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La lutte de la Côte d’Ivoire contre la contrebande d’anacarde

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Dans un entrepôt de noix de cajou à Abidjan, juillet 2018.

L’arsenal juridique le plus répressif et la sensibilisation des producteurs: Côte d’Ivoire, leader mondial de la production de noix de cajou, considéré aujourd’hui “Un produit stratégique”, veut lutter sans relâche contre la contrebande de noix dans les pays voisins.

La campagne marketing 2021 pour “L’or gris”, noix de cajou ou noix de cajou, a ouvert le 5 février. Celle de 2020 s’est traduite par une augmentation de 33% de la récolte, soit plus de 840000 tonnes. Au total, 297 milliards de francs CFA (453 millions d’euros) ont été distribués aux producteurs, contre 238 milliards en 2019 (363 millions d’euros).

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Les plus “Entre 150 000 et 200 000 tonnes ont été vendues illégalement” en 2020 dans les pays voisins, notamment le Ghana et le Burkina, “Contre près de 100 000 tonnes” en 2019, selon les données officielles.

“Chaque année, la perte de production est une grande préoccupation”, Adama Coulibaly, directeur du Conseil ivoirien du coton du cajou (CCA) qui gère la filière, raconte à l’AFP: “Nous essayons de tout mettre en œuvre pour limiter le départ de nos richesses vers [pays] quartier. “

“Perdez vite”

En 2020, la Côte d’Ivoire a renforcé son arsenal juridique avec un arrêté gouvernemental abrogeant celui de 2018 réputé “Inefficace” lutter contre la contrebande qui affecte également le cacao, dont le pays est également le plus grand producteur au monde.

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«Nous avons plus de marge de manœuvre contre les méchants de l’économie. Parce que chaque kilo qui en sort est une perte pour l’économie nationale et pour l’industrie “, insiste le chef du CCA. Le délinquant risque désormais jusqu’à 10 ans de prison, une amende de 50 millions de francs CFA (76 000 euros) et la saisie de sa récolte. “Vous devez frapper fort, là où ça fait mal, sur le portefeuille” de ceux qui organisent ce trafic, dont la plupart sont installés dans les villages environnants, estime M. Coulibaly.

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Sans remettre en cause l’efficacité des nouvelles mesures, de nombreux spécialistes estiment cependant qu’un bon prix payé aux producteurs et une meilleure qualité du produit constituent le véritable défilé contre la fuite de ce produit phare de l’agriculture ivoirienne.

“C’est un réseau bien organisé”, explique sous couvert d’anonymat un planteur de Ferkéssédougou, principale région productrice d’anacarde, près de la frontière avec le Burkina Faso (nord). “Ici les prix fixés entre 400 et 500 francs CFA le kilo ne sont pas respectés, alors qu’au Burkina Faso on arrive à les vendre entre 800 et 1500 francs CFA le kilo”, il dit. Les noix de cajou sont portées par les nombreuses pistes qui traversent les frontières poreuses qui séparent la Côte d’Ivoire du Burkina.

Mise en place d’un “comité d’éveil”

“La Côte d’Ivoire paie aujourd’hui la mauvaise qualité de sa production” qui pousse “Exportateurs à offrir [aux planteurs] des prix d’achat inférieurs à ceux pratiqués par ses voisins comme le Ghana, où la qualité est meilleure “, explique Klotioloma Soro, coordinateur de l’Agence nationale d’appui au développement rural (Anader).

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Avec la répression, la sensibilisation est désormais au cœur de la politique anti-contrebande. Une campagne a été menée dans les régions du nord la semaine dernière après la décision du gouvernement “Instruire les services en charge de la protection des frontières (…) prendre toutes les mesures pour lutter contre la fuite des noix à travers les frontières terrestres “.

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UNE “Comité d’éveil” dirigée par le préfet de ces régions a été constituée, composée d’acheteurs, de policiers, de gendarmes et de militaires chargés d’appliquer ces mesures.

Outre la lutte contre la perte de sa propre production, la filière ivoirienne anacarde, qui compte 350000 producteurs, doit également relever le défi de la transformation: l’Afrique fournit environ 90% de la production mondiale d’anacarde, mais pas seulement localement 10% .

L’Amérique du Sud et surtout l’Asie transforment non seulement leur production, mais aussi celle des fruits à coque importés, qu’ils peuvent ensuite réexporter. Les noix de cajou brutes sont exportées vers l’Inde, le Vietnam et le Brésil, qui abritent des industries de transformation.

Les principaux pays consommateurs sont l’Inde, les États-Unis, l’Union européenne, la Chine, les Émirats arabes unis et l’Australie. L’amande de cajou est utilisée en cuisine et en cosmétique, tandis que la résine contenue dans sa coque convient à diverses utilisations industrielles. La coquille d’écrou brute contient donc un liquide utilisé comme fluide pour les systèmes de freinage des avions.

La pomme de cajou est utilisée pour faire du vin, de la liqueur, du sirop, de la confiture et du jus.

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Le monde avec l’AFP

Benoit Béringer

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