Science

les 7 découvertes les plus surprenantes du radiotélescope

Après 57 ans d’exploration du ciel, le radiotélescope Arecibo n’est plus en service: il s’est effondré. Le gigantesque observatoire, emblématique de la radioastronomie, a été à l’origine de nombreuses découvertes importantes.

Le radiotélescope Arecibo ne pourra plus observer le ciel: l’observatoire s’est effondré dans la nuit du 30 novembre au 1er décembre 2020. Quelques jours plus tôt, la National Science Foundation (NSF) a annoncé que le gigantesque observatoire a été mis hors service. Les dommages à l’installation étaient trop importants pour espérer réparer et lui donner une stabilité suffisante. Après 57 ans d’exploration du ciel, la perte du radiotélescope Arecibo est une triste nouvelle pour les astronomes.

L’expéditeur de célèbre message d’Arecibo il n’est pas seulement connu pour ses apparitions dans les films. En près de 6 décennies d’activité, cet observatoire emblématique a contribué à de nombreuses découvertes scientifiques.

L’une des premières découvertes rendues possibles par les données du radiotélescope Arecibo concerne la planète Mercure. En 1965, des observations radar de l’étoile ont été faites par Arecibo. Ils sont utilisés dans une étude publié la même année, pour déterminer la période de rotation de Mercure, puis pensé en 88 jours. En fin de compte, il s’avère que 59 jours, comme confirmé une autre étude publié en 1967.

Grâce au radiotélescope, on découvre que la planète n’est pas en rotation synchrone comme nous le pensions. Si tel est le cas, cela signifierait que la période de révolution de la planète autour du Soleil serait égale à sa période de rotation sur elle-même, et donc qu’elle aurait toujours sa même face au Soleil, comme la Lune qui a toujours la même face à la Terre. La mesure de 59 jours permet de contredire cette hypothèse et de supposer qu’il s’agit plutôt d’un phénomène de résonance orbitale (avec 2 orbites pour 3 rotations).

Le PSR B1913 + 16 a été repéré en 1974 grâce aux observations du radiotélescope Arecibo. Derrière ce nom compliqué se cache le premier pulsar binaire découvert. Il s’agit, comme son nom l’indique, d’un système composé de deux éléments dont l’un est un pulsar, c’est-à-dire une étoile à neutrons à rotation très rapide (avec un champ magnétique fort).

Cette découverte a fourni un laboratoire idéal pour tester la théorie de la gravité d’Einstein (relativité générale). Découverte également autorisée les progrès de l’astrophysique, comme la mesure précise de la masse des étoiles à neutrons ou une meilleure compréhension des scénarios possibles dans l’évolution des étoiles binaires. Les scientifiques Russell A. Hulse et Joseph H. Taylor Jr. à l’origine de la découverte ont été honorés en recevant le prix Nobel de physique en 1993.

Pour la première fois, une image radar d’un astéroïde a été obtenue à l’aide du radiotélescope Arecibo. En 1989, l’observatoire permet de découvrir à quoi ressemble l’astéroïde (4769) Castalie (provisoirement désigné 1989 PB). Cet astéroïde géocroiseur en forme d’arachide est probablement composé de deux pièces reliées entre elles par gravité.

L’astéroïde photographié par le radiotélescope Arecibo. // La source: Ostro et coll. (1990, Science 248, 1523-1528)

Les images du radiotélescope Arecibo ont permis révéler la présence d’eau près des pôles de Mercure en 1992. Les scientifiques ont découvert que la glace semble persister dans les cratères ombragés, malgré des températures de surface très élevées (plus de 400 ° C).

Cette découverte a été confirmée plus tard, en 2014, par la NASA grâce à la mission MESSAGER. Des images prises par le vaisseau spatial en orbite autour de Mercure ont montré des endroits où la glace d’eau a probablement élu domicile sur Mercure.

L’observatoire a également joué un rôle important lors des premières enquêtes sur les exoplanètes. En 1992 nous l’avons découvert grâce au radiotélescope Arecibo un système planétaire autour d’un pulsar, appelé PSR 1257 + 12. Ce sont des anomalies dans le mouvement du pulsar qui suggéraient la présence probable de planètes extrasolaires, parmi les premières découvertes.

La distance des Pléiades, un amas d’étoiles visible dans la constellation du Taureau, de la Terre est un sujet de débat. En 2014, le radiotélescope Arecibo a apporté sa contribution, avec d’autres observatoires, pour obtenir de nouveaux résultats: selon les scientifiques, le cluster serait 443 années-lumière de notre part. Jusque dans les années 1990, les scientifiques ont convenu que les Pléiades étaient à 430 années-lumière. Avec le satellite Hipparcos lancé en 1989, la mesure de distance était estimée à 390 années-lumière. Les mesures ne concordaient donc pas.

Cependant, connaître cette distance avec précision est important car les Pléiades, qui sont un amas relativement proche de la Terre, peuvent aider à calibrer les mesures de distance en astronomie. La distance de l’amas a également un impact sur notre compréhension de la manière dont ces étoiles se forment et évoluent.

Les scientifiques d’aujourd’hui sont capables de détecter sursauts radio rapides qui semblent provenir de la Voie lactée. Par le passé, le radiotélescope Arecibo a contribué à une meilleure compréhension de ces phénomènes énigmatiques de sursauts radio rapides (extragalactiques) en 2016, en observant pour la première fois une rafale radio répétée rapide. Avec cette récurrence du signal, les chercheurs comprennent que sa source survit aux flashs ainsi émis. Il devient donc possible d’exclure les hypothèses sur la formation de ces explosions, en particulier celles impliquant des explosions catastrophiques.

Voir le monde deespace

Crédit photo de cela:
NAIC

Partager sur les réseaux sociaux

La suite en vidéo

READ  Covid-19: l'OMS veut lutter contre la forme longue de la maladie

Delphine Perrault

"Solutionneur de problèmes extrêmes. Chercheur avide de bacon. Écrivain maléfique. Geek du Web. Défenseur des zombies depuis toujours."

Articles similaires

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Bouton retour en haut de la page
Fermer
Fermer