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“Nous sommes en danger” face à l’augmentation des variantes, prévient le directeur de l’ARS

Benoit Elleboode, directeur général d’ARS Nouvelle-Aquitaine – Mickaël Bosredon / 20 minutes

  • «Nous sommes à 38% des variantes dans la Région, contre 48% au niveau national, mais en une semaine nous avons pratiquement doublé», prévient le directeur de l’ARS.
  • «Il est urgent de déployer encore plus d’efforts que d’habitude, en particulier sur les mesures de barrière et les tests. “
  • «Si rien ne change, exactement ce que nous voyons dans les départements les plus touchés de France se produira. “

Après deux semaines de déclin continu, le situation épidémiologique a recommencé à monter
Nouvelle Aquitaine dès le début de la semaine. 20 minutes rencontré Benoit Elleboode, PDG de
ARS (Agence Régionale de la Santé), pour faire le point de la situation. Entrevue.

La circulation du virus en Nouvelle-Aquitaine est-elle à nouveau en hausse?

En Nouvelle-Aquitaine, nous avons toujours suivi tardivement la tendance nationale et depuis quelques jours nous augmentons, tant en termes de taux d’incidence que de nombre de patients. Surtout en Gironde. Le taux d’incidence le plus élevé se trouve à Vienne, le plus bas en Charente-Maritime. Il existe encore quelques départements en déclin, les Landes, les Pyrénées-Atlantiques, la Charente-Maritime, mais qui vont bientôt augmenter du fait de la diffusion des variantes. C’est la dynamique qu’il faut regarder.

Quelles sont les variantes qui vous inquiètent le plus aujourd’hui?

Oui, nous avons 38% de variations dans la région, contre 48% au niveau national, mais en une semaine, nous avons pratiquement doublé. Si nous continuons ainsi, dans une semaine ou deux, nous aurons plus de 60% de variantes, ce qui provoquerait une véritable explosion des taux d’incidence. C’est pourquoi je dis que nous sommes en danger en Nouvelle-Aquitaine et qu’il est urgent de faire encore plus d’efforts que d’habitude, notamment sur les mesures de barrière et les tests. Il faut se remettre en question et s’isoler, car c’est la seule chose qui permet vraiment de se protéger de ces variations.

De quel genre de variante parle-t-on?

Nous sommes une variante à 38% anglaise, puis une variante à 5-6% sud-africaine et brésilienne. Mais nous les voyons tous comme une seule entité, des variantes hyper-contaminantes.

On avait parlé d’une source en Dordogne, que dire?

Dans la variante, il y a des familles. Il peut y avoir des mutations dans le virus qui ne changent pas ses caractéristiques, et on a pu voir en Dordogne des mutations qui signifiaient que le virus n’était pas tout à fait identique à celui du virus dit brésilien ou sud-africain, mais avait les mêmes caractéristiques , et reste classée dans la même famille.

Doit-on donc réagir immédiatement pour éviter de tomber dans des situations que l’on connaît dans d’autres régions?

C’est tout. Si rien ne change, c’est exactement ce que l’on voit dans les départements les plus touchés en France, il faut donc réagir.

Où en sommes-nous avec la vaccination dans la région?

Nous sommes un point au-dessus des autres régions, cela fonctionne bien dans la limite des vaccins disponibles. Notre défi en Nouvelle-Aquitaine est de pouvoir aller vacciner les personnes qui ne peuvent pas se rendre dans les centres de vaccination, non seulement parce qu’il est difficile de prendre rendez-vous, mais aussi parce que les gens ne peuvent pas se rencontrer. Il faut donc travailler avec les médecins traitants pour organiser les choses et avoir une égalité vaccinale pour tous.

Nous avons entendu dire que certaines mesures (couvre-feu, masque, etc.) à l’extérieur, et en particulier dans nos régions côtières, n’ont pas d’effet réel. Que pensez-vous ?

Il vaut mieux être dans un endroit ventilé que confiné, c’est sûr. La ventilation de la pièce est essentielle et par beau temps, il est plus facile de ventiler. Maintenant, devons-nous relâcher les gestes de barrière? Mon mot d’ordre est de dire que pour se protéger, il vaut mieux en avoir trop que pas assez. Alors pourrions-nous enlever le masque quand nous sommes face à la mer et qu’il y a un peu de vent? Mais en ville sur une petite rue faut-il le remettre en place? Veillez à ne pas délivrer de messages incohérents. Face à une épidémie qui revient avec force, des mesures de protection sont indispensables, et il vaut mieux garder le masque.

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Delphine Perrault

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