Monde

les habitants de Moutier doivent choisir ce dimanche entre la région germanophone et la région francophone

Un référendum officiel avait déjà été organisé en 2017, au terme duquel il avait remporté de justesse le «oui» à la forclusion dans le canton du Jura – francophone donc -.

Ville coupée en deux, manifestations interdites … La Suisse a pris des mesures drastiques à Moutier qui, dimanche 28 mars, devra décider lors d’un référendum historique si la ville passera du canton germanophone de Berne à celui du canton francophone. parlant Jura.

Signe de tensions, la Confédération a envoyé des observateurs pour surveiller la régularité du scrutin, tandis qu’un premier vote en 2016 a été invalidé pour irrégularités. D’autres mesures exceptionnelles ont été prises par la Confédération pour ce nouveau scrutin: vérification du registre électoral, envoi du matériel de vote par l’Office fédéral de la justice et distribution du matériel de vote par les observateurs fédéraux dans les hôpitaux et les établissements médicaux. Les manifestations sont interdites et la ville d’environ 7500 habitants, placée sous étroite surveillance policière, a été divisée en deux zones ce dimanche, afin que les autonomistes et les anti-séparatistes attendent les résultats sans se croiser.

Le décompte public étant impossible en raison de l’épidémie de Covid-19, il sera diffusé en direct sur Internet, pour garantir la transparence du processus électoral.

Autant de mesures à la hauteur du défi car ce vote pourrait mettre fin à un conflit qui remonte à plusieurs décennies.

Succession de référendums

Il y a plus de 40 ans, le 24 septembre 1978, le peuple suisse votait pour la création du Jura, dernier canton de la Confédération suisse à avoir vu le jour. Certains arrondissements ont alors choisi de former le canton du Jura, tandis que d’autres ont préféré rester à proximité de Berne. A Moutier, les habitants avaient ainsi exprimé leur volonté de rester bernois, mais ensuite, paradoxalement, ils ont élu des autorités séparatistes qui n’ont cessé de vouloir divorcer de Berne.

READ  SolarWinds Hacks: les États-Unis parlent de hacks de haut niveau qui nécessitent l'aide du pays

Outre la volonté de faire partie d’un canton francophone, Moutier entend mieux se faire entendre auprès des autorités régionales, car il deviendrait l’un des principaux centres du Jura, plutôt que l’une des nombreuses petites communes bernoises.

Deux ans plus tard, la ville de Moutier a, à son tour, organisé une consultation, mais non reconnue par les autorités cantonales, pour enquêter sur sa population à ce sujet. Les habitants avaient rejeté leur attachement au Jura à une très faible majorité, faute de garanties économiques suffisantes.

Tenace, Moutier a de nouveau organisé un référendum en 2017, cette fois officiel, à l’issue duquel “Oui“L’attachement au canton du Jura vient de remporter le”ne pas«À la conservation dans le canton de Berne avec 2 067 voix contre 1930. Mais un an plus tard, le référendum a été annulé principalement en raison de la tenue accidentelle du registre électoral communal. Le groupe séparatiste du Jura Bélier a alors dénoncé une “scandaleAlors que son opposant pro-bernois Sanglier avait demandé la démission des membres de la commune de Moutier.

Moutier n’est pas un cas isolé. Non loin de là, les 72 habitants de la commune bernoise de Vellerat, également appelée “le village d’AstérixPour sa résistance aux autorités bernoises, obtenu en 1996, après des années d’âpres luttes, leur attachement au Jura, grâce à un référendum fédéral. D’autres communes, comme Belprahon et Sorvilier, ont voté leur appartenance cantonale ces dernières années. Mais le vote à Moutier doit constituer, selon les autorités fédérales, “le vote populaire final en lien avec la question jurassique“.

READ  Londres accepte de prolonger de deux mois l'application provisoire de l'accord post-Brexit

Le débat sur le conflit jurassien a été rythmé pendant plusieurs décennies d’occupations de locaux, dont les ambassades suisses à Paris et à Bruxelles, le sabotage et même la mort en 1993 d’un autonome Bélier portant une bombe.

Benoit Béringer

"Avocat général des médias sociaux. Féru de zombies. Geek de la télévision. Penseur. Entrepreneur. Accro à l'alcool."

Articles similaires

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Bouton retour en haut de la page
Fermer
Fermer