Économie

Engie renonce à un méga-contrat américain, sous la pression de l’Etat et des ONG

Le groupe Engie (anciennement GDF-Suez) ne finalisera pas son contrat de 6,9 ​​milliards de dollars (5,9 milliards d’euros) d’importation de gaz naturel liquéfié (GNL) américain pour une période de vingt ans. La compagnie énergétique a confirmé un Monde, Mardi 3 novembre, fin des discussions commerciales avec le groupe NextDecade. Ce contrat était au centre d’une impasse entre Engie et le gouvernement français, pour une fois assez aligné sur les positions des associations environnementales.

Fin septembre, en pleine bataille Suez-Veolia, le conseil d’administration a dû examiner les termes de ce méga-contrat, mais l’Etat, premier actionnaire d’Engie avec 23,6% du capital, a exprimé son embarras. La fracturation hydraulique, qui extrait le gaz de schiste, est une pratique interdite en France. Les importer à grande échelle d’un groupe dans lequel l’État joue un rôle important aurait été une contradiction pour les pouvoirs publics, qui viennent de s’engager à ne plus offrir de garanties publiques de crédit à l’exportation pour les projets de gaz de schiste ou Pétrole.

Article réservé à nos membres Lire aussi Antoine Frérot, PDG de Veolia: “L’OPA sur Suez sera faite”

Le président du conseil d’administration d’Engie, Jean-Pierre Clamadieu, avait estimé en une entrevue avec Mondedébut octobre il fallait “Relativer” la portée de ce contrat. “Le conseil s’est posé une série de questions, dont celle de l’impact sur l’environnement: la réponse est complexe”, expliqua-t-il alors, assurant que “Ce n’est pas le sujet de grands débats avec l’Etat”.

“Risques de réputation”

Selon diverses sources, les représentants de l’Etat auraient menacé de voter contre le contrat s’il avait été présenté au conseil. Contacté, Bercy n’a pas répondu aux demandes de Monde. Au sein d’Engie, l’annonce de ce projet avait suscité une très forte réticence, certains y voyaient un contrat en contraste avec l’image de champion de la transition énergétique que le groupe tente de construire.

READ  Wall Street fébrile malgré les annonces de la Fed

“Chez Engie c’est une révolution, on ne prend jamais ce genre de risque à cause de la polémique sur le sujet en France”, un très haut dirigeant de l’entreprise s’est alarmé, ce qu’il a vu “Un mauvais signe”. Ce projet a alimenté les critiques de ceux qui accusent Jean-Pierre Clamadieu d’organiser un changement «gris» centré principalement sur les énergies fossiles. Une accusation fortement démentie à la tête du groupe, où il est assuré que ce contrat était déjà en négociation à l’époque de l’ancienne directrice générale Isabelle Kocher.

Vous avez 55,75% de cet article à lire. Le reste est réservé aux abonnés.

Thierry Dufour

"Amoureux de la nourriture. Défenseur de l'alcool. Solutionneur de problèmes. Expert en café. Maven d'Internet pour les hipsters."

Articles similaires

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Bouton retour en haut de la page
Fermer
Fermer