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Le “mystère abominable” de l’origine des fleurs a été révélé

Alors que les plantes à fleurs, ou angiospermes, sont aujourd’hui (et à l’époque de Charles Darwin) la famille de plantes la plus nombreuse et la plus diversifiée – et presque toutes cultivées par l’homme – elles semblent être issues d’un coup dur dans l’histoire de l’évolution.

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En fait, selon les archives fossiles, les fleurs font une apparition remarquable dans des strates stratigraphiques d’environ 100 millions d’années (+/- 20 millions). Et ils semblent apparaître “clé en main”, sans aucune trace d’ancêtres qui présentent un schéma ou une phase initiale d’évolution vers cette forme si efficace pour la reproduction.

Cependant, une équipe internationale vient de dater leur apparition réelle – l’apparition des premiers ancêtres avec les caractéristiques clés de cette grande famille végétale – à environ 200 millions d’années (+/- 50 millions).

Coïncidence des dates

Ce n’est pas une découverte de champ, c’est un gros calcul statistique. Les chercheurs ont appliqué une méthode d’analyse approfondie basée sur plus de 700 publications scientifiques antérieures qui identifient les caractéristiques de 15 000 archives fossiles de nombreuses plantes.

Comme en paléogénétique, l’analyse statistique et les modèles mathématiques utilisés en théorie évolutionniste sont très robustes et permettent d’anticiper des résultats là où il y a forcément un manque de données.

Les chercheurs ont créé une simulation basée sur leur modèle mathématique qui a déterré le fichierancêtre commun plantes à fleurs dans la période jurassique. Cette estimation coïncide cependant avec celle déjà connue des biologistes moléculaires et des généticiens, réalisée en analysant les gènes des espèces actuelles.

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Une double validation théorique qui suggère que l’absence de fossiles (découverts) des plantes à fleurs les plus anciennes était due à leur faible probabilité de fossilisation et à leur rareté – éclipsée par la dominance des fougères et des conifères.

Cela me rappelle comment les mammifères modernes ont vécu longtemps à l’ère des dinosaures, avant de devenir une composante dominante de la faune moderne.“L’auteur principal Daniele Silvestro de l’Université de Fribourg en Suisse a déclaré aux journalistes.

La théorie de l’évolution semble donc avoir abouti à son abominable mystère, bien que ce résultat ne compense pas le manque réel de fossiles anciens. Maintenant au moins on sait mieux dans quelles couches sédimentaires les chercher.

La source: La nature, Janvier 2021.

Delphine Perrault

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