Science

Des données de santé publique françaises incomplètes compliquent le suivi de l’épidémie

Combien de personnes âgées sont décédées de Covid-19 dans des maisons de retraite cet été? La question fonctionne Jean-Marie Robine, chercheur à l’Institut national d’études démographiques (INED). A plusieurs reprises, il a relevé que Santé publique France (SPF), l’institution chargée notamment de la collecte des données sanitaires françaises, avait revu à la baisse le bilan des décès dans les maisons de retraite. En question: des erreurs de saisie de données dans le fichier système de rapport de cas et les décès dans les maisons de soins d’urgence à la fin du mois de mars.

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Le 4 septembre, après plusieurs autres changements cet été, l’agence a ensuite soustrait 38 victimes du nombre total de morts sans que les données précédentes soient correctes. Quand datent ces décès, qui ont été comptés «en trop»? Santé publique France, qui se contente de publier le nombre cumulé de décès, ne l’indique pas. Par conséquent, en raison du manque de données quotidiennes fiables, “Impossible de suivre la situation dans le temps et de savoir combien de personnes sont mortes dans les maisons de retraite cet été”, se plaint Jean-Marie Robine.

Progrès depuis le début de la crise

Cette information manquante – pourtant cruciale pour éclairer les décisions publiques – fait partie d’une longue liste de données que les citoyens, les chercheurs et les journalistes demandent aux autorités sanitaires. Des progrès ont été réalisés depuis le début de la crise avec la création du tableau de bord officiel par Santé publique France, qui collecte des informations sur les hospitalisations, les décès et les tests. Mais de nombreux indicateurs ne sont pas encore disponibles faute de système d’information approprié, de ressources humaines ou encore de cadre légal pour leur diffusion.

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C’est le cas des données qui nous permettraient d’évaluer l’efficacité des suivi des contacts, un dispositif clé dans la lutte contre les épidémies qui vise à identifier et isoler le plus rapidement possible les personnes infectées. En principe, le test viral RT-PCR doit être effectué dans les 24 heures suivant l’apparition des symptômes et le résultat doit être délivré dans les 24 heures. Le monde il a essayé, en vain, de connaître ce délai, département par département, pour savoir s’il était bien respecté.

Les autorités sont encore plus dans l’ignorance, car elles n’ont aucun moyen de savoir si des cas de contact font l’objet d’une enquête.

Ces données sont enregistrées dans une base de données, appelée Sidep – pour le système d’information sur le dépistage Covid-19 – et analysées chaque semaine par Santé publique France à son point épidémiologique. 1est Octobre, cet article indiquait que le délai observé entre l’apparition des signes cliniques et la date du prélèvement était en moyenne de 3,3 jours, en plus du délai de présentation des résultats (2,7 à 5,2 jours selon les régions).

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Delphine Perrault

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