Science

Froid ou Covid-19? Le «puzzle» pour les parents et les médecins

21:32, 12 septembre 2020

Mardi matin, le fils d’Anaïs s’est réveillé avec un nez qui coule et une fièvre de 38 ° C. Par précaution, elle préfère le garder à la maison. “On ne sait jamais, ça pourrait être Covid,” dit-il. Après sa sieste, Emile, 9 ans, «se met en forme» et n’a plus de fièvre. Sa mère a informé le directeur le lendemain matin, mais a répondu que l’école ne reprendrait pas son fils sans un certificat de non-contagion. «Je ne pensais pas que l’école me donnerait un tel protocole pour un peu de rhume», dit Anaïs.

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Cette situation est vécue par de nombreux parents depuis le début de l’année scolaire. Parce que les rhumes, les amygdalites et autres virus sont également revenus à l’école le 1er septembre. Dans le contexte de la pandémie de coronavirus, il est difficile pour les parents de distinguer un nez qui coule de Covid-19. Les écoles, pour leur part, ne préfèrent pas prendre de risques. Plus d’une trentaine d’entre eux ont déjà fermé en France, ainsi que plus de 500 cours. Si l’élève présente des “symptômes”, il ne doit pas retourner à l’école “en attendant un avis médical”, selon le protocole du ministère de la Santé. Mais la définition des «symptômes» ne semble pas claire, tant pour les parents que pour les écoles.

L’angoisse du “moindre ami”

“Les parents sont inquiets car au moindre symptôme, Covid est la première chose à laquelle ils pensent”. Bénédicte Bon Nguyen, secrétaire générale de l’Union nationale des associations de parents d’élèves autonomes (Unaape), ne compte plus les retours des parents inquiets. Ils ne savent plus quoi faire: doivent-ils s’occuper de leurs enfants pour des maux d’estomac ou un peu de fièvre?

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Des questions qui ne seraient pas posées en temps normal, car les viroses reviennent à chaque retour. Les parents ne doivent être alertés qu’en cas de “fièvre supérieure à 38 ° C sur 48 heures, fatigue intense, toux et troubles digestifs”, se souvient le président de la branche générale de la Confédération des syndicats français des médecins (CSMF), Luc Duquesnel.

Mais en fait, certaines écoles appliquent le Protocole national d’éducation sanitaire de manière beaucoup plus rigoureuse. «Le moindre bruit, le moindre nez qui coule et les écoles rejettent l’enfant quand il n’a même pas de fièvre», explique Bénédicte Bon Nguyen.

Pour les parents “c’est la course aux ateliers”

Une fois que l’enfant a abandonné l’école, un autre «casse-tête» commence pour le président de la Fédération des conseils de parents (FCPE) à Paris. Vous devez prendre rendez-vous avec votre médecin, donc si le médecin juge nécessaire le test PCR, rendez-vous dans un laboratoire d’analyses. «Les parents ne trouvent parfois pas de centres qui testent les enfants, ou ils font la queue pendant 4 heures avec eux. Et il faut attendre les résultats qui tombent 3 ou 4 jours plus tard», se plaint Ghislaine Morvan Dubois.

C’est ce qui est arrivé à Anaïs. Son médecin a ordonné à son fils de passer un test PCR sans le recevoir, “pour se protéger”, a-t-il dit. Il se rend dans un centre de dépistage gratuit “pour ne pas attendre 5 heures dans un laboratoire”. Là, on lui dit que les résultats seront disponibles dans 5 jours. «Je me retrouve isolé avec lui alors qu’il n’a que le nez qui coule, regrette la mère d’Emile. Heureusement que je peux télétravailler; mais les jours sont longs et j’ai dû lui acheter un carnet de vacances pour qu’il ne perde pas trop de rythme.

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Pour éviter ce genre de situation, Ghislaine Morvan Dubois souhaite mettre en place des projections en mairie et des files d’attente prioritaires dans les laboratoires. En d’autres termes, «un accès plus facile aux tests pour les enfants qui sont requis par l’école». «Parce que c’est la course aux ateliers, et que tous les parents ne peuvent pas s’arrêter du jour au lendemain, ni le télétravail», souligne le président du FCPE75.

Les cabinets médicaux ont pris d’assaut

Quant aux médecins généralistes, la situation n’est pas forcément plus simple: les pratiques sont simplement prises d’assaut. Dans un communiqué publié jeudi, SOS Médecins a indiqué avoir observé une “augmentation des consultations pour les enfants en âge scolaire faiblement symptomatique, à la demande des structures” depuis début septembre, et “encore plus ces derniers jours”.

Un phénomène que note le médecin généraliste Luc Duquesnel dans son cabinet, qui compte sept médecins. “Depuis lundi, c’est l’enfer. Nous avons été agressés par des appels de parents d’élèves bouleversés parce que les institutions leur demandent de reprendre leur enfant parce qu’il a le nez qui coule”, a déclaré le président du CSMF.

D’autant que certains établissements exigent des certificats de non contagion, sinon ils n’accepteront pas le retour des étudiants. Un certificat “difficile à établir sans test PCR”, selon le communiqué de SOS Médecins. Et une demande qui «ne repose sur aucune obligation législative ou réglementaire», rappelle le Conseil national des ordres médicaux, dans un communiqué publié ce vendredi sur la base du protocole sanitaire du ministère.

Manque d’instructions claires pour les professionnels

Au-delà du certificat, il est parfois difficile de faire le choix entre un virus saisonnier et Covid-19, même pour un professionnel de la santé. “Pour être sûr à 100%, nous avons besoin d’un test PCR. Sachant qu’on nous demande d’éviter les tests PCR sur les enfants de moins de six ans, car ce sont des procédures invasives”, souligne le secrétaire général de SOS Médecins, Serge Smadja . Alors que faire: commander un test PCR à chaque fois, en cas de doute?

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Selon lui, le comportement à adopter pour les professionnels de santé doit être clarifié et normalisé. “Est-ce un test PCR pour tout le monde, même les moins de six ans? Ou au cas par cas, selon les preuves cliniques? Parce que c’est flou, et tout le monde en parle. Bullet”, regrette-t-il.

Mais le secrétaire général de SOS Médecins est conscient que la première option serait problématique, compte tenu de la congestion des laboratoires d’analyses. «Si les médecins pouvaient faire des tests de lecture immédiats, ce serait une solution pour rendre le circuit plus fluide», estime-t-il. D’autant que cette situation n’est pas appelée à s’améliorer, car la grippe est imminente.

Cunégonde Lestrange

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