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PSA: l’usine de Rennes est de nouveau pleinement opérationnelle

«Le moral est élevé. C’est un plaisir de retrouver tout le monde “, déclare Laurent Valy, secrétaire CFDT de l’usine PSA de Rennes-La Janais (Ille-et-Vilaine). Après plusieurs mois de ralentissement de la production dû au coronavirus, le recrutement de 500 intérimaires d’ici la fin du mois apparaît un signe très positif. “C’est aussi une bonne nouvelle pour le pool d’emplois et les sous-traitants”, a déclaré Nadine Cormier, secrétaire de Force ouvrière (FO).

Avant la crise sanitaire du Covid-19, l’usine bretonne, inaugurée par le général de Gaulle en 1961, fonctionnait à pleine capacité, jour et nuit, pour la production de SUV Peugeot 5008 et de SUV C5 Aicross. Pendant l’emprisonnement, le constructeur avait donné à ses employés un emploi à temps partiel et suspendu les contrats à durée déterminée. Les travaux ont repris le 18 mai, mais avec une équipe. Lorsque les clients sont revenus chez les concessionnaires et que les ventes de véhicules ont repris, il a fallu répondre rapidement à la demande et créer une deuxième équipe plutôt nouvelle.

Renforcement des travailleurs de Poissy et Saragosse

«Pendant six semaines, employés, managers et ingénieurs ont accepté de se rendre sur les chaînes de montage pour donner un coup de pouce. Je ne l’ai jamais revu en 30 ans de carrière », salue Nadine Cormier. «Quinze employés espagnols de l’usine de Saragosse et 200 de Poissy (NDLR: dans les Yvelines) ils sont également venus en renfort », ajoute Nathalie Bertran, responsable de la communication. Mais aucun de Pologne, un moyen d’éviter la polémique déclenchée à la mi-juin par l’annonce du transfert de plusieurs centaines de salariés détachés du site de Gliwice vers le site de Hordain ( Nord), dans les Hauts-de-France …

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Un premier lot de 230 intérimaires arrivera le lundi 17 août, suivi de 250 autres une semaine plus tard. De quoi créer une troisième équipe. «Nous devrons les réformer, en particulier les mesures sanitaires contre Covid-19. Ils sont assez restrictifs, mais le résultat est là, car nous n’avons pas de cas », assure Laurent Valy. Si la bonne santé de l’usine bretonne dans ces circonstances exceptionnelles fait sourire les syndicats, c’est aussi parce que la situation n’a pas toujours été aussi idéale.

Le site a vraiment parcouru un long chemin. Il y a quatre ans, son avenir était clairement menacé avec une production chutant à 60 000 voitures par an contre 154 000 en 2019. Il a failli connaître le même sort qu’Aulnay en Seine-Saint-Denis, qui a fermé ses portes en 2013. un accord de compétitivité a été négocié, ce qui a entraîné un gel des salaires de trois ans. La région avait dépensé 13 millions d’euros pour acheter 52 hectares de terrain appartenant à PSA contre l’engagement du groupe de confier à l’usine un véhicule neuf. Le constructeur avait donc investi 100 millions d’euros pour refaire complètement la chaîne de montage.

«De fortes commandes» pour l’hybride C5 Aircross

Environ 500 véhicules quittent l’usine chaque jour. «Nous allons entrer en production fortement sur l’hybride C5 Aircross, car les commandes sont très importantes», explique Nadine Cormier. «L’horaire de travail est assez chargé pour les deux prochaines années. L’usine remplit largement ses engagements en termes de volume et de qualité », assure Nathalie Bertran.

La relance de la production est en effet liée au succès commercial du SUV C5 Aircross produit à Rennes. Introduit en 2017 en Chine puis en Europe fin 2018, il a dépassé les 100000 ventes en un an. Dans cette catégorie de véhicules, le SUV C5 Aicross figure parmi les 6 best-sellers les plus vendus en France en juillet. Elle défend ainsi les positions de la marque sur les poutres dans un segment dominé par la Peugeot 2008, le Renault Captur et le Dacia Duster. Présentée par le constructeur comme «le premier maillon» de sa stratégie d’électrification, la version hybride du C5 Aircross est disponible à la commande à partir de 39 950 €. Le constructeur ambitionne d’avoir une gamme 100% électrifiée d’ici 2025.

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VIDÉO. Covid-19: comment l’usine PSA de Rennes a préparé le retour des salariés

Pourtant, les syndicats réfléchissent déjà à l’avenir et la CFDT s’inquiète du fait que Rennes ne se voit pas assigner de nouveau véhicule: “L’annonce devrait vraiment tomber cette année”. Laurent Valy s’interroge également sur les conséquences de la fusion annoncée entre PSA et FCA (Fiat Chrysler Automobile), sous le nom de Stellantis. «Fiat a des usines dans le nord de l’Italie et en Europe de l’Est qui n’ont pas beaucoup de volumes. La production ne doit pas être délocalisée sur ces sites et nous ne devons pas être les dindes de la farce. “

Juliette Deforest

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