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Covid-19: la variante anglaise est désormais majoritaire en France

Il s’est donc répandu en temps voulu. «Nous avons dit deux mois et voilà», déclare Yazdan Yazdanpanah, spécialiste des maladies infectieuses, membre du conseil scientifique. Alors que le tout premier cas a été détecté fin décembre à Tours, la variante anglaise, plus contagieuse, représente aujourd’hui la moitié des cas de Covid en France, passant de 3% début janvier à 49,3%, selon les données de la semaine dernière .

«Il y a fort à parier que nous avons franchi ce seuil ces derniers jours, précise Pascal Crépey, épidémiologiste rennais. On peut donc dire qu’il est devenu majoritaire ». Il est même supérieur à 50% dans 33 départements, souvent très peuplés. L’Ile-de-France, le Paca et les Hauts-de-France sont parmi les régions les plus touchées. Quant au pourcentage de souches sud-africaines ou brésiliennes, ils sont de 5,6% au niveau national et de plus de 10% dans onze départements.

En conséquence, la situation sanitaire, bien que très hétérogène d’un département à l’autre, se dégrade. Après deux semaines de baisse, le nombre de contaminations a augmenté de 8%, selon Santé publique France (SPF). Et le R, qui représente le nombre moyen de personnes qu’un patient infectera, est passé à 1,04, mais il doit rester inférieur à 1 pour que l’épidémie soit sous contrôle. «Malheureusement, la probabilité que la situation s’aggrave est très élevée», déclare le professeur Yazdanpanah. Une analyse partagée par Santé publique France. «Une aggravation de l’épidémie est attendue dans les prochaines semaines», confirme l’agence.

«Sans mesures de contrôle, il y a un risque d’avoir des besoins d’hospitalisation accrus qui pourraient rapidement dépasser la capacité», explique Daniel Lévy-Bruhl, épidémiologiste au SPF. Mais on ne permettra pas à R de monter à un niveau qui menace le système de santé », prévient-il, alors que des mesures sont prévues dans vingt départements« à haut risque »la semaine prochaine et que Dunkerque et Nice sont confinés pour la première fois.

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La menace de la variante sud-africaine

Donc, le couvre-feu de 75 jours ne servira à rien? Oui, mais ces mesures sont insuffisantes face à la percée des variantes. «Sans leur propagation, ils auraient rendu possible le contrôle de l’épidémie, maintenant on sait qu’ils travaillent au moins sur des souches conventionnelles», poursuit Daniel Lévy-Bruhl. Pendant plusieurs semaines, l’équilibre, même à un niveau élevé, a été maintenu, le virus historique a progressivement diminué avec la propagation de la variante anglaise jusqu’à ce qu’il prenne le dessus aujourd’hui.

A partir de ce moment, une pluie de questions surgit. Les 33 départements dans lesquels il circule à plus de 50% risquent-ils de «contaminer» encore plus les autres? «Non», répond l’épidémiologiste Pascal Crépey. Ces régions, pour des raisons que nous ne connaissons pas, sont en avance sur l’épidémie. Il n’y a pas de risque d’effet de feu de forêt, sauf peut-être en Moselle, où la souche sud-africaine représente 40% des cas ». Cette variante sud-africaine peut-elle également se répandre largement? «On ne peut pas vraiment savoir», résume Daniel Lévy-Bruhl. Aujourd’hui la variante anglaise est majoritaire, a priori il n’y a aucune raison d’inverser la tendance mais il faut rester vigilant, on ne sait pas quelle place elle va prendre ». Le scénario serait catastrophique car les premières données montrent que la plupart des vaccins seraient moins efficaces contre la souche sud-africaine.

L’emprisonnement du week-end pourra-t-il enrayer leur propagation? Pour l’instant il n’y a pas de données sur cette mesure testée pour la première fois mais, selon l’épidémiologiste Pascal Crépey, ce n’est pas l’option qui lui semble la plus pertinente car les infections surviennent principalement pendant les périodes d’activité, sur le lieu de travail ou à l’école. et, en effet, pendant la semaine. “Mais rien ne dit que cette mesure ne provoquera pas une réaction de la population qui, face à la menace, respectera davantage les gestes de barrière”.

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Au moins, cet isolement limitera le brassage des populations. «Je pense que c’est efficace», déclare le professeur Yazdanpanah. Une question demeure et tous les spécialistes se demandent: “Cette décision suffira-t-elle?” Personne ne sait. “

Delphine Perrault

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