Économie

Parce que les Français vont de moins en moins dans les hypermarchés

Autrefois format de magasin préféré des Français, l’hypermarché est soumis à la concurrence d’autres «circuits» comme le e-commerce, les magasins spécialisés et les drive-in.

L’hypermarché est-il condamné? Alors qu’Auchan vient d’annoncer un deuxième plan de suppression d’emplois en 2020, la question se pose à nouveau et avec encore plus d’acuité.

Auchan est en effet le groupe de distribution qui exerce l’essentiel de son activité dans des commerces de plus de 2 500 m², une zone à partir de laquelle un supermarché devient un hyper. Cependant, au premier semestre, la marque nordique a vu ses ventes baisser de 7% en France, passant de 8,6 à 8 milliards d’euros. Bien entendu, Auchan a significativement réduit le nombre de magasins en 2019 et, à périmètre constant, les ventes ont légèrement augmenté de 0,8%.

Mais cela reste une mauvaise performance qui explose dans un secteur – la grande distribution – favorisé pendant cette période de crise sanitaire. Selon Nielsen, les ventes en magasin ont augmenté de 4,3% dans les épiceries depuis le début de l’année et de 42% sur le web (drive et livraison).

Mais si dans la période les Français consommaient beaucoup et fournissaient beaucoup, ils avaient tendance à privilégier d’autres types de magasins. En particulier pendant l’emprisonnement où ventes dans les supermarchés (plus de 7 500 m²) ont reculé de 24% en moyenne en France. Situés principalement à la périphérie des villes, les hypermarchés ont fait face à l’arbitrage des Français en faveur des commerces de coin de rue pour éviter les contacts (seuls 6% des Français vivent à moins de cinq minutes d’un hypermarché).

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Effondrements non alimentaires

Des habitudes qui n’ont pas duré dans les mêmes proportions avec la baisse. Les ventes des hypermarchés ont augmenté de 2,4% depuis mai, mais cette croissance reste inférieure à celle observée dans les autres circuits. Par exemple, les ventes ont augmenté de 4,7% dans les supermarchés et de 4,8% dans les épiceries.

Et si 2020 a été particulièrement difficile pour ce format de magasin, cela n’a fait qu’accentuer une tendance fondamentale. Les hypermarchés perdent du terrain année après année. Selon l’étude annuelle de la Fédération du commerce et de la distribution (FCD), la rentabilité des hypermarchés continue de baisser.

«Le chiffre d’affaires au m² des hypermarchés est en baisse depuis 2015, note FCD. Le chiffre d’affaires a de nouveau reculé de 2,4% en 2018. Les nouveaux mètres carrés créés par les marques sont de moins en moins rentables. Entre 2015 et 2018, l’espace les ventes au détail des hypermarchés ont augmenté de 6,3% tandis que le rendement au m² a diminué de 5,5% sur la même période. “

Pour compenser, les magasins ont tendance à s’agrandir. En 2015, la taille moyenne des hypermarchés créés en France était de 4 150 m². En 2018, il est passé à 5250 mètres carrés. Une croissance qui peut paraître paradoxale car ce sont les plus grands magasins qui sont de plus en plus évités par les consommateurs. La présence des «petits» hypermarchés (moins de 5 000 m²) est stable (+ 0,3%) tandis que la baisse la plus marquée concerne les très grands de plus de 11 000 m² (-2,4%).

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Et si l’hypermarché reste selon l’Insee le principal lieu d’achat des consommateurs (part de marché de 16,8% en 2018), leurs parts de marché diminuent d’année en année.

Ceci est principalement dû à la concurrence qui a considérablement augmenté. Surtout dans “non alimentaire”. Dans le passé, l’hypermarché était le meilleur endroit pour acheter un réfrigérateur, une télévision, des vêtements d’extérieur ou des ustensiles de cuisine. C’est désormais depuis Darty, Boulanger, Decathlon sur Internet avec Amazon ou encore dans de nouvelles marques à prix réduit comme Action que les consommateurs font ce genre d’achats. En conséquence, entre 2010 et 2018, le chiffre d’affaires des rayons non alimentaires a diminué de 30% dans les hypermarchés français. Cette partie du magasin, généralement située après l’entrée, ne génère que 20% des ventes contre 28% il y a dix ans.

Auchan approuve le déclin de l’hyper

Mais, jusqu’à présent, les départements de l’alimentation ont en quelque sorte compensé cette baisse. C’est de moins en moins le cas. Et la concurrence ne vient pas de l’extérieur mais de l’intérieur avec la poussée. Ce circuit gagne du terrain chaque année: 5% en 2017, 5,3% en 2018, 5,7% en 2017, les commandes en ligne ont fait un bond spectaculaire en 2020. Le coup de pouce représente 7,4% des achats alimentaires (culminant à 9,5% lors de l’accouchement) selon Nielsen.

Cependant, ce nouveau mode de consommation s’attaque directement à la cible principale de l’hypermarché: le consommateur qui vit en banlieue et qui préfère la voiture lors de ses déplacements.

Cependant, les bannières des hypermarchés ne sont pas en reste. Ils se multiplient nouveaux concepts, ils souhaitent transformer les hypermarchés en lieux de vie avec restaurants, sushis, livraison de repas ou se transformer en fournisseur unitaire ou plateforme de livraison à domicile comme les grands magasins Auchan d’Englos. Des innovations qui limiteront probablement un peu la rupture. Mais la reconquête est impossible. De plus, même les groupes de distribution ne se font aucune illusion. Si les hypermarchés représentent désormais 75% des ventes d’Auchan, la marque estime qu’ils n’en représenteront que 50% en 2025. L’hypermarché ne mourra probablement pas.

Juliette Deforest

"Évangéliste de télévision. Communicateur sans excuse. Fanatique de bacon primé. Accro de la nourriture en général."

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