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Covid-19: parce que les plus riches sont parmi les plus contaminés de France

De nombreuses études ont montré que les personnes les plus pauvres sont les plus touchées par le nouveau coronavirus en termes d’emploi, d’économies ou de qualité de vie globale. Cependant, si l’impact de la pandémie n’était pas si brutal pour les plus riches, ils seraient plus affectés par la contamination. C’est ce qu’une enquête de la Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques (Drees) a appelé EpiCov* – pour l’épidémiologie et les conditions de vie.

Il s’agit de la première analyse de l’état de contamination par Covid-19 sur le territoire français, dont une partie a pour objectif «d’estimer les facteurs particulièrement liés aux conditions de vie liées à l’exposition au virus, et d’étudier les répercussions de la l’endiguement et l’épidémie sur les conditions de vie. »Pour répondre à cette question, l’Inserm, la DREES et l’Insee ont collecté des informations auprès de plus de 135 000 personnes représentatives via Internet et ont tiré au sort plus de 12 000 personnes pour en obtenir des sang des interviewés Une enquête extraordinaire pour une période extraordinaire.

Plus vous êtes riche, plus votre livre de relations sociales se développe

Parmi les différentes voies que les scientifiques étudient pour comprendre ce qui pousse une population à contracter le Covid-19 plus qu’une autre: le niveau de vie. Et la conclusion de l’enquête est implacable: les 10% de Français les plus riches sont deux fois plus susceptibles de contracter le Covid-19 que ceux appartenant à la classe moyenne, voire plus que les 10% les plus pauvres.

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La première raison est sociale, analyse Stéphane Legleye, responsable du pôle Conditions de vie des ménages à l’INSEE. «Plus on monte dans les catégories sociales, plus le livre des relations sociales se développe», explique le chercheur. Les occasions de rencontrer des gens, plus vous faites de choix, sont plus nombreuses. “

La capacité financière d’échapper aux recommandations

Une deuxième famille d’explications est matérielle: les personnes les plus riches ont pu continuer à recevoir leurs amis, voisins et familles. «Les ressources matérielles favorisent une socialité accueillante: elles peuvent être reçues à la maison, insiste Stéphane Legleye. Contourner les règles, perçues comme minimales, est plus facile, mais augmente mécaniquement le risque de contamination. “

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Autre explication matérielle de ce pourcentage plus élevé de contamination chez les plus riches: la fuite de nombreux citoyens fortunés vers leurs foyers. résidence secondaire lors de la première naissance. Pour le statisticien, ces glissements, accompagnés d’un relâchement de la vigilance «auraient pu favoriser d’éventuelles poussées infectieuses, phénomène qui n’existait pas parmi les plus modestes».

Télétravail et parentalité

Les personnes les plus riches sont souvent aussi celles qui ont pu poursuivre leur activité professionnelle grâce au télétravail, tandis que d’autres, occupant des emplois moins rémunérés, ont souffert d’un chômage partiel. Mais, sans écoles pour s’occuper des enfants de ces familles, télétravail et garde d’enfants devaient coexister. «L’intervention d’une tierce personne (grands-parents, amis, baby-sitter) peut avoir augmenté le risque de contamination», poursuit Stéphane Legleye.

Une étude à relativiser?

Si les raisons concrètes ne manquent pas pour expliquer cette contamination excessive chez les plus riches, deux biais possibles sont à noter. «D’un point de vue méthodologique, on peut considérer qu’il y a une limite à ce type d’enquêtes épidémiologiques menées sur Internet: une photographie de la situation était nécessaire, donc un temps de collecte court, mais on sait que d’une part, les plus riches ont tendance à répondre davantage aux sondages que les moins aisés, mais aussi les plus riches accordent plus d’attention à leur santé que les moins nantis. L’Insee a fait un excellent travail de pondération des résultats collectés, mais il n’est pas impossible qu’il y ait encore une explication à trouver dans ce biais. “

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* EpiCov – “4,5% de la population de France métropolitaine ont développé des anticorps contre le SRAS-CoV-2”

Delphine Perrault

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