Économie

l’exécutif cherche le point d’équilibre

La gestion de crise nécessite un arbitrage permanent entre des objectifs inconciliables, au point de donner l’impression d’une opposition entre Olivier Véran et Bruno Le Maire.

Le ministre de l'Economie, Bruno Le Maire, et le ministre de la Santé, Olivier Véran, en discussion à l'issue du Conseil des ministres du 4 novembre à l'Elysée.
Le ministre de l’Economie, Bruno Le Maire, et le ministre de la Santé, Olivier Véran, en discussion à l’issue du Conseil des ministres du 4 novembre à l’Elysée. LUDOVIC MARIN / AFP

Comment lutter contre l’épidémie sans effondrer l’économie? Comment préserver l’activité sans accentuer la circulation du virus? L’exécutif doit jongler avec ces objectifs concurrents. Au point de donner l’impression d’un affrontement entre deux lignes au sommet de l’Etat: celle du ministère de la Santé contre celle du ministère de l’Économie et des Finances, l’une qui prime sur l’autre. Et vice versa. En séance à huis clos du Conseil de défense, Olivier Véran et Bruno Le Maire sont régulièrement en désaccord.

Lundi, Bruno Le Maire a invité Olivier Véran à assister à une réunion avec les syndicats. Ces deux faces de la crise n’ont pas la même culture – Véran vient de la gauche, Le maire de la droite – mais chacun joue son propre rôle. “Nous ne nous sommes jamais opposés, jure Olivier Véran. Bruno Le Maire a toujours été pleinement conscient de ce qu’était le virus. Il a toujours été dans la compréhension, dans la nécessité de ne pas laisser l’épidémie s’échapper. La santé et l’économie sont les deux faces d’une même médaille ».« Il est normal que le ministre de la Santé, qui passe son temps dans les hôpitaux, soit le porte-parole de tout ce personnel qui voit un afflux toujours croissant de personnes, reconnaît Bruno Le Maire. Il est normal que le ministre de l’Économie, qui est en contact régulier avec des commerçants parfois désespérés, s’exprime sur ce désespoir et leur besoin de soutien. Au final, il n’y a qu’une seule ligne: celle du président de la République ».

Castex est sur une ligne très dure. Et plus il y a de risque de mort, plus il y a de risque criminel. Il n’est pas ici pour passer son procès

Un consultant

Emmanuel Macron décidera ce jeudi au Conseil de défense si le confinement “adapté” il suffit d’arrêter l’épidémie. Dans cette négociation permanente, Olivier Véran semble avoir trouvé un allié puissant: Jean Castex. “Le Premier ministre est sur la même ligne que son ministre de la Santé, déchiffrer un ami proche du chef de l’Etat. Son trophisme sanitaire est clair, il est sincère avec lui et ça vient de là (Jean Castex est l’ancien chef de cabinet de Xavier Bertrand au ministère de la Santé, ndlr).“” Castex est sur une ligne très dure, un conseiller abonde. Et plus il y a de risque de mort, plus il y a de risque criminel. Il n’est pas ici pour être jugé. “

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Thierry Dufour

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