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Public cible, fiabilité, mode d’emploi … Ce que nous savons des autotests

Illustration d’un test de diagnostic d’antigène. G. Durand / 20 minutes

  • Après la PCR et les tests antigéniques, les autotests viennent d’être autorisés par la Haute Autorité de Santé.
  • Après cet avis positif, il appartient au législateur de préciser de nombreux détails, notamment les marques commercialisées, le prix, le remboursement, le support nécessaire.
  • Comment effectuer un auto-test avec soin? Qui peut l’acheter? 20 minutes fait le point sur ce que l’on sait (pour le moment).

Un café, un croissant et une boule de coton dans le nez? Des auto-tests ont été autorisés en France mardi depuis Haute Autorité de Santé. Ces tests d’antigène, qui peuvent être effectués par vous-même et à domicile, vous indiqueront dans les 15 minutes si vous êtes infecté et contagieux par
COVID-19[feminine. Un outil complémentaire aux tests PCR qui pourrait
améliorer le dépistage quand le
Le premier ministre parle de «troisième vague». 20 minutes fait le point sur ce que nous savons de ces autotests.

Qui peut l’utiliser?

Selon l’avis émis par la Haute Autorité de Santé (HAS), les autotests sur écouvillon nasal, destinés à détecter une infection à Covid-19, peuvent être utilisés par tous les Français de plus de 15 ans, qu’ils soient symptomatiques ou asymptomatiques. Pourquoi cette limite d’âge? «Il n’y a pas de données d’efficacité chez les enfants de moins de 15 ans», souligne Mathieu Carbonneil de la HAS.

Comme pour les tests d’antigène en pharmacie, s’il est positif, un test RT-PCR doit être effectué pour confirmer le résultat.

Comment l’obtenir?

Jérôme Salomon a annoncé le week-end dernier que ces auto-tests sera disponible cette semaine. Mais après le feu vert de la HAS, le gouvernement n’a pas encore ratifié cette décision. Et préciser un certain nombre d’informations par décret: les marques sur l’étiquette, le prix, le remboursement, les lieux de distribution… La Direction Générale de la Santé (DGS) devrait fournir des précisions dans les prochains jours.

«Nous sommes prêts, assure Xavier Guérin, président deGroupe médical Innova pour l’Europe, l’un des groupes sur la ligne de départ pour commercialiser ces autotests. La HAS a donné un avis, le règlement doit donc le mettre en musique. Jérôme Salomon avait annoncé que ces tests automatisés seraient vendus en pharmacie, mais aussi en grande surface. Carrefour dit avoir commandé un million et Système U a également manifesté son intérêt. En Allemagne, les supermarchés se sont fait voler dès le premier week-end d’autorisation … Quant au prix, on sait que nos voisins allemands vendent ces autotests aux alentours de 5 euros.
(24,99 euros pour cinq tests chez Aldi et 21,99 euros chez Lidl).

Comment effectuer un auto-test?

L’écouvillon nasal est moins profond (3-4 cm) et moins inesthétique que l’écouvillon nasopharyngé pour les tests RT-PCR classiques. La HAS recommande d’effectuer 5 rotations avec la boule de coton avant de la retirer, sans plus de détails. De son côté, Xavier Guérin explique qu’il faut “tourner dix fois l’écouvillon dans une narine, puis dans l’autre”.

Deuxième étape: six gouttes de réactif sont versées dans un tube flexible, dans lequel l’écouvillon est glissé. Ensuite, deux petites gouttes du mélange sont placées dans le “puits” – le petit trou – de la bandelette réactive. Il suffit d’attendre entre 15 et 30 minutes pour interpréter le résultat. Tout comme un test de grossesse, si vous avez un trait, vous êtes négatif; si deux bandelettes de test apparaissent, vous avez un coronavirus. Et si aucune ligne colorée n’est visible, l’autotest fait défaut, vous devrez donc en refaire un.

Dans quelle mesure sont-ils fiables?

Les autotests sont déjà disponibles en Allemagne, comme mentionné, mais aussi en Autriche, aux Pays-Bas et pendant quelques jours en Angleterre. “Ils présentent plusieurs avantages, mais leur mise en œuvre n’est pertinente que s’ils répondent aux exigences minimales, afin de ne pas rassurer à tort les personnes porteuses du virus”, prévient la HAS dans un communiqué. Un point déjà soulevé pour les tests antigéniques en pharmacie, moins fiables mais plus rapides que la PCR. «Ne soyez pas confus: c’est un test de dépistage, pas médical, insiste Xavier Guérin, d’Innova Medical Group. Il indique si vous êtes contagieux, lorsqu’un test PCR indique si vous êtes infecté. »Informations utiles avant d’aller chez des parents à risque ou au restaurant (si un jour un semblant de vie normale revient).

“L’efficacité peut descendre jusqu’à 50%, mais monter jusqu’à 90% si elle est bien faite”, assure Xavier Guérin. La vraie question sera de «soutenir» les patients ». Surtout pour le suivi. «Aujourd’hui, la réglementation exige que le les résultats des tests retournent à la base de données SIDEP produire des statistiques nationales, qui sont importantes pour le suivi de l’épidémie. Mais les Français vont-ils transmettre ces informations et comment?

Certains laboratoires proposent une application pour expliquer comment réaliser pas à pas l’autotest et comment réagir s’il est positif. Prudente, la HAS a souligné que «le suivi de la réalisation de ces tests dans des conditions réelles d’utilisation est indispensable. La HAS pourra mettre à jour ces critères suite à une analyse exhaustive des données de la littérature actuelle. “

À quoi serviront-ils?

Rapides et faciles, ces autotests viendront compléter l’offre de dépistage. Ils pourraient donc être idéaux pour une utilisation répétée avant de se rendre au bureau, au cinéma ou à une réunion de famille. «C’est une solution qui apporte un énorme avantage, mais qui ne résoudra pas tout, reconnaît Xavier Guérin. Toutes les études montrent que la vitesse du test est plus importante que sa sensibilité. Si vous êtes en phase de transmission, il est important de le savoir immédiatement, sinon vous infecterez d’autres personnes. Le problème avec Covid-19 est qu’il y a entre 20 et 60% de personnes asymptomatiques. Ils doivent tous être testés. “

Mais ils peuvent être d’une utilité limitée dans la nouvelle épidémie que nous traversons. Connaître la variante d’un test positif est en effet aujourd’hui indispensable. Cependant, ces autotests n’entrent pas dans ce détail et doivent donc nécessairement être confirmés par PCR.

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Delphine Perrault

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