Économie

Flunch veut se séparer d’une soixantaine de restaurants

Après Courtepaille cet été, c’est à Flunch d’être secoué par la crise sanitaire. Cette chaîne de restauration «mythique», qui compte 227 établissements (dont 66 franchisés) et accueille 55 millions de clients par an (hors crise Covid-19), a demandé à être soumise à une procédure de sauvegarde au tribunal du centre commercial de Lille (Nord). Il a également annoncé un projet de «réduction de la taille du parc de la restauration» avec «la possibilité d’ouvrir un PSE (plan de protection de l’emploi), après concertation avec les représentants du personnel»: une soixantaine d’entreprises, environ 1 300 salariés concernés sont ainsi menacés.

«Cette procédure de sauvegarde va permettre la mise en place d’un plan d’urgence qui est: 1, d’accélérer la transformation de l’enseigne lancée l’an dernier (vente à emporter, kiosques thématiques, etc.) afin de mieux répondre aux attentes des consommateurs. Et 2, offrir un maximum de soixante restaurants en phase d’acquisition, en donnant la priorité aux salariés et franchisés », explique un porte-parole. L’objectif est de ne conserver que les établissements les mieux positionnés et les pertes les plus faibles pour relancer la marque de la meilleure façon possible une fois qu’elle sera à nouveau en mesure de servir ses clients: «Sachant que la difficulté est que l’on ne sait tout simplement pas quand on peut faites-le. »grogne le porte-parole de la« première chaîne française de restauration libre-service ».

Les 5000 collaborateurs du groupe sont restés dans le noir

Alors que 90% des restaurants sont situés dans des centres commerciaux, la liste des personnes à risque n’a pas encore été publiée. Ce devrait être le 2 février. Mais l’inquiétude est forte parmi les quelque 5 000 salariés «déjà gravement touchés par la fermeture de six mois», a déclaré Grégory Dubois, délégué syndical central CFDT.

READ  Mobilisation au Mont-Dore contre le consortium incluant Trafigura

Née en 1971, Flunch, qui fait partie de la constellation des marques du groupe Mulliez (Decathlon, Auchan, Boulanger, Leroy Merlin, Kiabi, etc.) a vu son chiffre d’affaires baisser de près de 212 millions d’euros (soit -57%) l’année dernière pour ses 161 restaurants en propre. “Cependant, en tant que groupe de restauration, l’entreprise n’a pas pu bénéficier du fonds de solidarité au même niveau que les indépendants”, rappelle le porte-parole lors de la réévaluation du fonds en janvier.

“Flunch échoue depuis des années”

«Cette annonce n’est qu’une demi-surprise. L’entreprise ne se portait pas déjà bien, elle a subi plusieurs PSE ces dernières années. On soupçonnait qu’avec Covid la situation empirerait, mais pas dans les proportions », déplore Grégory Dubois, qui cite également« un modèle économique perdant et un modèle vieillissant ».

«La crise s’annonce bonne», déclare Marie-Josée Bienvenu, représentante syndicale de la CGT Flunch. «Ils utilisent cette situation – certainement difficile – pour rénover le parc et résoudre des problèmes qui existent depuis longtemps. Flunch vacille depuis des années et la fréquentation diminue », souligne-t-il avant de rappeler qu’un« projet de fermeture de 13 restaurants »était déjà en chantier au début de l’année dernière avant la crise, la santé ne met pas tout en suspens.

Thierry Dufour

"Amoureux de la nourriture. Défenseur de l'alcool. Solutionneur de problèmes. Expert en café. Maven d'Internet pour les hipsters."

Articles similaires

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Bouton retour en haut de la page
Fermer
Fermer