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Pourquoi y a-t-il de plus en plus de variations?

La variante britannique est la plus médiatisée, mais ce n’est pas la seule variante du coronavirus à avoir été découverte ces dernières semaines – Dinendra Haria / LNP / Shutterstock / SIPA

  • Une nouvelle variante du coronavirus vient d’être découverte en Bavière ces derniers jours.
  • Alors que l’épidémie a déjà tué plus de deux millions de personnes dans le monde, le nombre de variantes a augmenté ces dernières semaines: britannique, sud-africaine, brésilienne …
  • Pourquoi une telle explosion de ces variantes et faut-il s’inquiéter?

Après Variantes britanniquesUne nouvelle souche sud-africaine ou amazonienne de SRAS-CoV-2 a été isolée en Allemagne et préoccupe sérieusement les autorités. Cette nouvelle mutation de
coronavirus infecté au moins 35 personnes sur 73 nouveaux cas enregistrés dans un hôpital de Garmisch-Partenkirchen, en Bavière.

Ces dernières semaines, les découvertes de nouvelles variantes se sont multipliées, source d’inquiétude pour les populations et les autorités sanitaires. Au Royaume-Uni, la variante britannique a repris la souche d’origine et est censée être beaucoup plus transmissible et avoir conduit à un recentrage anglais. En France, les DOM ont pris des mesures sanitaires très strictes pour éviter que des variantes, déjà présentes en métropole, ne pénètrent sur leur territoire. Pourquoi y a-t-il de plus en plus de formes de variantes? 20 minutes essayez de voir plus clairement.

Est-il normal que le virus s’éteigne?

Oui, d’autant plus que le coronavirus est un virus à ARN, une famille de virus beaucoup plus sujette aux mutations que le virus à ADN, “protégé par des doubles hélices, contrairement à l’ARN qui n’est que sur un seul brin”, explique l’épidémiologiste Antoine Flahault, réanimant les souvenirs de la vie et la terre.

Et encore une fois, Covid-19 est un virus enfin un mutant assez petit, comparé aux autres, en particulier l’influence “normale”, beaucoup plus sujette aux variantes. Le chercheur en épidémiologie Michaël Rochoy explique: «Dès le début, et c’était l’une des rares bonnes nouvelles, on a constaté que ce virus avait relativement peu changé. Le nombre toujours croissant de variants est également dû au fait que ce virus est séquencé au maximum et que l’on teste massivement », et non à partir d’un virus particulièrement mutagène.

Pourquoi tant de variantes?

Le virus est susceptible de muter à chaque fois qu’il est transmis. En fait, plus on avance dans le temps, plus le virus se transmet, plus il y a de chances d’avoir des mutations. “En fait, le virus a muté des milliers de fois depuis Wuhan”, explique Antoine Flahault. Simplement, seuls les variants sont conservés, c’est-à-dire un virus avec une vingtaine de mutations par rapport à la souche «originale» et qui est largement répandu.

Pourquoi certaines variantes se propagent-elles plus que d’autres?

Théorie simple de l’évolution: les individus ayant un avantage évolutif se reproduisent plus et prennent de force plus de place que les autres dans la population, au point de les remplacer. Dans le cas des virus, il en va de même. Les virus avec un avantage évolutif s’établiront progressivement courbes épidémiques.

Cependant, pour l’instant, le principal avantage du coronavirus est une meilleure transmission. Si la variante britannique a maintenant remplacé la souche d’origine au Royaume-Uni, c’est qu’en se propageant plus rapidement, il a infecté plus de personnes, ce qui à son tour a contaminé davantage, ce qui signifie de moins en moins de cibles pour la souche d’origine. Ainsi, alors que la variante britannique contamine de plus en plus, la souche d’origine se propage de moins en moins, au point d’être presque remplacée.

Au contraire, il doit y avoir eu de nombreuses mutations du coronavirus qui ne sont pas très favorables à sa transmission, par exemple un coronavirus moins contagieux, mais qui de fait ne se sont pas imposées dans l’épidémie.

Une variante est-elle nécessairement une mauvaise chose?

Pas nécessairement. Toujours dans le cadre de cette stratégie évolutive, qui consiste simplement à maximiser ses reproductions, un autre grand avantage pour un virus serait de ne pas être détectable, c’est-à-dire de ne pas montrer le moindre symptôme. Par conséquent, le patient, ignorant qu’il est infecté, n’irait pas en isolement et serait plus susceptible de transmettre le virus aux cas de contact, ce qui lui conférerait un plus grand pouvoir reproducteur.

Malheureusement, ce n’est pas le cas de la variante britannique, qui est plus émettrice mais non moins dangereuse (même pas cela dit). Mais à partir de ce postulat, Michaël Rochoy imagine le coronavirus définitif, qui serait en fait très pratique pour nous: «Ce serait presque inoffensif, ce ne serait qu’asymptomatique et ce serait super transmetteur. Par conséquent, il se propagerait extrêmement rapidement, au point que toute la population serait touchée, ce qui immuniserait tout le monde contre d’autres variantes de coronavirus en donnant des formes sévères. “

Cette même approche évolutive permet de réduire les risques d’une variante extrêmement mortelle: en tuant des patients trop rapidement, elle diminuerait ses chances de transmission et aurait donc peu de chances de s’affirmer dans la population face au coronavirus de base qui en fait de nombreux émetteurs asymptomatiques malgré eux. .

Une variante pourrait-elle rendre les vaccins inefficaces?

C’est en fait le risque, surtout une fois que la population est majoritairement vaccinée, «où le fait de contourner le vaccin sera un réel avantage évolutif, qui pourrait donc donner une variante à diffusion massive», observe Antoine Flahault. C’est déjà le cas avec la grippe, mais d’une part le virus grippal est, comme nous l’avons déjà dit, plus mutagène, d’autre part, «cette approche plus évolutive ne se produirait pas avant plusieurs années», observe l’épidémiologiste ». tandis que le virus s’adapte à la vaccination. “

Cependant, d’ici quelques années, avec une population majoritairement mondiale vacciné, “Le virus circulera beaucoup moins”, souligne Michaël Rochoy, et encore une fois, plus la circulation du virus est faible, plus le risque de mutations et donc de variants est faible. Raison de plus pour se faire vacciner le plus rapidement possible, afin de retirer le tapis de sous le virus. Une course contre la montre, encore et encore.

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Delphine Perrault

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