Science

Covid-19: faut-il s’inquiéter de la variante anglaise?

Le chef du service de virologie du CHU de Nice, le Pr Valérie Giordanengo refuse prudemment d’apporter des réponses définitives à ces questions. Mais il expose des faits susceptibles de rassurer, à commencer par s’en souvenir “tous les virus à ARN mutent régulièrement pour survivre”.

Le SRAS-CoV-2, comme le virus de la grippe, ne fait donc pas exception à cette règle. Plusieurs variantes du SRAS-CoV-2 ont donc été identifiées depuis le début de l’épidémie.

La particularité de la variante anglaise réside, rappelle le spécialiste, dans le grand nombre de mutations qu’elle apporte, “même si la plupart d’entre eux, déjà connus, n’ont aucune conséquence au niveau des peptides qui composent l’enveloppe du virus”.

Lien plus stable entre les virus et les cellules

Les plus préoccupants sont ceux qui affectent la protéine Spike (ou protéine S), “clé pour insérer le virus dans les cellules”, s’il est tout naturel que le virus, pour ne pas être éliminé, modifie habilement ce que vise l’immunité naturelle: sa clé pour forcer l’entrée dans les cellules.

“Ces mutations augmentent en fait la stabilité du lien entre le virus (la clé) et les récepteurs (le bloc) à la surface cellulaire, ce qui explique la contagiosité accrue de cette variante.”

Plus facile pour cette variante d’entrer dans les cellules, mais pas de données épidémiologiques en faveur d’un danger accru.

“Des preuves devront être fournies, mais à ce stade nous ne pensons pas que cette variante soit plus pathogène, car c’est au niveau de la clé d’entrée dans la cellule que se trouvent les mutations. La virulence ne doit pas être modifiée. Et les cas de contamination de cette variante. ils sont déjà si nombreux, en Angleterre notamment, que si tel était le cas, les cas graves auraient explosé “.

Concernant l’immunité contre cette variante, il n’y a pas non plus d’études virologiques à conclure, insiste le spécialiste.

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“Des analyses in vitro devraient être effectuées en mettant cette variante en contact avec le sérum de patients contaminés par le SRAS-CoV-2. La diversité des anticorps produits est-elle capable de neutraliser l’entrée de cette variante? Mais nous avons l’espoir, encore une fois une fois, sur la base d’études menées notamment en Afrique, que les anticorps contre le SRAS-CoV-2 peuvent être protecteurs, au moins partiellement ».

Lorsqu’on lui demande «pourquoi les jeunes de moins de 20 ans sont plus contaminés», le virologue suggère qu’il n’est pas possible de répondre à ce stade, mais émet l’hypothèse «qui est peut-être également présente mais non identifiée chez les sujets âgés asymptomatiques».

Adaptez votre vaccination

La grande question demeure sur l’efficacité de la vaccination contre le SRAS-CoV-2, en pleine phase d’accélération. Le vaccin n’ayant pas été formellement testé sur le variant, là encore, aucune réponse, mais certains éléments le rendent encore optimiste: en Grande-Bretagne, nous n’avons pas vu de patients déjà infectés dans le passé se réinfecter avec le variant. , ce qui est bon signe.

L’apparition de cette variante anglaise, ainsi que de la variante sud-africaine, indique que désormais, comme c’est déjà le cas avec la grippe, il sera encore nécessaire de suivre l’évolution du virus, de le séquencer et d’adapter le vaccin.

Delphine Perrault

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