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Le ministre canadien des Finances démissionne au milieu des scandales et des désaccords avec Trudeau

Chef des finances depuis la première élection de Justin Trudeau en 2015, Bill Morneau a annoncé sa démission du gouvernement libéral actuel du premier ministre le lundi 17 août. Lors d’une conférence de presse en soirée à Ottawa, Bill Morneau a également annoncé qu’il démissionnerait de ses fonctions de membre du Congrès de Toronto et passerait les prochaines semaines à se préparer à se présenter au prochain secrétaire général de l’OCDE (Organisation de coopération et de développement économiques). ). Dans un communiqué, Justin Trudeau l’a assuré de son plein appui à cette candidature.

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Ces démissions viennent cependant sur fond de rumeurs de divergence entre les deux hommes sur la gestion de la crise due à Covid-19 et sur le plan de relance à définir pour sortir l’économie canadienne de la crise, mais surtout après un scandale éthique sur le relations de MM. Trudeau et Morneau et leur entourage avec un organisme de bienfaisance.

Concernant la gestion de crise, Bill Morneau aurait exprimé des doutes sur la trop grande générosité des programmes d’aide d’urgence mis en place pour les Canadiens, le gestionnaire financier qui semble être l’un des rares au gouvernement à exprimer ses craintes de par rapport à la taille des déficits attendus, 343 milliards de dollars canadiens (220 milliards d’euros) pour l’année en cours.

Avertissement personnel

Il se serait également opposé à l’idée de financer encore plus de mesures «vertes» pour assurer la reprise de l’économie. Celui qui s’est défendu lundi soir, déclarant lors de sa conférence de presse: «Je suis fier de ce que nous avons fait au cours des cinq dernières années pour avoir une économie plus progressiste et plus verte. “

La décision de Justin Trudeau de faire officiellement appel une semaine plus tôt à l’avis de l’ancien gouverneur de la Banque du Canada – et de la Banque d’Angleterre – Mark Carney pour créer le stimulus le plus approprié pour l’économie canadienne, aurait encore détérioré les relations entre les deux. Hommes. Bill Morneau aurait vu cette nomination de «conseiller spécial» comme un désaveu personnel.

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Le premier ministre canadien a rendu hommage à son ancien ministre. “Bill a travaillé sans relâche pour soutenir les Canadiens et a créé une économie qui fonctionne pour tout le monde,” Justin Trudeau a témoigné sur son compte Twitter après l’annonce de sa démission; mais Bill Morneau était aussi devenu un homme volumineux.

Empêtré dans la controverse WE Charity

Justin Trudeau est en effet mêlé depuis le début de l’été dans une affaire qui pèse sur sa popularité, le scandale NOUS Charité (UNIS en français), qui tire son nom d’une association à laquelle son administration a, sans appel d’offres, octroyé un contrat de plus de 900 millions de dollars à distribuer à de jeunes bénévoles au nom du gouvernement canadien.

Association dont sa femme, sa mère et son frère ont également reçu des paiements. Le commissaire à l’éthique a annoncé une enquête pour déterminer si Justin Trudeau a enfreint la loi sur les conflits d’intérêts. Cependant, Bill Morneau était lui-même impliqué dans les émeutes caritatives du WE lorsque, le 22 juillet, quelques heures à peine après avoir témoigné devant le Comité des finances de la Chambre des communes sur ce que l’opposition a appelé “Scandale éthique”, a signé un chèque de 41 000 dollars canadiens (plus de 25 000 euros) à cette même association, pour le remboursement de deux voyages au Kenya et en Équateur offerts à lui-même, à sa femme et à ses deux filles. Agissant à son tour en famille très proche de l’association, généreusement douée. Il fait également l’objet d’une enquête de la part du commissaire à l’éthique.

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L’opposition canadienne, en particulier les conservateurs, n’a cessé de dénoncer le manque d’éthique «récurrent» de Justin Trudeau depuis le début de l’été. Il a déjà été bloqué à deux reprises, pour avoir passé ses vacances privées sur l’île Aga Khan aux Bahamas et avoir fait pression sur son ministre de la Justice dans l’affaire SNC-Lavalin, une entreprise québécoise impliquée dans une affaire de corruption en Libye. L’opposition réclame la démission du premier ministre et de son ministre des Finances, le Bloc québécois, menaçant même de déposer une motion de censure en septembre pour renverser le gouvernement libéral minoritaire.

Constatant le départ de Bill Morneau, Justin Trudeau aurait déclenché un «fusible», espérant apaiser l’ardeur de ses adversaires. Les Québécois utilisent une expression plus colorée, ils parlent “D’un agneau sacrifié”.

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Alphonse Dumont

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