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Covid-19: pourquoi le virus tue-t-il moins?

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Alors que le nombre de nouveaux cas est en hausse en France, le nombre de morts évolue à peine. Une situation surprenante quand début juin, le taux de mortalité dans notre pays était le deuxième plus élevé au monde. Éléments d’explication.

Dans son dernier point épidémiologique publié le 13 août, Santé publique France a dénombré 11 633 nouveaux cas de Covid-19 et «seulement» 66 décès entre le 3 et le 9 août. Sur cette courte période, le taux de mortalité des cas, ou le nombre de décès par rapport au nombre de cas diagnostiqués, est de 0,5%. Cependant, ce taux était nettement plus élevé lors de la crise du printemps.

Cette baisse notable s’explique principalement par l’évolution de la politique de test. Au plus fort de la crise, ils étaient pratiqués principalement dans les hôpitaux, sur des personnes manifestement malades. Ainsi, de mars à juin, seuls 160 000 cas avaient été confirmés par des tests. Un nombre certainement bien inférieur à la réalité qui, comparé au nombre de décès sur la même période, donne un taux de mortalité apparente peu plausible (à distinguer du taux de mortalité réel): 18,5%. Aujourd’hui, plus de 500 000 sont fabriquées chaque semaine.

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L’augmentation du nombre de tests virologiques induit nécessairement une augmentation des cas positifs. Parmi ceux-ci testés, on retrouve de nombreux jeunes. En effet, cette catégorie de personnes a tendance à se relâcher, ce qui expliquerait l’augmentation relative des cas observée récemment. Le taux d’incidence est significativement plus élevé entre 15-44 ans que dans les autres tranches d’âge: pour 100 000 Français de cette catégorie, il y a 28,9 cas positifs contre seulement 8,6 chez les 65-74 ans. .

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Il y a donc plus de patients parmi les jeunes, mais il est important de se rappeler qu’ils sont plus susceptibles de développer des formes asymptomatiques de la maladie. En fait, 51% des cas positifs seraient asymptomatiques. Par ailleurs, il est important de souligner que le nombre de cas détectés augmente plus rapidement (+ 25%) que celui des tests réalisés (+ 15%). Nous assistons donc à une accélération de l’épidémie.

Le virus est mieux combattu

Mais l’augmentation du nombre de tests, réalisés notamment chez les plus jeunes, ne suffit pas à expliquer la baisse de la mortalité. Pour Stéphane Gayet, infectiologue au CHU de Strasbourg, cette statistique «ne reflète pas l’épidémie». Surtout, l’Alsacien estime qu’aujourd’hui “on combat mieux le virus parce qu’on le connaît mieux”.

Premièrement, «le diagnostic basé sur les symptômes se fait beaucoup plus efficacement», se souvient-il. Ainsi, une fois le patient diagnostiqué, «les médecins sont mieux équipés pour le surveiller de près et détecter tout début de complications». S’il est hospitalisé, le spécialiste des maladies infectieuses pense également qu’il sera mieux traité. «En mars et avril, nous ne savions pas comment traiter les complications vasculaires induites par le virus. Aujourd’hui, nous savons que les patients doivent recevoir des anticoagulants et des antithrombotiques», explique-t-il.

La décongestion des hôpitaux a également été particulièrement bénéfique.

Une deuxième vague serait moins virulente que la première

De meilleurs soins, donc, mais aussi une prise de conscience: le confinement a rendu les gens plus prudents, en particulier les plus vulnérables. C’est ce qu’observe France Roblot, infectiologue au CHU de Poitiers, à La Croix : “Les profils à risque, c’est-à-dire les personnes âgées ou présentant des comorbidités, sont plus prudents dans leur comportement”.

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La situation actuelle n’est donc comparable à aucune autre. En raison de l’augmentation du nombre de tests, cela peut rappeler celui de l’Allemagne au début de la crise, qui a été saluée pour sa politique efficace dans ce domaine. Mais la connaissance que nous avons du virus et les leçons tirées des erreurs du passé rendent les circonstances différentes et suggèrent qu’une deuxième vague peut ne pas être aussi virulente que la première.

Cunégonde Lestrange

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