Actualité à la Une

Les vacances peuvent-elles favoriser la propagation de l’épidémie?

Partir à risque? Les vacances scolaires commencent le vendredi 5 février pour les étudiants de la zone A (qui comprend les académies de Besançon, Bordeaux, Clermont-Ferrand, Dijon, Grenoble, Limoges, Lyon et Poitiers). Si le couvre-feu de 18h00 est toujours d’actualité et que les déplacements à l’étranger sont soumis à un motif valable, les Français seront libres de se rendre en France métropolitaine. “Nous avons choisi de ne pas limiter les déplacements entre les régions”, a annoncé Jean Castex, le jeudi 4 février.

“Une telle mesure aurait été justifiée si la circulation du virus avait été très inégale entre les régions. Ce n’est pas le cas.”, a poursuivi le Premier ministre. Le gouvernement a constaté que la présence du virus était homogène sur tout le territoire métropolitain et a considéré que pour le moment aucune restriction supplémentaire n’était nécessaire.

Sur ce point, l’observation du Premier ministre paraît tout à fait correcte: le taux d’incidence est relativement homogène. Dans la très grande majorité des départements français, on compte entre 100 et 400 cas pour 100 000 habitants. Seule la Bretagne maintient, dans deux de ses départements, un taux d’incidence inférieur à 70 cas pour 100 000 habitants.

Cependant, si l’on s’intéresse à la circulation des variantes du virus, la France est touchée de manière très disparate. Santé publique La France vient de publier le résultats préliminaires de la deuxième enquête Flash (PDF). Des échantillons provenant de différents laboratoires par région ont été analysés le 27 janvier afin de détecter la présence d’un variant. L’enquête confirme “l’hétérogénéité régionale de la diffusion de ces variants et une augmentation de leur prévalence dans toutes les régions pour lesquelles les résultats sont interprétables”. Ces analyses révèlent par exemple la présence du variant identifié en Angleterre dans environ 20% des échantillons d’Occitanie et d’Île-de-France, mais seulement dans 4,6% des échantillons normands.

READ  L'ancien agent de Messi donne sa future destination

La déclaration de Jean Castex remet en question certains épidémiologistes. Pour Catherine Hill, elle s’engage “une grave erreur”. “Là où le Premier ministre se trompe, c’est que ce n’est pas parce que le virus circule partout qu’il y a moins de risque à se déplacer”. Il insiste: «Lorsque vous vous déplacez dans un espace défini, vous rencontrez forcément moins de monde que lorsque vous vous déplacez». Logiquement, plus nous rencontrons de personnes, plus le risque de rencontrer le virus est grand. “S’ils vont d’une région à l’autre, les vacanciers s’arrêteront aux aires de repos d’autoroute, ils verront d’autres personnes, des membres de la famille ou des personnes âgées”, continue.

Son collègue Mahmoud Zureik, professeur d’épidémiologie et de santé publique à l’Université de Versailles-Saint-Quentin-en-Yvelines partage ce point de vue. “Ce n’est pas parce que le virus est déjà présent que la population doit être plus exposée”, estime-t-il à franceinfo.

Tous deux sont assez pessimistes quant à l’évolution de l’épidémie, bien que Mahmoud Zureik note un effet de “contrepoids” : “La période de vacances réduit les contacts au niveau professionnel et scolaire, mais les augmente dans un environnement familier et convivial”. Il n’est pas possible de prévoir une réduction de la circulation du virus. Dans l’absolu, les deux spécialistes recommandent de limiter voire d’interrompre le voyage. Si vous avez des zones à faible incidence, limitez l’arrivée du virus. Mais entre les régions à forte incidence et au sein de chacune de ces régions, les contacts et les déplacements devraient être réduits. “Insiste Mahmoud Zureik. «Lorsqu’il existe des variantes peu communes, comme celle de l’Afrique du Sud, les voyages doivent être limités pour arrêter leur propagation dans le pays, ils resteront confinés dans une zone connue»explique Mahmoud Zureik.

READ  à quoi s'attendre en Alsace?

Malgré les précautions que peuvent prendre les familles, comme lors des fêtes de fin d’année, l’épidémiologiste Catherine Hill reste dubitative. “Nous ne pouvons pas nier qu’il y aura un mélange de populations, elle avance. Les hospitalisations et les décès continuent d’augmenter. Il est évident qu’avec cette possibilité de déplacement les variantes circuleront également davantage ».

L’épidémiologiste émet également des réserves sur la fiabilité des études sur la présence de variants. “Les études menées par Santé publique France sont menées dans des laboratoires spécifiques. Il ne s’agit pas d’un échantillon représentatif de la population. Il est possible que dans d’autres laboratoires, nous trouvions des chiffres plus élevés. On ne peut pas vraiment déduire la circulation des variants actuellement à partir de cette étude. . “

“La variante anglaise prendra le relais, les mesures que nous avons prises aujourd’hui ne suffiront pas”, a également prévenu mardi le professeur Rémi Salomon, président de la commission de l’institution médicale des hôpitaux publics de soins de Paris (AP-HP), dans un entretien avec. Le médecin fait campagne pour un recentrage et une prolongation des vacances scolaires pendant “trois semaines ou un mois”, pour favoriser un recul de l’épidémie.

Alphonse Dumont

"Ninja de bière certifié. Aficionado maléfique de la culture pop. Evangéliste de la télévision."

Articles similaires

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Bouton retour en haut de la page
Fermer
Fermer