Ce jeudi, le Premier ministre, Jean Castex, voudra donner “Visibilité”, selon le porte-parole du gouvernement Gabriel Attal. Il s’entretiendra en fin d’après-midi avec le ministre de la Santé, Olivier Véran, sur des sujets brûlants comme les dates de réouverture des sites culturels, des stations de ski, des bars et des restaurants, qui ne pourront sans doute pas le faire. Ils ne reprendront pas leurs activités le 21 janvier comme espéré, et pas même pendant le couvre-feu. Donner de la visibilité aux secteurs touchés par la crise sanitaire semble une illusion étant donné qu’au printemps dernier l’épidémie s’est avérée imprévisible.

Un budget français qui ne cesse de s’alourdir

Selon le décompte de l’AFP, la France est le neuvième pays avec le plus grand nombre de décès sur les sept derniers jours, avec 2 204 décès (315 par jour en moyenne). Le pays n’est pas descendu en dessous du seuil de 5 mille contaminations quotidiennes, fixé en novembre par le président de la République pour envisager la baisse. Aujourd’hui, Santé publique France (SPF) Compte plus de 20 000 contaminations par jour.

L’autre donnée critique est celle du nombre de personnes en réanimation. Le SPF recense 7 583 nouvelles admissions en une semaine, dont 1 142 en réanimation. Ce chiffre est au point mort depuis la mi-décembre, mais nous savons qu’il est dix jours hors de temps avec l’état actuel de circulation du virus. Depuis la décadence du 15 décembre, la France a donc ralenti l’épidémie, mais ne diminue plus, et le taux de reproduction du virus reste entre 0,9 et 1,1.

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“Je suis pessimiste. Si on regarde les admissions quotidiennes aux soins intensifs, on commence à s’écarter du plateau dans lequel nous étions. Cela correspond à la contamination due à la période de Noël”, estime Yves Buisson, épidémiologiste et président de la cellule Covid-19 à l’Académie nationale de médecine. “La situation est instable et rend difficile la prévision pour les prochaines semaines”, commente Mircea Sofonea, épidémiologiste à l’Université de Montpellier.

Confirmé la présence de nouvelles variantes

La célèbre variante anglaise de Sars-Cov-2 est en fait en France. Olivier Véran a admis mardi qu’une dizaine de cas sont “Prouvé ou suspecté” sur le territoire. Un chiffre sans doute largement sous-estimé car la France est si limitée dans sa capacité à détecter cette variante. «Circule plus que vous ne le pensez. C’est probablement partout au pays. Nous n’avons pas encore assez de séquences en France. Nous n’avons pas de système de surveillance épidémiologique moléculaire “, explique Yves Buisson. Le plus sage est donc de considérer que cette variété est très répandue en France, ainsi que chez ses voisins.

Cette variante du virus, appelée B117, c’est problématique voiture “OUn estime que son taux de reproduction est de 0,4 à 0,7 point supérieur à celui du virus d’origine “, dit Mircea Sofonea. Clairement, il se transmet plus rapidement. Autre point d’attention, il se propagerait – un peu – plus vite chez les jeunes de moins de 20 ans.

Plusieurs pays d’Europe, en proie à une épidémie, ont pris des mesures drastiques. L’Allemagne et l’Angleterre ont décidé de fermer les écoles au début de l’année. Un choix qui s’explique aussi par “L’augmentation drastique des cas et la nécessité d’agir avec force pour ralentir les hospitalisations”, estime l’épidémiologiste Lulla Opatowski. Aussi, une étude récente en anglais suggérer que la contamination dans les écoles est la même que dans le reste de la société.

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Pour compléter le tableau, la présence d’une autre variante, cette sud-africaine et dénommée 501.V2, a été confirmée dans le Haut-Rhin. Cette souche pourrait aussi être plus contagieuse, mais c’est surtout suspecté de fuite partielle d’anticorps, qui ne protégerait pas contre une deuxième infection ou pourrait limiter l’efficacité d’un vaccin. La seule bonne nouvelle est que le B117 tel que 501.V2 ne semble pas déclencher des formes plus graves de Covid-19.

Une campagne de vaccination qui peine à s’accélérer

La grande nouvelle de 2021 est l’autorisation, en Europe, de deux vaccins efficaces contre Covid-19. Mercredi, l’Agence européenne des médicaments (EMA) a approuvé l’utilisation du vaccin anticoronavirus du laboratoire américain Moderna, le deuxième à recevoir cette autorisation après celui développé par Pfizer et BioNTech. L’arrivée de ce second vaccin, qui peut être conservé à -20 ° C au lieu des -80 ° C de Pfizer, pourrait accélérer une campagne de vaccination qui peine à prendre de l’ampleur en France. Moderne apprécié pourra produire 600 millions de doses en 2021 et espère pouvoir porter sa capacité de production à un milliard.

Les résultats détaillés des vaccins de Moderna, publié dans Journal de médecine de la Nouvelle-Angleterre, suggèrent l’espoir que le sérum sera efficace pour bloquer la transmission de la maladie (ainsi que pour réduire le nombre de patients). Dans 54 cas de patients positifs sans symptômes15 ont reçu le vaccin et 39 ont reçu un placebo. Un résultat à confirmer. Il ne devrait y avoir aucune autre autorisation de vaccin d’ici la fin janvier. D’autres vaccins sont utilisés dans le monde. Par exemple, AstraZeneca est au Royaume-Uni ou en Inde. La Russie, la Chine et l’Inde ont également autorisé leurs produits.

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Sur les millions de doses de vaccin Pfizer-BioNTech reçues en France, moins de 20 000 ont été utilisées ce jeudi à midi, selon le site. Covidtracker, contre plus de 100 000 en Espagne, ou plus de 300 000 en Allemagne ou en Italie. Le gouvernement a promis de dépenser le second, y compris permettant immédiatement à tous les agents de santé de plus de 50 ans ou à risque de recevoir la fameuse injection dans les hôpitaux, et plus seulement pour les résidents et le personnel des maisons de retraite.


Olivier Monod avec l’AFP

Delphine Perrault

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