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Doit-on s’inquiéter de la variante «Henri Mondor», découverte à Créteil et placée sous surveillance?

VIRUS – Une mutation virale détectée mi-février à l’hôpital de Créteil a été retrouvée début mars dans près de 2% des cas positifs dans l’enquête flash de santé publique française. Voici ce que nous savons de cette nouvelle variante.

Parmi les nombreuses mutations du virus SRAS-CoV-2, certaines sont plus inquiétantes que d’autres. C’était à juste titre le cas de la variante d’origine britannique qui est plus contagieuse, plus susceptible de conduire à une forme sévère et qui représente désormais 76% des contaminations, selon Santé publique France (SPF). Cela pourrait également être le cas d’un variant découvert au CHU Henri Mondor de Créteil, via la plateforme de séquençage génomique gérée par Santé publique France et dont le rôle est d’identifier et de surveiller les variants du virus.

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Les variantes envoient la France dans la troisième vague

Début février, une variante jusqu’alors inconnue a ensuite été détectée chez quatre personnes de l’hôpital Albert-Chenevier, situé non loin de là et appartenant au CHU. “C’est l’apparition d’un cluster dans un hôpital proche du nôtre qui a montré que ces quatre personnes avaient été infectées par un nouveau virus”, Détails Pr Jean-Michel Pawlotsky, chef du service de virologie de l’hôpital Henri Mondor. Le virologue et son équipe relaient rapidement l’information à Santé publique France, avec qui ils travaillent pour séquencer un millier de génomes par semaine, ainsi qu’à ses collègues des quatre coins de la France. La nouvelle mutation a ensuite été retrouvée sur un patient en Dordogne, puis dans une maison de retraite médicalisée en Bretagne, à l’origine d’une source de contagion. De quoi mettre la «variante Henri Mondor» sous surveillance, même si aucune des 190 personnes infectées n’a développé une forme plus sévère que la moyenne. «C’est devenu une variante d’intérêt, avec une transmission communautaire, c’est-à-dire entre des personnes n’appartenant à aucun cluster», confirme Jean-Michel Pawlotsky.

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1,8% des cas dans la dernière enquête Flash

Dans un communiqué de presse diffusé mardi 30 mars, l’Assistance Publique-Hôpitaux de Paris fournit quelques détails sur l’évolution de cette variante, qui “circule désormais activement en France” : “Dans les quatre semaines suivant sa découverte, la nouvelle variante «Henri-Mondor» a été retrouvée chez 29 patients d’origines géographiques diverses (Île-de-France, sud-est et sud-ouest de la France). Sa fréquence de détection n’a cessé d’augmenter depuis avec l’identification des différents clusters et se retrouve de plus en plus dans les échantillons testés par la plateforme hospitalière Henri-Mondor AP-HP. ” Ainsi, selon la dernière enquête Flash du 2 mars et menée par Santé Publique France – qui séquence le prélèvement d’échantillons positifs pour Covid-19, choisis au hasard – cette mutation représentait 1,8% des souches séquencées en France alors que la variante anglaise était trouvé dans 63% des tests.

Reste à savoir ce que les prochains sondages, effectués toutes les deux semaines, donneront. Sur la base de leurs résultats, la variante sera ou non classée comme présentant un intérêt particulier. “Ce n’est pas le nombre de cas à un instant T qui compte, mais l’évolution dynamique” virus, souligne le professeur Pawlotsky, pour qui “deux points ne suffisent pas pour tracer une tendance, il en faut trois”. Selon la classification de l’Organisation mondiale de la santé, des variantes du SRAS-CoV-2 sont actuellement évaluées pour leur danger. Elles sont alors considérées comme suivies – ce sont les variantes intéressantes – ou déjà inquiétantes (voir le tableau de la santé publique en France ci-dessous). En réalité, “toutes les variantes doivent être surveillées jusqu’à leur disparition”, Jean-Michel Pawlotsky avance. “Certaines variantes disparaîtront, d’autres augmenteront en proportion. C’est comme un sondage d’opinion politique: échantillonnons et observons les évolutions.”

Autre particularité non négligeable, la “variante Henri Mondor” apporte de 17 à 18 mutations. C’est le même risque d’être résistant à un vaccin développé contre Covid-19. “Il y a un aspect qualitatif à prendre en considération: certaines mutations peuvent être plus inquiétantes que d’autres. Mais l’aspect quantitatif est aussi très important: plus un virus est porteur de mutations, plus ces mutations peuvent échapper aux anticorps neutralisants”, selon le professeur Pawlotsky. D’autant que sept à huit d’entre eux sont directement sur la protéine “Spike”, cette enveloppe qui permet au virus de pénétrer les cellules et ciblé par les anticorps. Egalement présent sur cette variante, “les mutations N501Y et L452R, déjà observées sur d’autres variants viraux, semblent améliorer l’interaction de la protéine” spike “avec son récepteur et réduire l’action des anticorps neutralisants”, indique l’AP-HP.

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Si l’hôpital Henri Mondor a déjà prévu d’observer les propriétés du virus en laboratoire pour déterminer s’il est plus contagieux que les autres, l’AP-HP prévient dans son communiqué que “Des études complémentaires seront nécessaires pour savoir si le variant ‘Henri-Mondor’ est plus, comme ou moins contagieux que les autres variants connus, s’il est également détecté par les différents tests virologiques, s’il est associé à des formes cliniques de gravité différente. et / ou si sa sensibilité à l’action des traitements antiviraux et de la protection vaccinale est compromise par la présence de ses nombreuses mutations “.

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Delphine Perrault

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