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Que devriez-vous manger pour limiter votre risque de cancer? Réponses des scientifiques – Soirée Ouest France

Thé vert, soja, antioxydants, jeûne … De nombreux aliments, substances ou pratiques diététiques auxquels sont attribuées des vertus anti-tumorales. Si certaines de ces affirmations ne sont pas fondées, d’autres sont étayées par les résultats de nombreuses études et validées par une expertise collective nationale et internationale. Malheureusement, distinguer le vrai du faux n’est pas toujours facile.

Depuis deux décennies, le réseau national de recherche sur le cancer alimentaire (NACRe) fait progresser les connaissances sur les liens entre la nutrition et le cancer. Il met également à la disposition du public les derniers résultats de recherche dans ce domaine.

Fruits et légumes, fibres alimentaires, produits laitiers: à l’occasion de son vingtième anniversaire, voici une présentation de principaux facteurs nutritionnels reconnus comme réduisant le risque de cancer.

Fruits et légumes

Consommation de fruits et légumes il est associé à une réduction du risque de cancers aérodigestifs (cancers de la bouche, du pharynx, du larynx, du nasopharynx, de l’œsophage, du poumon, de l’estomac et colorectal), avec un niveau de preuve jugé probable.

N’oubliez pas qu’il existe trois niveaux de preuve (par ordre décroissant): convaincant, probable, suggéré / limité. Ils dépendent du nombre, de la qualité et de la cohérence des études disponibles, ainsi que de l’existence de mécanismes sous-jacents permettant d’expliquer les effets observés.

Il vaut mieux privilégier les fruits entiers plutôt que les jus de fruits, trop sucrés et moins riches en fibres. (Photo d’illustration: Jo Sonn / Unsplash)

Pauvres en calories, les fruits et légumes contiennent notamment des fibres et des micronutriments (vitamines, minéraux) ainsi que de nombreux micro-constituants (polyphénols, caroténoïdes, molécules de soufre, etc.). Ces derniers peuvent influencer la carcinogenèse par de nombreux mécanismes biologiques, tels que des activités antioxydantes ou antiprolifératives ou des modulations du métabolisme de molécules étrangères à l’organisme.

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Nous vous recommandons de consommer au moins cinq portions de 80 à 100 g par jour de fruits et légumes, sous toutes les formes possibles: frais, surgelés, en conserve, crus ou cuits. En revanche, il vaut mieux limiter au maximum la consommation de jus de fruits à un verre par jour. Ils contiennent de grandes quantités de sucre et moins de fibres que les fruits.

Notez également que les féculents tels que les pommes de terre sont exclus de cette catégorie “fruits et légumes” …

Fibres alimentaires

La consommation de fibres alimentaires est associée à un risque réduit de cancer colorectal, avec un niveau de preuve considéré comme probable.

Cet effet protecteur s’explique par divers effets biologiques: réduction des taux d’insuline sanguine, résistance à l’insuline, concentrations d’hormones stéroïdes circulantes, temps de transit intestinal et exposition cellulaire. colon aux substances cancérigènes présentes dans la lumière du gros intestin (l’espace interne de l’organe, circonscrit par ses parois).

Les lentilles et les légumineuses sont également des sources de fibres alimentaires. (Photo d’illustration: Betty Subrizi / Unsplash)

Il est recommandé de manger des aliments riches en fibres tels que les légumineuses comme les lentilles ou les haricots au moins deux fois par semaine. Nous recommandons également la consommation quotidienne d’un produit complet tel que le pain complet.

Les cinq portions quotidiennes de fruits et légumes mentionnées ci-dessus apportent également leur part de fibres alimentaires.

Produit laitier

La consommation de produits laitiers est associée à un risque réduit de cancer colorectal (niveau de preuve considéré comme probable).

Leur effet protecteur provient du calcium qu’ils contiennent, ainsi que des bactéries lactiques qu’ils apportent. Il est donc actuellement recommandé de consommer deux produits laitiers par jour comme du lait, du yaourt non sucré ou du fromage.

