Économie

La crise porte la dette et le déficit français à des niveaux records en 2020

, publié le vendredi 26 mars 2021 à 17h13

Sans surprise, la crise sanitaire et économique a poussé la dette de la France l’an dernier à 115,7% du PIB, alors que le déficit public s’est creusé à un niveau jamais vu depuis 1949, l’État a dépensé généreusement pour soutenir l’économie face aux restrictions sanitaires.

Résultat de la doctrine du “coûte que coûte” décidée par Emmanuel Macron il y a un an lors du premier confinement, le déficit public a ainsi atteint 9,2% du produit intérieur brut (PIB), à 211,5 milliards d’euros, a indiqué vendredi l’Insee, en une première estimation de l’impact de la crise sur les finances publiques.

C’est certes un peu moins que ce qu’attendait le gouvernement, qui tablait sur un déficit de 11,3% du PIB et une dette de l’ordre de 120%, mais ces chiffres sont “historiques”, a commenté le ministre dans un entretien. Des comptes publics Olivier Dussopt . avec l’AFP.

En 2019, avant la crise, la dette s’élevait à 97,6% du PIB et le déficit à 3,1%, selon des données révisées publiées par l’Insee.

“Les 18 points d’endettement supplémentaires en 2020 reflètent la baisse d’activité de l’économie française et l’effort important pour protéger nos salariés et nos entreprises”, a déclaré le ministre de l’Economie Bruno Le Mayor, dans un communiqué adressé à la presse.

L’économie a ainsi connu sa plus profonde récession depuis la Seconde Guerre mondiale, avec un PIB en baisse de 8,2% l’an dernier.

Entre les pertes de revenus causées par cette crise et l’augmentation des dépenses pour éviter les faillites et les suppressions d’emplois, la crise a coûté à l’État plus de 160 milliards d’euros l’an dernier, selon le gouvernement.

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Les dépenses de l’Administration Publique (Etat, Communauté et Sécurité sociale) ont ainsi bondi de 5,5% (+73,6 milliards d’euros par rapport à 2019), tirées notamment par la hausse des avantages sociaux et salariaux dans le secteur hospitalier et des aides accordées aux entreprises, détail INSEE.

Dans le même temps, la baisse d’activité a augmenté le niveau des revenus, qui recule de 5% (-63,1 milliards d’euros en un an), en raison de la baisse des revenus des impôts et charges sociales.


“La croissance des dépenses et la contraction des revenus sont plus prononcées qu’en 2009”, au moment de la crise financière, souligne l’Insee. “Les revenus avaient donc diminué de 3% et les dépenses avaient augmenté de 4,1%” pour un déficit de 7,2%, a ajouté l’Institut national de la statistique.

– 32 milliards d’aide d’urgence en 2021 –

Dans le détail, le déficit de l’Etat atteint 182 milliards d’euros, celui de la sécurité sociale 48,3 milliards d’euros, et celui des administrations locales (collectivités, opérateurs publics) s’élève à 4,2 milliards d’euros.

Les différentes administrations centrales (Odac) affichent un excédent de 23,1 milliards d’euros, dont la grande majorité est imputable à la prise en charge de la dette par l’État SNCF Réseau, précise l’Insee.

Quant aux administrations locales, le déficit s’explique entièrement par celui de différents opérateurs (Ile-de-France Mobilités, Société du Grand Paris, etc.), alors que les seules collectivités locales sont «en équilibre», remarque le ministre des Comptes publics.

Et la situation des finances publiques ne devrait s’améliorer que légèrement cette année. La persistance de l’épidémie de Covid-19 et les restrictions sanitaires obligent en fait le gouvernement à apporter une aide d’urgence.

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Ils devraient coûter “environ 32 milliards d’euros”, dont “18 milliards pour le fonds de solidarité, 11 milliards pour l’activité partielle et environ 3,5 à 4 milliards d’euros pour les exonérations de charges sociales”, selon Olivier Dussopt.

Mais pas assez à ce stade pour réviser les prévisions de dette et de déficit, a-t-il ajouté. Le gouvernement compte donc toujours sur un déficit ramené à 8,5% du PIB et sur une dette qui devrait continuer à augmenter pour dépasser 122%.

Ces prévisions, ainsi que la trajectoire des finances publiques pour les prochaines années, seront corrigées à la mi-avril lors du dévoilement du programme de stabilité de la France, un document décrivant les prévisions budgétaires nationales et envoyé annuellement à Bruxelles, a indiqué Bercy dans une note.

Pour l’instant, le gouvernement vise toujours une croissance de 6% cette année, Bruno Le Maire mise sur le “fort rebond de notre économie quand la crise sanitaire est derrière nous”. “Lorsque l’activité économique reprendra, nous devrons commencer à rembourser cette dette”, a-t-il prévenu.

Thierry Dufour

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