Économie

Covid: comment la France se compare aux Européens sur «à tout prix»

Publié le 6 janvier 2021 19h15Mis à jour le 6 janvier 2021 à 19h42

Comment dit-on «coûte que coûte» en anglais, allemand, espagnol ou italien? Lors de ses vœux pour le 31 décembre, Emmanuel Macron a assuré que la France est l’un des pays “Qui est intervenu le plus pour protéger et soutenir les jeunes, les travailleurs, les entrepreneurs”. Un rapport du Conseil national de la productivité publié mercredi met cette déclaration en perspective régulièrement avancés par l’équipe gouvernementale ces dernières semaines .

Si Bercy a ouvert le robinet à l’aide comme jamais auparavant, bien plus que lors de la crise financière de 2008, le “La réponse au budget de la France en 2020” c’est toujours “Dans la moyenne basse des six plus grandes économies européennes”, écrivent les économistes de cette organisation. Une pierre dans le jardin du gouvernement – qui conteste ces chiffres – à l’heure où les acteurs économiques continuent de demander de nouvelles aides pour les secteurs en difficulté.

Le Conseil national de la productivité a fait un travail minutieux pour arriver à ces conclusions, en essayant d’identifier toutes les mesures annoncées en cascade par les différents pays européens. La comparaison peut être abordée de plusieurs manières. Regardant en premier l’évolution du déficit entre 2019 et 2020 . En France, cette variation est “À une échelle sans précédent”, Plus “Moins important que celui des six autres plus grandes économies de la zone euro et surtout du Royaume-Uni si l’on utilise les prévisions de l’OCDE”.

Quantité plus modérée

Surtout, si l’on regarde attentivement les plans d’aide d’urgence et de relance annoncés, alors “La France a engagé des mesures d’un montant légèrement plus modéré, égal à 7,6% de son PIB (185 milliards d’euros)”, est écrit dans le rapport. En comparaison, l’effort espagnol est égal à 11,2% de son PIB, celui du Royaume-Uni à 9,1% et celui de l’Allemagne, bien que beaucoup moins touché par la crise économique, à 8,4%.

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Les économistes notent que la France diffère de deux manières. Premier de “Mesures d’urgence mineures”. Ce dernier, qui regroupent des mesures telles que le fonds de solidarité ou le chômage partiel, représentent 3,8% du PIB en France, contre 8% au Royaume-Uni, 5,4% en Espagne, 4,8% en Allemagne, 4,5% aux Pays-Bas et 3,8% en Italie. Autrement, le plan de relance de Paris est un peu plus élevé que celui présenté par Berlin (3,8% de son PIB contre 3,6% en Allemagne) mais avec “Une mise en œuvre a priori plus généralisée dans le temps (quatre ans contre deux seulement en Allemagne)”.

Analyse contestée

Cette analyse est contestée par Bercy. “Les chiffres changent constamment avec la situation sanitaire et cela n’a aucun sens d’arrêter les compteurs à un moment précis”, répond le ministère de l’Économie. Ce dernier a également réévalué l’effort d’aide d’urgence à 4,4% après les dernières annonces de décembre. “Nous sommes dans la moyenne des pays voisins ou dans la même situation que nous, comme le Japon”, ajoute cette source.

Cela a également été souligné par le cabinet du ministre de l’Économie, Bruno Le Maire «Il existe un énorme écart entre les annonces politiques et le montant réellement dépensé. Pour les prêts garantis, la France s’est ainsi engagée à 42% de l’enveloppe promise, contre 9% pour l’Allemagne ou 20% pour le Royaume-Uni “. EST “De toute façon, pour qui aurais-tu dépensé plus?” Nous constatons que les faillites d’entreprises ont diminué de 30% l’an dernier et que le pouvoir d’achat n’a diminué que de 0,3%. Nous avons investi l’argent dont nous avions besoin pour éviter une catastrophe économique “, répond un proche du ministre de l’Économie.

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Débat sur l’effort budgétaire

Cette remise en cause de la réalité de l’engagement budgétaire de l’exécutif devrait en tout cas alimenter le débat sur les nouvelles aides aux secteurs en difficulté demandées par les acteurs économiques. C’est particulièrement vrai pour les professionnels de l’hôtellerie et de la restauration, qui souhaiteraient pouvoir recevoir jusqu’à 3 millions d’euros par an. Il y a un mois, l’exécutif avait déjà sensiblement revu à la hausse (jusqu’à 200 mille euros par mois) le montant maximal des aides octroyées via le fonds de solidarité. «Nous avons identifié un problème pour les très grandes structures – soit environ un millier d’usines – donc ces 200 000 euros par mois ne sont pas forcément suffisants. Nous travaillons sur un nouvel appareil “, on reconnaît à Bercy.

Bruxelles autorise des aides allant jusqu’à 3 millions par an, mais uniquement lorsqu’il s’agit de couvrir une partie des coûts fixes, ce qui pour le moment n’est pas le cas du dispositif adopté en France. Bercy étudie la pièce entre autres, mais elle présente de la complexité.

Soutenir la reprise des secteurs les plus en difficulté

Le Président du Medef, Geoffroy Roux de Bézieux, également évoqué mercredi sur France Info la nécessité de fournir le plan de redressement un “Deuxième partie” destiné à accompagner la reprise des secteurs les plus en difficulté, considérant que“il n’y avait rien […] pour les hôtels, pour les événements, pour les stations de ski, pour tous ces gens qui ont vécu une année 2020 catastrophique et qui vont à nouveau vivre une 2021 catastrophique ». Dans l’esprit du président du Medef, il s’agit de préparer des mesures pour la réouverture réelle de ces secteurs, dans quelques mois.

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«Si les foires sont relancées en septembre, il faudra un coup de pouce financier d’une manière ou d’une autre. On peut également imaginer des investissements publics dans le parc de l’hôtel pour les aider », spécifique aux “Echos” Geoffroy Roux de Bézieux. Il défend également des mesures ciblées telles que les «contrôles verts».

Thierry Dufour

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