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Notez qu’une consommation élevée de produits laitiers est associée à un risque accru de cancer de la prostate, mais le niveau de preuve est limité.

En plus de ces facteurs alimentaires, la recherche a également montré que même une activité physique modérée peut également limiter le risque de cancer.

L’activité physique, un facteur de protection important

Exercice il est associé à un risque réduit de cancer du côlon (niveau de preuve convaincant), ainsi qu’à un risque réduit de cancer du sein et de l’endomètre postménopausique (niveau de preuve probable).

Ces résultats sont valables pour tous les types d’activité physique et tous les niveaux d’intensité. En revanche, la réduction du risque de cancer du sein avant la ménopause n’est établie que pour une activité physique de forte intensité.

Plusieurs mécanismes peuvent expliquer l’importance de l’activité physique dans la lutte contre le cancer. L’exercice réduit les taux sanguins d’hormones et de facteurs de croissance et affecte la résistance à l’insuline et l’inflammation. Il stimule également l’immunité et accélère le transit intestinal, limitant ainsi l’exposition de l’intestin aux substances cancérigènes éliminées des selles.

Il est conseillé de pratiquer au moins l’équivalent de 30 minutes par jour d’activité physique dynamique, c’est-à-dire d’une intensité au moins équivalente à celle d’une marche rapide. Il est également conseillé de réduire votre vie sédentaire: ne restez pas assis trop longtemps et prenez le temps de marcher un peu toutes les deux heures.

Les fruits et légumes et l’activité physique contribuent également à réduire le risque de surpoids et d’obésité, facteur impliqué dans le développement de plusieurs cancers.

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Évitez les facteurs de risque

Les conclusions des rapports collectifs sont claires: agir efficacement en matière de prévention du cancer, c’est avant tout éviter l’exposition aux facteurs de risque. Ceux-ci sont désormais bien connus: il s’agit principalement du tabac, de l’alcool, d’une alimentation déséquilibrée et du surpoids.

Seconde Centre international de recherche sur le cancer, 346 000 nouveaux cas de cancer ont été diagnostiqués en 2015 en France chez des adultes de 30 ans et plus. Parmi ceux-ci, 142 000 cas sont attribuables au mode de vie et à l’environnement, soit 41% de tous les nouveaux cas de cancer.

On pense qu’en France, 16% des nouveaux cancers chez l’homme et 20% chez la femme sont imputables à des facteurs nutritionnels. En fait, alors que le tabac est les quatre principales causes évitables de cancer (20% des cancers attribuables), les trois autres concernent l’alimentation. Il s’agit de l’alcool (8%), d’une alimentation déséquilibrée (5,4%) et enfin du surpoids et de l’obésité (5,4%).

Nutrition et cancer: facteurs de risque et de protection. (Illustration: Inrae / DR)

Une activité physique insuffisante est responsable de 0,9% des nouveaux cas de cancer. Enfin, une durée d’allaitement insuffisante serait impliquée dans 0,5% des nouveaux cas de cancer du sein.

Pour limiter le risque de cancer, les premières priorités sont donc de réduire la consommation de boissons alcoolisées, de s’assurer d’avoir une alimentation équilibrée et diversifiée, ainsi que de maintenir un poids santé et de pratiquer une activité physique régulière.

À propos des auteurs. Paule Latino-Martel est directeur de recherche, coordinateur du National Food Cancer Research Network (réseau NACRe) de janvier 2000 à septembre 2020 (Inrae). Bernard Srour il est coordinateur du réseau NACRe et scientifique de la division d’épidémiologie du cancer du centre allemand de recherche sur le cancer DKFZ à Heidelberg (Inserm).

Pour de plus amples :

> Le compte Twitter et le chaîne Youtube du réseau NACRe.

> Le site Web du réseau NACRe, où de nombreuses informations sont disponibles sous forme de flyers et de vidéos:

– la collection «Manger, boire, bouger… Comment réduire le risque de cancer? “

– la collection “Déchiffrer et comprendre”

– la collection “Jeûne et cancer”

La version originale de cet article a été publiée dans La conversation.

La conversation

Delphine Perrault

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