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Covid-19: l’ouest de la France sera-t-il épargné?

Le même indicateur, mais deux cartes avec le verso. Quand on regarde le taux d’incidence, c’est-à-dire le nombre de nouveaux cas de Covid-19 pour 100000 habitants sur une semaine, la moitié Est de la France est particulièrement touchée. Du 27 décembre au 2 janvier, les valeurs les plus élevées (supérieures à 250) sont enregistrées dans le Jura, le Doubs, les Ardennes ou encore les Alpes-Maritimes, qui font également partie des 15 départements désormais sous couvre-feu en 18 heures.

En revanche, si l’on regarde l’évolution de ce taux d’incidence d’une semaine à l’autre, les plus fortes hausses en pourcentage se situent principalement … en Occident. De la semaine du 20 au 26 décembre à celle du 27 décembre au 2 janvier, la progression dépasse les + 50% en Dordogne, Côtes-d’Armor, Deux-Sèvres, ou encore Haute-Vienne, alors qu’elle n’est “que” le 14 % dans toute la France. En Normandie, “le taux d’incidence régional est à nouveau en hausse” et dépasse désormais 100, mettre en garde Mardi, l’Agence régionale de santé (ARS).

Bien entendu, à partir de chiffres relativement faibles par rapport à l’est du pays, c’est-à-dire inférieurs à 200 voire 100, les variations sont plus évidentes. Par exemple, pour gonfler l’indicateur du jour au lendemain, il suffit d’identifier un gros cluster quelque part. Cependant, ces évolutions témoignent d’un plus grand nombre de nouveaux cas et d’une augmentation plus forte de l’incidence par rapport au niveau national, alors que l’on pourrait espérer un plateau dans le pire des cas.

«Le changement en pourcentage est intéressant à observer. Même si une telle augmentation n’est pas si révélatrice si elle se produit dans un seul département, comme en Mayenne en juillet dernier, car elle est peut-être liée à une dynamique épidémique si elle est partagée sur un territoire plus large », note l’épidémiologiste Mircea T. Sofonea , professeur-chercheur à l’Université de Montpellier.

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L’impact du temps des fêtes

Outre la possibilité de détecter soudainement de grands foyers de contamination, comment expliquer ces augmentations? Sont-ils dus notamment à davantage de tests? Non, et c’est bien le contraire, étant donné que la projection a été beaucoup plus intense du 20 au 26 décembre que du 27 décembre au 2 janvier. En d’autres termes, en cherchant moins, on a trouvé plus, ce qui n’est pas forcément rassurant.

Laurent Filleul, responsable de la santé publique pour la France en Nouvelle-Aquitaine, souligne pour sa part une “montée de la dynamique après les vacances et les vacances, ce qui incite encore plus à la vigilance puisque les hospitalisations ne diminuent pas au niveau régional”. «Nous l’avons regardé et nous nous y attendions», ajoute-t-il. Dans sa région, le taux d’incidence a augmenté de 32,3% en une semaine, passant de 70,1 à 92,8. Cependant, dans plus de cas, cela pourrait conduire à plus d’hospitalisations dans dix à quinze jours.

“Très difficile de donner une explication générale”

Ces augmentations d’incidence pourraient également s’expliquer par un refroidissement des températures depuis fin décembre, comme partout en France. Un climat froid est désormais associé par les autorités sanitaires à une circulation plus intense du virus, ce que diverses études attestent, mais qui ne parvient toujours pas à un consensus total parmi les scientifiques.

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“Il est très difficile de fournir une explication générale, d’autant plus qu’il y a aussi la possibilité de souches virales qui ne sont pas exactement les mêmes partout”, explique Rodolphe Thiebaut, professeur de santé publique à l’Université de Bordeaux (Gironde) et Directeur adjoint du centre de recherche Inserm Bordeaux en santé des populations.

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De plus, comme la façade ouest était déjà moins touchée au printemps et à l’automne dernier, le pourcentage de résidents immunisés est plus faible. L’arrivée des vaccins pourrait compenser ce retard, mais pas pour plusieurs mois. En Normandie, les injections sur des soignants âgés de 50 ans ou plus ont débuté lundi au CHU de Rouen et le signal de départ a été donné mardi ou mercredi dans les quatre autres hôpitaux pivots de la région, selon l’ARS.

«Rappelez-vous ces seuils fixés cet été! “

Etant toujours relativement épargné, “peut-être aussi que la population pense que le virus circule un peu moins et est donc moins attentive au respect des gestes de barrière, même si j’ai l’impression que tout le monde a pris conscience de la situation”, ajoute-t-il Mircea T. Sofonea.

«Je ne veux pas être l’alarmiste de service, mais c’est une réalité: l’épidémie n’explose pas, mais nous avons encore un virus en circulation. L’incidence n’a jamais chuté aux niveaux très bas que nous avions cet été», souligne Rodolphe Thiebaut: En juillet et août, ce taux était inférieur à 10 dans la plupart de ces départements.

10, c’est aussi le seuil de vigilance qui a été fixé à ce moment-là, alors que le niveau d’alerte était de 50. Cela conduit Laurent Filleul à conclure: «Souvenez-vous de ces seuils fixés dans le temps! Les taux d’incidence seraient faibles. parce qu’ils sont inférieurs à 100, mais ils sont toujours très élevés. “

Delphine Perrault

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