Économie

En cas de réconciliation totale, l’économie française est-elle vraiment en danger de s’effondrer?

L’inquiétude grandit. Alors qu’Emmanuel Macron devrait s’exprimer ce mercredi 28 octobre, à 20 heures, pour annoncer de nouvelles mesures destinées à stopper la vague de l’épidémie de Covid-19 en France, l’option d’un recentrage n’apparaît pas. plus tabou. Et certains mettent en garde contre ses conséquences économiques: «Si nous reconfirmons pleinement comme nous l’avons fait en mars, ce n’est pas la récession de -10% que nous risquons, c’est un effondrement de l’économie», s’est insurgé le président du Medef, Geoffroy Roux de Bézieux . Du côté de la Confédération des petites et moyennes entreprises (CPME), on parle aussi de «l’effondrement de l’économie française».

Vrai ou faux ? Deux économistes, Anne-Sophie Alsif, chef économiste au Bureau de l’information et des prévisions économiques (BIPE, cabinet de conseil), également membre du think tank BSI Economics, et Mathieu Plane de l’Observatoire français des situations économiques (OFCE), réponds-nous.

Les conséquences de l’endiguement seraient désastreuses

VRAI. «Lors de la première vague, l’enfermement a été un désastre pour l’économie, estime Matthieu Plane. Nous perdions 2 milliards d’euros par jour d’activité économique. C’est 60 milliards en un mois! Cette fois, en cas de reconfirmation totale, comme en mars, ce serait catastrophique! «Parce que les entreprises, et en particulier les très petites et moyennes entreprises, sont beaucoup plus fragiles qu’au printemps. Ils ont accumulé des pertes de 50 milliards d’euros et la plupart n’ont pas retrouvé leur niveau d’activité d’avant la crise. «Leur ratio dette / PIB est également très élevé», poursuit-il. Cela fera très mal. “Mais à partir de là pour dire que tout risque de s’effondrer …” Parler de l’effondrement de l’économie reste exagéré, tempère Anne-Sophie Alsif. Parce qu’il est très probable que les mesures de soutien de l’État, telles que le chômage partiel ou les exonérations fiscales, se poursuivent. Selon elle, une reconfirmation en novembre permettrait également de sauver – économiquement – les célébrations de fin d’année. «Rien que pour le commerce de détail, décembre représente entre 20% et 30% du chiffre d’affaires annuel», précise-t-il. S’il y a une réelle reprise de la consommation en décembre, cela en vaudra la peine. “

READ  Wall Street termine plus bas après un test Trump positif

L’emploi sera touché dans tous les secteurs

FAUX. Contrairement au premier bloc, le secteur manufacturier serait beaucoup moins touché, car les produits en provenance de Chine ne seront pas bloqués. «C’est important, car dans le secteur manufacturier, une fois les emplois supprimés, il est beaucoup plus difficile de les recréer», explique Anne-Sophie Alsif. Dans les services, comme dans le secteur de l’hôtellerie et de la restauration, l’emploi se reconstruit beaucoup plus rapidement. Cependant, la situation des TPE et des PME est critique. «Les très petites entreprises ont pu prendre de l’oxygène au printemps grâce au prêt garanti par l’État (PGE), se souvient-il. Mais ces liquidités, qu’ils n’ont souvent pas pleinement utilisées, ne suffiront pas à répondre aux besoins en cas de deuxième confinement. Si les familles ne pourront plus consommer, elles seront prises à la gorge. À son avis, cela ne fait aucun doute: une reconfiguration conduirait à la fin de l’année et au début de 2021 à des défaillances d’entreprises en cascade. Avec des milliers de nouveaux chômeurs.

L’Etat devra mettre encore plus la main sur le portefeuille

VRAI. “Bien sûr, Mathieu Plane est dissous. Aujourd’hui, pour éviter les faillites en cascade, l’Etat doit supporter les coûts fixes des entreprises trop endettées pour les payer: les loyers, le coût des machines, des équipements, des moyens de transport, etc.” les loyers, étudiés depuis plusieurs semaines à Bercy, n’ont pas encore été décidés. Pour limiter le montant de ce nouveau chèque, il existe une solution. Alors qu’une loi de finances rectificative 4 est déjà à l’ordre du jour pour compléter la dotation du fonds de solidarité, une redistribution des 100 milliards d’euros du plan de relance pourrait être envisagée. «Si le chômage partiel devait être financé de toute urgence, le gouvernement pourrait, par exemple, reporter la baisse des impôts sur la production», note Anne-Sophie Alsif.

READ  En raison d'un bug, les clients LCL ont récupéré ... deux fois

La dette publique ne sera plus soutenable

FAUX. «Les comptes sont déjà dans le rouge…, déplore Anne-Sophie Alsif. Avec une dette de 115 points de PIB, si on monte à 120 ou 130%, cela ne changera pas la donne. «Surtout si nous nous comparons à nos voisins italiens, dont la dette avoisine dangereusement 160 points de PIB. “La reprise aura lieu de toute façon en 2021 et encore plus en 2022”, espère-t-il. Attention cependant, car «l’argent magique est limité, s’inquiète Mathieu Plane. Si l’Etat supporte les pertes des entreprises, il sera éventuellement nécessaire de rembourser la dette. Et il n’y a pas de miracle: ce sera aux familles de le faire. “

Thierry Dufour

"Amoureux de la nourriture. Défenseur de l'alcool. Solutionneur de problèmes. Expert en café. Maven d'Internet pour les hipsters."

Articles similaires

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Bouton retour en haut de la page
Fermer
Fermer