Monde

L’Europe demande de maintenir des restrictions “fermes” sur les variantes

Lors d’un sommet virtuel le 25 février 2021, le président du Conseil européen Charles Michel (en haut à gauche) a exhorté les dirigeants à ne pas assouplir les restrictions contre le coronavirus. – Olivier Hoslet / AP / SIPA

Il est trop tôt pour baisser la garde. Les dirigeants européens lors du sommet ont appelé jeudi à “maintenir des restrictions strictes” en accélérant les campagnes vaccination pour endiguer variantes de coronavirus, mais ils n’ont pas résolu leurs différends sur le futur “passeport vaccinal”.

«La situation épidémiologique reste grave et les nouvelles variantes posent de nouveaux défis. Nous devons donc maintenir des restrictions fermes alors que nous intensifions nos efforts “pour accélérer la vaccination, ont déclaré les Vingt-Sept dans leurs conclusions à l’issue d’un sommet par vidéoconférence.

La vaccination est toujours au ralenti

Alors que la montée en puissance des variantes britannique et sud-africaine plane sur le spectre de nouvelles flambées de contamination à travers le continent, les campagnes de vaccination restent lentes, toujours pénalisées par d’importants retards de livraison.

“Les prochaines semaines resteront difficiles dans le domaine de la vaccination”, a reconnu le président du Conseil européen Charles Michel lors d’une conférence de presse. “Mais je voudrais montrer un message d’optimisme (…) Nous avons les moyens de faire en sorte que l’UE joue un rôle clé (…) pour sortir de cette crise dans les mois à venir”, a-t-il ajouté.

La Commission européenne a promis une forte augmentation des doses disponibles au deuxième trimestre – avec des livraisons de Pfizer / BioNTech et Moderna considérablement augmentées, l’approbation des vaccins par Johnson & Johnson et une surveillance étroite pour remédier aux défaillances des chaînes de production.

Charles Michel a également appelé à “l’amélioration des capacités de séquençage” du virus pour identifier rapidement ses mutations – une procédure complexe menée de manière inégale dans l’Union mais pour laquelle Bruxelles a débloqué des fonds. Préoccupés par la poussée des variantes, une dizaine d’États de l’UE ont limité le franchissement de leurs frontières. La Commission en a convoqué six, dont la Belgique et l’Allemagne, pour expliquer les restrictions qu’elle juge disproportionnées, craignant une perturbation des chaînes de production.

“Passeport vert”

La France, pour sa part, a annoncé jeudi qu’elle exigerait des tests PCR récents pour les déplacements non professionnels des frontaliers de l’Allemagne vers la Moselle. Les 27 avaient initialement promis de ne prendre que des mesures “proportionnées” et “non discriminatoires”. Mais les variantes ont changé la donne, poussant certains gouvernements à fermer leurs frontières.

S’agissant de la question d’un certificat de vaccination européen pour faciliter les déplacements, les dirigeants se sont contentés dans leurs conclusions «d’appeler à une approche commune».

“Il reste des questions scientifiques: il n’est pas encore certain que nous arrêterons de transmettre le virus après avoir été vaccinés”, a déclaré la présidente de la Commission, Ursula von der Leyen. La question des droits attachés à ce «passeport» a été jugée «conflictuelle» et «non pertinente» par certains États membres, à une époque où seuls 4,2% des Européens avaient reçu au moins une dose du vaccin.

Paris et Berlin jugent la question prématurée, rejetant toute inégalité de traitement entre une minorité privilégiée et les autres. Mais d’autres États – en particulier ceux qui dépendent le plus du tourisme – veulent une adoption accélérée pour sauver leur saison estivale, comme la Grèce qui, comme Chypre, a déjà conclu un accord touristique avec Israël.

Soutenu par la Bulgarie, le chancelier autrichien Sebastian Kurz lui a conseillé «un passeport vert» qui permet aux gens de voyager ou d’accéder aux restaurants, aux personnes vaccinées mais aussi à celles jugées «immunisées» après avoir contracté le virus.

Enfin, les 27 ont confié à la Commission la tâche d’élaborer les conditions techniques d’un certificat de vaccination (élément à prendre en considération, support informatique, interopérabilité, etc.). L’exécutif européen “aura besoin de trois mois pour atteindre cet objectif” La chancelière allemande Angela Merkel a souligné à la presse, tout en assurant qu’après sa mise en œuvre, “cela ne signifie pas que seuls les détenteurs d’un passeport de vaccination pourront voyager”.

READ  L'oasis de Figuig porte le poids des tensions entre le Maroc et l'Algérie

Benoit Béringer

"Avocat général des médias sociaux. Féru de zombies. Geek de la télévision. Penseur. Entrepreneur. Accro à l'alcool."

Articles similaires

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Bouton retour en haut de la page
Fermer
Fermer