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Les jambes ouvertes, les militants berlinois répondent à la propagation de l’homme

Elena Buscaino (d) et Mina Bonakdar, deux militantes féministes écartent les jambes pour dénoncer l’attitude d’hommes écartant les jambes dans le métro de Berlin, 5 février 2021 (STEFANIE LOOS / AFP)

Dans un métro berlinois bondé, un homme s’allonge sur deux places, sans gêne. Devant lui, deux femmes écarquillent brusquement les jambes laissant apparaître une inscription indignée sur leur pantalon: “Arrêtez de vous propager!”

Militantes féministes, Elena Buscaino et Mina Bonakdar entendent sensibiliser les usagers des transports publics à la «prolifération masculine», de cette manière – pour un homme – s’asseoir et être à l’aise, sans considération pour ses voisins, souvent voisins.

Plus généralement, les performances de ces deux Berlinois, mêlant humour et provocation, interrogent les thèmes de la domination et du partage de l’espace urbain entre les sexes.

«Il est parfaitement possible de s’asseoir confortablement pendant le transport sans prendre deux sièges en écartant les jambes», explique Mina Bonakdar, 25 ans.

Avec son amie Elena, comme son étudiante en design, elle a créé le collectif «Riot Pant Project» qui transforme les pantalons d’occasion à l’appui des revendications, pour inciter les femmes et les personnes LGBTQ à se réapproprier l’espace public.

Elena Buscaino avec un pantalon
Elena Buscaino avec son “Riot Pant” assise entre deux hommes, dénonce “l’étalement masculin” dans le métro de Berlin, 5 février 2021 (STEFANIE LOOS / AFP)

Cette arme vestimentaire ne révèle que son message politique caché – “Arrêtez de lire!”, “Donnez-nous de l’espace” ou “Masculinité toxique” – imitant l’attitude de son homologue. -Vis: cuisses écartées montrant le slogan verrouillé en majuscules dans l’entrejambe.

“Ce n’est que par imitation que l’interlocuteur comprend l’effet produit par son comportement”, a déclaré Elena Buscaino.

Phénomène ancien

Cependant, la jeune femme reconnaît, “très peu de changements de posture sur place”, comme l’a relevé l’AFP lors d’une intervention dans le métro berlinois.

«Ils sont souvent surpris que les femmes puissent se tenir devant eux de cette manière», poursuit l’activiste, qui espère avant tout donner matière à réflexion.

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Pour Mina Bonakdar, le simple fait de porter ce pantalon permet aux femmes de «se sentir plus fortes et de gagner en confiance».

Si cela peut paraître anecdotique pour certains, le problème du «manspreading» existe presque depuis l’apparition des transports en commun.

Le
Le «pantalon anti-émeute» des militantes féministes Elena Buscaino et Mina Bonakdar le 5 février 2021 à Berlin (STEFANIE LOOS / AFP)

«Asseyez-vous avec les membres près du corps et ne décrivez pas un angle de 45 degrés avec les jambes, ce qui équivaudrait à occuper le siège de deux personnes», prévenait le Times de Londres en 1836 dans un article consacré à la déco dans le bus. , explique dans “Histoire de la ligne Bakerloo” Clive DW Feather, spécialiste du métro londonien.

Le terme est devenu populaire en 2013, lorsque des femmes dans le métro de New York ont ​​publié des photos de voyageurs se mettant à l’aise et de leurs voisins blottis sur les réseaux sociaux.

Selon une étude de 2016 du Hunter College de New York, 26% des hommes conduisant le métro de la ville abusent de cette pratique, contre moins de 5% des femmes.

La métropole américaine a été l’une des premières au monde à tenter de freiner ce comportement. En 2014, son directeur des transports (MTA) a collé des autocollants dans les wagons avec le message “mec, arrêtez de vous répandre”.

Afficher le domaine

Depuis, des campagnes similaires ont vu le jour en Corée du Sud, au Japon ou à Istanbul. À Madrid, depuis 2017, les usagers de bus s’exposent même à une amende s’ils sont pris en flagrant délit de «débordement masculin».

Sur Internet, le sujet est rapidement inflammable, certains hommes justifient leur posture par leur spécificité anatomique. Un argument qu’aucune étude scientifique n’a jusqu’à présent pu confirmer.

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Il s’agit plutôt “d’une question de répartition des sexes” au sein de l’entreprise, explique Bettina Hannover, psychologue et professeur à l’Université libre de Berlin à l’AFP.

“Les hommes (…) montrent leur domination en position assise, analyse-t-il. Les femmes devraient prendre moins de place et surtout se comporter décemment.”

Interrogée par l’AFP, la société berlinoise de transport BVG assure que les plaintes sont cependant trop peu nombreuses pour justifier une campagne distincte, “pour le moment”.

Benoit Béringer

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