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grande marche de l’opposition à Minsk contre Loukachenko, qui refuse de céder

“Pars! » Effrayé par les manifestants pendant la “Marche pour la liberté”, réuni à Minsk le dimanche 16 août, cette injonction a été adressée au président biélorusse Alexandre Loukachenko. Sous la pression des rues, ce dernier, dans le même temps, a une nouvelle fois rejeté les appels à de nouvelles élections devant ses partisans, également rassemblés dans la capitale.

Marchant le long de l’avenue de l’indépendance dans le centre de la capitale biélorusse, portant des fleurs et des robes blanches, des dizaines de milliers de manifestants réclamant le départ de l’autocrate ont défilé au milieu de chants et de klaxons vers le monument érigé en mémoire des victimes de la Seconde Guerre mondiale. Alors qu’il portait le rouge et le blanc de l’opposition sur un drapeau géant à portée de main, non loin de là, M. Loukashenko, qui avait demandé à ses partisans de défendre le pays, s’est présenté par surprise.

“Si nous le faisons, nous ferons le tour”

C’est sur la Piazza Indipendenza, quelques minutes avant le début de cette marche, qu’il a parlé, devant plusieurs milliers de ses partisans: “Chers amis, je vous ai appelés ici non pas parce que vous me défendez, mais parce que, pour la première fois en un quart de siècle, vous pouvez défendre votre pays et son indépendance”, dit-il, aux ovations.

Le président Alexander Lukachenko enlève sa veste avant de s'adresser à ses partisans à Minsk le dimanche 16 août.

Le président biélorusse, 65 ans, a réagi à la volonté de l’opposition d’organiser une nouvelle élection présidentielle: “Si nous le faisons, nous tournerons et ne reviendrons jamais”, a-t-il prédit, devant ses partisans agitant le drapeau officiel rouge et vert, hérité de la période soviétique.

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S’exprimant depuis une tribune, entouré de gardes du corps, Alexandre Loukachenko a dénoncé la volonté, selon lui, de s’imposer au pays “Un gouvernement étranger”. A ses côtés se trouvait son plus jeune fils, Nikolai Lukashenko, parfois présenté comme son successeur potentiel.

Les membres de l’élite rassemblent la protestation

La victoire d’Alexandre Loukachenko à l’élection présidentielle du 9 août a été considérée comme largement truquée, car la mobilisation en faveur d’une rivale inattendue, Svetlana Tikhanovskaya, 37 ans, a enflammé la Biélorussie avant le vote. L’adversaire est maintenant en exil en Lituanie, et a annoncé la création d’un comité pour organiser le transfert des pouvoirs.

Des membres de l’élite se sont depuis ralliés à la contestation: des reporters de la télévision publique, généralement sous ordre du gouvernement, des chercheurs et des hommes d’affaires, mais aussi un ancien ministre de la Culture, Pavel Latouchko. Dans une vidéo, l’ambassadeur biélorusse en Slovaquie, Igor Lechchenia, a déclaré “Choqué par les informations faisant état de tortures et de passages à tabac”.

Répression violente

Rassemblement contre le président Alexander Lukachenko, à Minsk, le 16 août.

Après les élections du dimanche 9 août, les quatre premiers soirs de manifestations ont été réprimés par les forces anti-émeutes, tuant au moins deux personnes et en blessant des dizaines. Des hommages aux manifestants tués ont eu lieu ce week-end à Minsk et Gomel.

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Depuis jeudi, en réaction aux violences, la mobilisation s’est étendue: des chaînes humaines et des manifestations d’opposition ont surgi dans tout le pays, tandis que des ouvriers emblématiques ont lancé des actions de solidarité.

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Ces grandes manifestations se sont déroulées sans arrestations, les autorités biélorusses ont donné des signes de recul après les manifestations occidentales et ont annoncé la libération de plus de 2 000 des 6 700 personnes arrêtées.

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“L’aide complète” de Poutine

Sous pression, le président biélorusse a brandi samedi 15 août le spectre d’une intervention russe, affirmant que son homologue Vladimir Poutine l’avait assuré, lors d’un entretien téléphonique, de sa “Aide complète (…) pour assurer la sécurité de la Biélorussie “ si ce dernier était venu le lui demander. Dimanche, le Kremlin s’est déclaré prêt à fournir une assistance militaire si nécessaire en vertu du traité d’Union entre les deux pays et de l’Organisation du traité de sécurité collective (OTSC) composée de six anciennes républiques soviétiques.

Selon le président biélorusse, son pays fait face à une “Révolution des couleurs” (le nom donné par le Kremlin à plusieurs mouvements populaires, selon lui, soutenus de l’étranger qui ont conduit à des changements de pouvoir dans les pays de l’ex-URSS au cours des vingt dernières années), avec «Éléments d’interférence externe. “

L’Union européenne, pour sa part, a ordonné des sanctions contre des responsables bélarussiens liés à la fraude électorale et à la répression. “L’UE va maintenant lancer un processus de sanctions contre les responsables des violences, arrestations et fraudes liées aux élections”Cela a été annoncé vendredi par la ministre suédoise des Affaires étrangères Ann Linde après une vidéoconférence avec ses homologues.

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Le monde avec l’AFP

Thierry Dufour

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