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Covid: face à l’accélération de l’épidémie, le couvre-feu sera prolongé

Publié le 21 octobre 2020 à 17h38Mis à jour le 21 octobre 2020 17 h 44

De l’épidémie virale à la rentrée scolaire, on sait que le coronavirus aime les grandes villes, leur densité de contacts, leur mix de populations, leur vie nocturne. Mais les dernières cartes d’incidence à sept jours publiées mardi soir par Santé publique France montrent une autre image de l’épidémie: elle se propage et les départements ruraux écarlates épargnés lors de la première vague.

L’aggravation de la situation sanitaire a conduit le gouvernement à présenter mercredi un projet de loi qui s’étendra jusqu’au 16 février 2021 l’extension de l’état d’urgence sanitaire . Et le Premier ministre, Jean Castex, l’annoncera ce jeudi un certain nombre de départements passeront en état d’alerteet donc sous couvre-feu pour certains d’entre eux », A indiqué le porte-parole du gouvernement, Gabriel Attal.

Même les départements ruraux

En France métropolitaine, 27 départements ont dépassé le seuil d’alerte maximal en termes d’incidence hebdomadaire (250 cas pour 100000 habitants), contre 15 la semaine dernière . A ceux qui composent l’Ile-de-France s’ajoutent 12 départements qui rayonnent autour de Lyon, 7 départements occitans, les Bouches-du-Rhône et le nord. Dans les régions concernées, le seuil d’alerte maximal en termes de taux d’emploi des unités de réanimation par les patients Covid (30%) a également été dépassé.

Dans certains départements ruraux, l’incidence est très élevée: en Loire (665 cas par semaine pour 100000 habitants), mais désormais aussi dans l’Ain (379/100 000), l’Ardèche (321/100 000), l’Ariège (293 / 100 000), en Aveyron (286/100 000), en Haute-Loire (390/100 000), en Saône-et-Loire (319/100 000) ou en Savoie (353/100 000) …

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Envahissez l’outback paisible

L’effet du couvre-feu en vigueur depuis samedi ne se voit pas encore dans les statistiques de contamination, qui s’arrêtent le jour même. Cependant, l’expansion territoriale du virus peut surprendre, pour deux raisons. Premièrement, pourquoi l’épidémie remonte-t-elle en flèche après l’accalmie de la rentrée scolaire? Alors, comment peut-il envahir l’arrière-pays pacifique?

«Nous avons connu une fin très forte de la première vague cet été, puis en septembre. Depuis octobre, avec l’arrivée du froid et le retour aux foyers, on assiste à une véritable seconde vague “, commente un médecin régulièrement consulté par les pouvoirs publics. Si cette analyse est correcte, l’utilisation du masque dans les espaces publics et les bureaux à partir de septembre aurait peut-être suffi à épuiser la première vague, mais n’a pas pu empêcher l’émergence de la seconde, dans des conditions climatiques favorables et de promiscuité.

Reste à voir comment l’épidémie se propage à Millau ou à Privas. Elle est diffusée par des ruraux qui se rendent en ville tous les jours pour travailler, mais aussi par des étudiants qui rentrent chez eux le week-end. Saint-Étienne, la ville qui détient le record d’incidence en France, est un grand pôle universitaire qui rassemble des jeunes de tout le pays. Cependant, c’est entre 20 et 29 ans que l’incidence nationale est la plus élevée (357/100 000).

Une maladie de pauvreté

À cet égard, les vacances de la Toussaint seront un test. Chaque année, 3 millions de Français voyagent à cette occasion. Ni le Conseil scientifique ni le gouvernement n’ont voulu interdire cette mobilité, même si les familles étaient appelées à porter une attention maximale lors de la réunification.

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L’épidémie se développe même lorsqu’elle trouve un terrain fertile, avec de fortes inégalités sociales. “On ne dit pas assez que c’est une maladie de la pauvreté, qui frappe le plus durement les immigrés ou les populations précaires”, souligne la même source. C’est ce que démontre une étude sérologique réalisée aux points d’intervention de Médecins sans frontières avec l’Institut Pasteur et Epicentre, fin juin-début juillet. Plus de 800 précaires de la région parisienne ont été testés. Alors que 10% des habitants d’Ile-de-France ont rencontré le virus lors de la première vague, la séroprévalence a varié de 23% à 62% dans les dix abris d’urgence visités. Deux sites de distribution alimentaire ont également été détectés, à 18% et 35% respectivement, et deux ateliers … à 82% et 94%.

L’obésité, la dégradation de la santé, la coexistence de générations sous un même toit conduisent également à une surreprésentation des plus pauvres en soins intensifs dans les hôpitaux.

Alphonse Dumont

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