La technologie

Nvidia, destiné à devenir le grand rival d’Intel

Publié le 13 septembre 2020 à 15h35Mis à jour le 13 septembre 2020 15h46

Même dans le secteur des micropuces, habitué à de gigantesques fusions, ce serait un choc. Selon le “Wall Street Journal”, la Californienne Nvidia s’apprête à faire un chèque de plus de 40 milliards de dollars au conglomérat japonais SoftBank pour mettre la main sur ARM.

Cette société britannique, que SoftBank avait rachetée en 2016 pour un montant déjà pharaonique de 32 milliards de dollars, est un maillon essentiel de l’électronique mondiale : conçoit et licencie l’architecture de puces qui équipe presque tous les smartphones dans le monde, mais aussi de plus en plus de serveurs informatiques et de PC.

Selon le journal américain, les négociations exclusives sont déjà en cours depuis plusieurs semaines entre les deux parties et pourraient être conclues dans les prochains jours. Encaisser un chèque de dix zéro permettrait à SoftBank de dépasser largement les engagements de vente d’actifs que son patron Masayoshi Son a dû prendre pour compenser le prix du groupe, pénalisé par les déboires de son Vision Fund.

Rendre Nvidia indispensable

Ce serait également un tournant majeur pour Nvidia. Le groupe est connu pour ses processeurs graphiques, largement utilisés par l’industrie du jeu vidéo, mais également très adaptés aux algorithmes d’apprentissage automatique. Ces puces ont permis à Nvidia pour trouver une place dans les data centers, qu’ils sont devenus leader du marché du groupe et flambée sur le marché boursier. Après avoir vu son prix presque tripler en un an, la firme de Santa Clara vaut désormais 300 milliards de dollars sur le Nasdaq. C’est la moitié de la taille d’Intel, l’ancien maître incontesté des puces serveurs et PC, de plus en plus poussé par ce jeune concurrent qui sourit à tout.

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Mettre la main sur ARM ferait de Nvidia un incontournable dans toute l’industrie des semi-conducteurs. Tous les fabricants de smartphones en particulier, de Samsung à Apple, utilisent les conceptions de la société de Cambridge pour concevoir et fabriquer leurs processeurs. Et de plus en plus de serveurs et d’ordinateurs sont équipés de puces ARM, qui consomment moins d’énergie que celles basées sur l’architecture concurrente d’Intel, x86. Apple, par exemple, a annoncé que sa gamme de Mac serait prochainement équipée des mêmes puces internes que ses iPhones, les puces ARM. Et bientôt Nvidia?

Agitation politique

Cette perspective ne manquera pas d’être vivement critiquée. Tant que ARM était indépendant, les Britanniques pouvaient approvisionner la quasi-totalité du secteur. Même sous le contrôle de SoftBank, qui n’est pas un acteur du semi-conducteur, ses nombreux clients, de Qualcomm à Apple, étaient convaincus de sa neutralité. Ils ne seront pas contents de le voir passer sous le contrôle d’un concurrent.

Les troubles politiques sont susceptibles d’ajouter à ces craintes. Les autorités britanniques, déjà inquiètes lors de l’acquisition par SoftBank de l’impact sur l’emploi et la compétitivité au Royaume-Uni, il sera à nouveau en alerte. Sans parler de la Chine, engagée dans un choc technologique avec Washington, qui ne se réjouira pas du passage d’un acteur aussi stratégique que ARM sous le drapeau américain.

Benoit Béringer

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